management et sciences de gestion (ECT, 1re et 2e années) · Chapitre 1 · Exercice de TD
Un projet d'extension et ses parties prenantes
Le cadre stratégique de l'entreprise · niveau 3 (difficile)
Énoncé
La SA fictive Alba, fabricant d'emballages, veut doubler la surface de son usine située en bordure d'une zone humide. Le projet créerait 60 emplois. La commune y est favorable ; une association de protection de la nature et des riverains s'y opposent et menacent de saisir le tribunal administratif ; le principal client d'Alba, un grand groupe agroalimentaire, exige de ses fournisseurs une réduction de leur empreinte environnementale ; la banque conditionne le prêt à l'obtention de toutes les autorisations.
- Positionner chaque partie prenante selon les attributs de Mitchell, Agle et Wood (pouvoir, légitimité, urgence).
- Placer ces parties prenantes dans une matrice pouvoir-intérêt et en déduire la conduite à tenir à l'égard de chacune.
- Proposer un compromis et montrer qu'il peut servir la stratégie d'Alba.
Corrigé
1.
- Commune : pouvoir (permis, zonage), légitimité (intérêt général, emploi) ; urgence modérée.
- Association et riverains : légitimité (protection de l'environnement, cadre de vie), urgence (le projet est imminent), et un pouvoir qui grandit avec la menace de recours juridictionnel. Ils deviennent saillants.
- Client agroalimentaire : pouvoir très fort (poids dans le chiffre d'affaires), légitimité (exigences contractuelles), urgence moyenne.
- Banque : pouvoir (financement), légitimité (garantie de remboursement) ; elle relaie indirectement le risque juridique.
- Salariés et demandeurs d'emploi locaux : intérêt fort, pouvoir faible.
2. Pouvoir et intérêt forts : client, banque, commune, et désormais l'association (à associer étroitement, dialogue structuré). Intérêt fort et pouvoir faible : riverains non organisés, salariés (à informer régulièrement). Pouvoir fort et intérêt faible : administration de contrôle (à satisfaire par un dossier irréprochable).
3. Compromis : réduire l'emprise du projet sur la zone humide (extension en hauteur ou sur une autre parcelle), financer une compensation écologique, associer l'association à un comité de suivi, publier des indicateurs environnementaux. Ce compromis sécurise les autorisations (donc le prêt), réduit le risque contentieux, et répond aux exigences du principal client : la prise en compte des parties prenantes devient un argument commercial et une condition de financement. On retrouve la thèse de Freeman : servir durablement l'entreprise suppose de gérer l'ensemble des parties prenantes, pas seulement les actionnaires.