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L'erreur d'une approximation affine, et la propagation des incertitudes

Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques (PTSI), chapitre 6 — Limites, continuité, dérivabilité · D. Rolle, accroissements finis

Énoncé

a) Montrer que pour tous : . En déduire : .

b) À l'aide de l'égalité des accroissements finis, encadrer et en déduire une valeur approchée de à près.

c) Propagation d'une incertitude. Une grandeur est connue avec une incertitude : on dispose de avec , et l'on veut évaluer . Montrer que si sur un intervalle contenant et , alors : l'erreur est au pire multipliée par .

d) Soient de classe sur un intervalle , et tel que sur . On pose, pour , : c'est l'écart entre et sa tangente en .

e) Appliquer d) à la fonction racine carrée sur en : montrer que , et comparer avec b).

f) À l'altitude , l'intensité de la pesanteur vaut , où est le rayon terrestre et l'intensité au sol. Soit . Montrer que pour : Pour — environ km, l'altitude de la station spatiale internationale —, en déduire que l'approximation sous-estime , d'au plus de .

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. L'inégalité des accroissements finis, telle que le programme l'énonce : si est dérivable sur un intervalle et si est majorée par sur , alors pour tous de ; l'égalité des accroissements finis ; la caractérisation des fonctions monotones par le signe de la dérivée.

La stratégie. L'inégalité des accroissements finis, appliquée à , borne la propagation d'une erreur ; appliquée à , puis combinée à la monotonie, elle borne l'erreur de la tangente, et le signe de dit de quel côté elle se trouve.

a) Une majoration par l'inégalité. La fonction racine carrée est dérivable sur , de dérivée , décroissante et positive, donc majorée par sa valeur en : L'inégalité des accroissements finis donne pour tous . Avec et , qui diffèrent de : .

b) Un encadrement par l'égalité. La racine carrée est continue sur et dérivable à l'intérieur : l'égalité des accroissements finis fournit tel que Comme et que est strictement décroissante, Le membre de gauche fait encore intervenir l'inconnue, mais le a) la majore : , donc et . Ainsi l'encadrement a une amplitude inférieure à , et à près, et même mieux.

Le point délicat. L'égalité donne un point inconnu ; c'est l'encadrement de , et la monotonie de la dérivée, qui la rendent quantitative.

c) La propagation d'une incertitude. C'est l'inégalité des accroissements finis appliquée aux deux points et de l'intervalle : . Une borne sur contrôle la sensibilité de aux erreurs de mesure : si , comme pour le sinus ou l'arc tangente, l'évaluation n'amplifie jamais l'incertitude ; si est grand, le calcul l'amplifie — on dit que le problème est mal conditionné.

d) L'erreur de la tangente. La dérivée de l'écart. La fonction est dérivable, et . Or est dérivable sur , de dérivée majorée en valeur absolue par : l'inégalité des accroissements finis, appliquée à entre et , donne Pour . Posons et sur . Elles sont dérivables, avec et de même , puisque pour . Les deux fonctions sont croissantes sur l'intervalle et nulles en , car : elles sont positives. D'où Pour . Cette fois , et ; de même . Les deux fonctions sont décroissantes sur et nulles en : elles sont positives à gauche de . Dans tous les cas, Le signe. Si sur , est croissante : est positif pour et négatif pour . Donc est décroissante sur et croissante sur , avec : son minimum est , et : la courbe est au-dessus de sa tangente. Si , le même raisonnement appliqué à donne : la courbe est au-dessous de sa tangente.

Le point délicat. On n'a pas de formule pour l'erreur, seulement une borne sur sa dérivée ; c'est la comparaison de dérivées, puis la monotonie, qui transforme cette borne en une borne sur l'erreur elle-même. Le facteur vient de ce que a pour dérivée .

e) La racine carrée, revue. Sur , est de classe , avec et . La fonction est décroissante, donc majorée par sa valeur en : . La tangente en vaut, en , . Comme , la courbe est sous sa tangente, et L'encadrement a une amplitude de , deux fois plus fine que celle du b), environ ; et il dit de quel côté est l'erreur. Contrôle numérique : — la borne est presque atteinte, parce que varie très peu sur l'intervalle.

f) La pesanteur en altitude. Posons pour , de sorte que . C'est une fonction de classe , avec En : et , donc la tangente en est — c'est l'approximation de la physique. Pour , , donc . Le d), sur avec et , donne à la fois le signe (, la courbe est au-dessus de sa tangente) et la taille : Pour et , . L'approximation sous-estime la pesanteur, d'au plus de jusqu'à l'altitude de la station spatiale. Contrôle : en , l'écart réel vaut , sous la borne.

Ce que l'exercice installe. Deux usages quantitatifs des accroissements finis. Le premier, , est la propagation des incertitudes que les travaux pratiques de physique emploient à chaque mesure. Le second est l'inégalité , où le signe de donne le côté : c'est l'inégalité de Taylor-Lagrange à l'ordre un, faite à la main, que le chapitre d'intégration généralisera. Elle transforme les approximations affines de la physique — pesanteur en altitude, petits angles, — en énoncés contrôlés, avec leur erreur.

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