Les solutions de sont imaginaires pures
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques (PTSI), chapitre 3 — Nombres complexes · F. Racines -ièmes de l'unité
Énoncé
Soit un entier. Résoudre dans l'équation , puis montrer que ses solutions sont imaginaires pures. On en donnera deux démonstrations : l'une par le calcul explicite des solutions, à l'aide de la technique de l'angle moitié ; l'autre géométrique, sans calculer les solutions.
Corrigé
Ce qu'on a le droit d'utiliser. avec , ces nombres étant distincts ; l'angle moitié ; est une distance.
La stratégie. Aucun des deux membres ne se développe utilement. Mais si l'on divise par , l'équation dit qu'un certain quotient est une racine -ième de l'unité : on résout donc en , puis on revient à .
Mise en place. Le nombre n'est pas solution : le membre de gauche vaut , celui de droite . Pour , on peut diviser par :
Le retour de à . Pour , le nombre n'est jamais égal à : donnerait . Et pour , l'égalité équivaut à , c'est-à-dire à . L'application est donc une bijection de sur lui-même, de réciproque .
Première démonstration : les solutions explicites. L'équation équivaut à , c'est-à-dire avec ; par la bijection précédente, les solutions sont les nombres deux à deux distincts Posons . L'angle moitié donne et ; les exponentielles se simplifient : Comme , on a , donc : le quotient est un réel bien défini, et est fois un réel. Toutes les solutions sont imaginaires pures, et il y en a exactement .
Seconde démonstration : géométrique. Soit une solution. En prenant les modules, ; ce sont deux réels positifs élevés à la même puissance, et est strictement croissante sur , donc En notant et les points d'affixes et , et celui d'affixe , cela s'écrit : le point est sur la médiatrice du segment , qui est l'axe imaginaire. Le calcul le confirme en une ligne : , qui est nul.
Le point délicat. Les deux démonstrations ne prouvent pas la même chose. La seconde dit que les solutions sont imaginaires pures, mais ne les donne pas : la condition est nécessaire, pas suffisante — elle ne retient que le module de et perd son argument. La première énumère les solutions et en déduit leur nature. C'est pourquoi un énoncé demande souvent deux preuves : l'une localise, l'autre dénombre.
Contrôle numérique. Pour , les solutions sont et . La résolution numérique de l'équation polynomiale , pour de à , trouve chaque fois exactement racines, de partie réelle nulle à près, égales aux valeurs annoncées. C'est cohérent : est de degré , son terme dominant valant .
Ce que l'exercice installe. Le réflexe de transformer une égalité de puissances en une appartenance à l'ensemble des racines -ièmes de l'unité, après avoir vérifié qu'on peut diviser. Et la traduction géométrique « » : le module d'un quotient égal à un dit que est équidistant de et de .
Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre
Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.