Adloun

L'équation

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques MPSI, chapitre 10 — Polynômes et fractions rationnelles · B. Division euclidienne et racines

Énoncé

Déterminer tous les polynômes tels que .

1) Déterminer les solutions constantes. Montrer qu'une solution non nulle est unitaire.

2) Soit une solution non constante et une racine de . Montrer que et sont des racines de .

3) En déduire que et , puis que .

4) Écrire et conclure.

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. Le degré et le coefficient dominant d'un produit et d'une composée, la finitude de l'ensemble des racines d'un polynôme non nul, le théorème de d'Alembert-Gauss (tout polynôme non constant de est scindé) et l'unicité de la décomposition en facteurs irréductibles dans . La stratégie : l'ensemble des racines est fini et stable par deux transformations, et ; un ensemble fini stable par élévation au carré ne peut contenir que des nombres de module ou .

1) Constantes, et coefficient dominant. Si est constant, l'équation s'écrit , soit : les solutions constantes sont et . Soit maintenant une solution, de degré et de coefficient dominant . Le polynôme est de degré et de coefficient dominant ; le produit est de degré et de coefficient dominant (le coefficient dominant de est encore ). L'égalité impose , donc : toute solution non nulle est unitaire.

2) Deux transformations qui conservent les racines. Soit une racine de . Évaluons l'identité en : , donc est racine. Évaluons-la en : , donc est racine.

3) Les racines sont ou . Soit l'ensemble des racines de : il est fini (car ) et non vide (car est non constant, donc scindé sur par d'Alembert-Gauss), et par le 2) il est stable par .

Le module vaut ou . Supposons qu'il existe une racine de module , et choisissons de module maximal. Alors et , ce qui contredit la maximalité. Donc toutes les racines ont un module . Supposons qu'il existe une racine de module dans , et choisissons de module minimal parmi les modules non nuls. Alors , , et : contradiction. Donc pour toute racine .

De même pour . Si est racine, est racine par le 2), donc , soit .

Conclusion. Si , alors . Si , alors . Sinon : est sur le cercle unité et sur le cercle de centre et de rayon ; ces deux cercles se coupent en deux points, (partie réelle par symétrie, module ). Mais alors est aussi une racine, et : contradiction avec ce qu'on vient d'établir pour la racine . Donc .

4) La forme des solutions. Par d'Alembert-Gauss, non constant unitaire est scindé, et ses seules racines sont et : avec , . Reportons dans l'équation : Par unicité de la décomposition en irréductibles de , les multiplicités des facteurs , , coïncident : et , soit . Réciproquement, pour , on a et : égalité. Les solutions sont et les , (le cas redonnant la constante ).

Le point délicat. Le choix d'une racine de module extrémal — maximal, puis minimal non nul — est ce qui transforme « l'ensemble des racines est fini et stable par » en une contrainte sur les modules. Et le cas ne se règle pas seul : il faut réappliquer le résultat à la racine , dont la distance à vaut .

Ce que l'exercice installe. Pour une équation fonctionnelle polynomiale, on ne cherche pas : on regarde ce que l'équation fait aux racines, on exploite la finitude par un argument d'extremum, puis l'unicité de la décomposition en irréductibles termine. C'est le raisonnement de toutes les équations du type ou , et il repose sur : c'est là que « scindé » est gratuit.

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