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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 9 · Exercice de TD

L'ange de l'histoire

L'humanité a-t-elle une histoire ? Progrès, perfectibilité, fin de l'histoire · niveau 2

Énoncé

Dans la neuvième de ses thèses Sur le concept d'histoire (1940), Walter Benjamin décrit l'Angelus Novus de Paul Klee comme l'ange de l'histoire : tourné vers le passé, il voit une seule catastrophe qui accumule les ruines ; il voudrait réveiller les morts, mais une tempête venue du paradis le pousse à reculons vers l'avenir, et cette tempête est ce que nous appelons le progrès. Expliquer l'image en ses éléments, puis montrer ce qu'elle oppose aux philosophies de l'histoire.

Corrigé

Les éléments. (1) L'ange regarde le passé, non l'avenir : il est l'historien, ou la mémoire. (2) Là où « nous » voyons une chaîne d'événements, qui se suivent et s'expliquent, il voit une seule catastrophe : le récit continu masque l'accumulation des ruines. (3) Il voudrait s'arrêter et réparer : c'est le désir de rendre justice aux morts. (4) Il ne le peut pas : le progrès est une force qui empêche de s'attarder sur ce qu'il détruit.

Ce qu'elle oppose aux philosophies de l'histoire. Chez Condorcet ou Hegel, le passé est justifié par ce qu'il prépare : les ruines sont le prix d'un résultat. Benjamin refuse cette comptabilité. Il ne nie pas le mouvement de l'histoire, il nie qu'il soit un sens qui rachète les victimes. Ce qu'on en tire : le sujet de l'histoire n'est plus l'humanité qui avance, mais l'humanité qui se souvient ; l'humanité-vertu (la fidélité aux vaincus) entre en conflit avec l'humanité-espèce prise comme sujet d'un progrès.

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