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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 9 · Application directe du cours

Changer ou avoir une histoire

L'humanité a-t-elle une histoire ? Progrès, perfectibilité, fin de l'histoire · niveau 1 (application)

Énoncé

Rousseau écrit qu'« un animal est, au bout de quelques mois, ce qu'il sera toute sa vie, et son espèce, au bout de mille ans, ce qu'elle était la première année de ces mille ans » (Discours sur l'origine de l'inégalité, 1755). Pascal, vers 1651, observe que « les ruches des abeilles étaient aussi bien mesurées il y a mille ans qu'aujourd'hui ». Dégager le critère qui, selon eux, sépare l'espèce qui a une histoire de celle qui n'en a pas, puis dire si ce critère suffit à faire de l'histoire humaine un progrès.

Corrigé

Le critère. Ce n'est pas le changement : une abeille naît, croît, meurt. C'est la transmission de l'acquis. L'instinct de l'abeille est donné chaque fois tout entier et ne s'accroît pas ; l'homme, dit Pascal, garde ce qu'il a appris et reçoit ce que ses prédécesseurs ont laissé dans les livres. La perfectibilité de Rousseau réside « tant dans l'espèce que dans l'individu » : elle est cumulable.

Suffit-il à faire un progrès ? Non. Le critère rend le progrès possible, il ne le rend pas nécessaire. Rousseau le dit lui-même : la perfectibilité fait éclore « ses lumières et ses erreurs, ses vices et ses vertus », et elle est peut-être « la source de tous les malheurs de l'homme ». Pascal, de son côté, ne parle que des sciences. Ce qu'il faut en tirer : avoir une histoire, c'est pouvoir progresser et pouvoir se perdre ; l'animal, lui, ne peut ni l'un ni l'autre.

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