Racines simples et
Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques MPSI, chapitre 10 — Polynômes et fractions rationnelles · D. Dérivation, Taylor, multiplicités
Énoncé
Soit non constant.
a) Soit une racine de de multiplicité . Montrer que est racine de de multiplicité exactement (avec la convention : « multiplicité » signifie « n'est pas racine »).
b) Montrer que est à racines simples si et seulement si .
c) Si avec les distincts, déterminer , et montrer que est à racines simples, de mêmes racines que .
d) Applications : est à racines simples ; que vaut pour ?
Corrigé
Ce qu'on a le droit d'utiliser. La définition de la multiplicité ( avec ), la dérivée d'un produit, le théorème de d'Alembert-Gauss, et l'énoncé du cours « deux polynômes de sont premiers entre eux si et seulement s'ils n'ont aucune racine commune ». La stratégie : les racines multiples de sont exactement ses racines communes avec , et « pas de racine commune » se dit « premiers entre eux ».
a) La dérivée perd exactement une multiplicité. Écrivons avec . Dérivons le produit : Le crochet vaut en (car et ). Donc divise et ne le divise pas : est racine de de multiplicité exactement . Pour , le crochet est non nul en et : une racine simple de n'est pas racine de . Pour , est racine de . Ainsi : les racines communes à et sont exactement les racines multiples de .
b) L'équivalence. Par d'Alembert-Gauss, non constant est scindé sur , donc « à racines simples » signifie « aucune racine multiple ». Par le a), c'est dire « aucune racine commune à et », ce qui, par le théorème du cours, équivaut à . (Notons que puisque n'est pas constant, ce qui donne un sens au PGCD.) Cette caractérisation est arithmétique : elle se calcule par l'algorithme d'Euclide, sans connaître aucune racine.
c) Le PGCD rassemble les multiplicités. Par le a), est racine de de multiplicité , et n'a pas d'autres racines que celles-là (toute racine de qui n'est pas racine de n'est pas concernée par le PGCD). Par la caractérisation de la divisibilité par les racines dans , les diviseurs communs de et sont les polynômes dont chaque racine a une multiplicité au plus , et qui n'ont pas d'autre racine : Alors : c'est le polynôme scindé à racines simples ayant exactement les racines de . Le quotient « efface les multiplicités ».
d) Deux exemples. Pour : , dont la seule racine est , qui n'est pas racine de (). Donc et est à racines simples — ce que le chapitre 3 savait en exhibant les racines -ièmes de l'unité, mais qu'on obtient ici sans les calculer. Pour : ; et ; la racine commune est , et (exemple du cours) : par le c), , et est à racines simples.
Le point délicat. Le b) vaut dans . Pour un polynôme réel, se calcule de la même façon (l'algorithme d'Euclide n'utilise que les quatre opérations, donc donne le même résultat dans et dans ), et dit encore « racines complexes simples » ; il ne dit pas que est scindé sur : vérifie sans racine réelle.
Ce que l'exercice installe. La multiplicité, définie par la divisibilité, se lit sur la dérivée, et la mesure globalement : c'est le premier calcul où l'arithmétique de répond à une question sur les racines sans les connaître. La formule de l'exercice 9 en est la version « fractions rationnelles », et l'idée « une dérivée perd exactement une multiplicité » reviendra à l'exercice 8 pour les pôles, où elle gagne un ordre.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.