Le graphe aléatoire
Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques (PCSI), chapitre 15 — Probabilités sur un univers fini · C. Lois, couples, indépendance
Énoncé
Soit . Sur l'ensemble de sommets , chacune des arêtes possibles est présente avec probabilité , indépendamment des autres : on dispose de variables aléatoires () indépendantes, de loi de Bernoulli , valant si l'arête est présente. On note le degré du sommet , c'est-à-dire le nombre d'arêtes présentes qui le contiennent, et le nombre total d'arêtes présentes.
a) Donner les lois de et de .
b) Calculer . Les variables et sont-elles indépendantes ?
c) Montrer que et sont indépendantes. Quel résultat du cours utilise-t-on ?
d) Soit le nombre de triangles du graphe, c'est-à-dire de parties à trois sommets deux à deux reliés. Calculer , puis sa limite quand , avec fixé.
Corrigé
La stratégie. Deux outils voisins qu'il faut distinguer : pour une loi, on reconnaît une somme de variables de Bernoulli indépendantes ; pour une espérance, une somme d'indicatrices suffit, sans aucune indépendance. Entre les deux, le lemme des coalitions dit quelles fonctions de ces variables restent indépendantes : celles qui portent sur des paquets disjoints.
a) Les lois. Écrivons aussi . Le degré du sommet est , somme de variables de Bernoulli de paramètre , extraites d'une famille indépendante, donc indépendantes. Par le théorème sur les sommes de variables de Bernoulli indépendantes, . De même, est la somme des variables de la famille : , d'espérance . Un sommet n'est pas relié à lui-même : son degré compte arêtes possibles, pas .
b) Une arête commune suffit à lier. L'événement signifie que toutes les arêtes issues de et toutes celles issues de sont absentes : cela fait arêtes distinctes, l'arête appartenant aux deux listes. Par indépendance, Or , de produit . Comme , ces nombres diffèrent : et ne sont pas indépendantes. Le sens de la dépendance : , qui dépasse — savoir le sommet isolé apprend que l'arête est absente, ce qui rend l'isolement du sommet plus probable.
c) Les coalitions. On a et . La première est une fonction des seules variables , la seconde des seules ; ces deux paquets sont disjoints — une arête avec ne contient pas le sommet — et extraits de la famille indépendante des . Le lemme des coalitions, dont la démonstration est hors programme, affirme que des fonctions de paquets disjoints de variables indépendantes sont indépendantes : et sont indépendantes, chacune de loi . Toute la dépendance entre et tient à la seule variable qu'ils partagent, .
d) Les triangles. Pour chaque partie à trois éléments, notons l'événement « les arêtes , et sont présentes ». Alors la somme portant sur les parties à trois éléments (« trois parmi »). Les trois arêtes d'un triangle sont distinctes, donc, par indépendance, . Par linéarité de l'espérance et grâce à : Cette linéarité ne demande aucune indépendance entre les indicatrices — et il n'y en a pas : deux triangles qui partagent une arête sont liés. Avec :
Contrôle exhaustif, , . L'énumération des configurations redonne contre , l'indépendance du c) pour toutes les valeurs, et .
Le point délicat. L'indépendance intervient à trois endroits, avec trois statuts : indispensable pour la loi de — sans elle, une somme de variables de Bernoulli n'est pas binomiale — ; fausse entre et ; inutile pour . Confondre ces statuts est l'erreur la plus fréquente du chapitre.
Ce que l'exercice installe. Le graphe aléatoire, terrain que suggère le programme, est le modèle de base des réseaux — contacts d'une épidémie, liaisons dans un matériau désordonné ; on y lit une dépendance sur les variables partagées. Dans le régime , le nombre moyen d'arêtes croît comme tandis que celui des triangles reste borné : les cycles courts y sont rares.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.