Adloun

La pointe du cône

Exercice classique · niveau 3 (difficile) · mathématiques (PTSI), chapitre 18 — Fonctions de deux variables · B. Dérivées partielles, plan tangent, gradient

Énoncé

Soit . Montrer que est continue sur , mais qu'elle n'admet aucune dérivée partielle en . Rapprocher ce résultat de celui de la fonction prolongée par à l'origine.

Corrigé

La stratégie : la continuité se lit directement sur la définition, et la non-dérivabilité vient d'un taux d'accroissement à deux limites.

a) Continuité. La fonction n'est autre que la norme euclidienne : .

À l'origine, la vérification est immédiate et ne demande aucun calcul : . La quantité dont on veut la limite est exactement celle qui tend vers zéro par hypothèse. Donc est continue en .

En un point quelconque, on part de . Comme majore chacun de ses deux termes, on a et : les deux coordonnées convergent séparément, donc . La fonction racine carrée étant continue sur , on conclut . La fonction est continue sur tout entier.

b) Absence de dérivées partielles à l'origine. La fonction partielle en est

Son taux d'accroissement en vaut , qui vaut pour et pour : il n'a pas de limite. ⚠️ Les deux limites existent, mais elles diffèrent — c'est le point anguleux de la valeur absolue, transplanté en dimension deux. Donc n'existe pas, et par symétrie non plus.

c) Ce qui se passe ailleurs. Hors de l'origine, est de classe , de gradient

vecteur unitaire dirigé radialement : le cône a partout la même pente , mais la direction de plus forte montée saute d'une direction à l'autre selon le point. Ce gradient n'a donc aucune limite à l'origine, et la surface n'y admet pas de plan tangent : la pointe du cône est un vrai sommet.

d) Le rapprochement. Les deux exemples sont exactement complémentaires :

fonctiondérivées partielles en continue en
oui, toutes deux nullesnon
nonoui

⚠️ Aucune des deux implications ne tient. Voilà pourquoi le cours ne se contente ni de l'une ni de l'autre et exige la classe : dérivées partielles existantes et continues. C'est cette hypothèse, et elle seule, qui donne le développement limité d'ordre , donc le plan tangent.

Contrôle numérique. Le taux d'accroissement de en : pour il vaut , pour il vaut . Deux valeurs constantes et opposées, aussi près de qu'on veut : il n'y a rien à espérer d'une limite. Et en tout point non nul, sans exception.

Ce que l'exercice installe. La différentiabilité, c'est l'existence d'un plan tangent. Une pointe l'interdit, quelle que soit la régularité ailleurs — et c'est un phénomène purement local, invisible sur toute autre partie de la surface.

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