Composer un équivalent par et par : le critère exact
Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques MPSI, chapitre 11 — Analyse asymptotique · A. Relations de comparaison
Énoncé
Soient et deux fonctions définies au voisinage de ( ou ), ne s'annulant pas au voisinage de .
1) Vrai ou faux : si alors . Que peut-on dire si de plus est bornée au voisinage de ?
2) Montrer que si et seulement si . En déduire que n'entraîne pas en général, mais l'entraîne dès que est bornée.
3) On suppose , , , et . Montrer que si (distinguer et ). Donner un contre-exemple lorsque .
4) Application : donner un équivalent en de .
Corrigé
Ce qu'on a le droit d'utiliser. La définition : signifie , c'est-à-dire — un équivalent contrôle un rapport, jamais une différence. Et les règles du cours : produits, quotients, puissances d'équivalents ; un équivalent conserve la limite. La stratégie de l'exercice est de tout ramener au rapport .
1) Faux en général, vrai si est bornée. Contre-exemple en : et . On a , donc , alors que . Deux fonctions équivalentes peuvent s'éloigner autant qu'on veut, pourvu qu'elles le fassent relativement peu.
Supposons maintenant bornée : il existe tel que au voisinage de . Écrivons Une différence est un rapport multiplié par ; si ne grandit pas, le rapport qui tend vers force la différence vers .
2) Le critère exact pour l'exponentielle. On a . Donc signifie exactement . Or, pour une fonction , on a si et seulement si : le sens réciproque est la continuité de l'exponentielle en ; le sens direct est la continuité du logarithme en , puisque . Ainsi L'exponentielle transforme une différence en rapport : composer un équivalent par demande donc , hypothèse strictement plus forte que d'après le 1).
Contre-exemple. En , et : , mais , qui ne tend pas vers .
Le cas borné. Si est bornée et , le 1) donne , et le critère donne . C'est le seul cas où l'on a le droit de composer par l'exponentielle sans autre vérification.
3) Le logarithme. Comme et , écrivons et prenons le logarithme : par continuité du logarithme en . Il reste à comparer ce terme parasite à .
Cas . Alors ou : en tout cas , donc ne s'annule pas au voisinage de et
Cas . Alors , qui est un réel non nul puisque ; donc ne s'annule pas au voisinage de , et aussi. Le quotient tend vers .
Dans les deux cas, . Le logarithme, lui, transforme un rapport en différence : c'est pour cela qu'il est compatible avec l'équivalence, à la seule condition que ne tende pas vers .
Contre-exemple pour . En , et : (les deux tendent vers ). Mais et (car quand ), donc . Quand , le logarithme de tend vers , et c'est le terme parasite , lui aussi de limite nulle, qui décide : l'équivalence ne survit pas.
4) L'application. Bien que en , on ne peut pas écrire sans vérifier le critère du 2) : il faut la différence . On factorise le terme prépondérant : à l'aide de avec . Donc : le critère est satisfait, — mais ce n'est pas ce qu'on demande. On demande la différence : Comme , on a (l'équivalent se compose avec , et ). D'où Cette différence tend vers : les deux exponentielles sont équivalentes et pourtant infiniment éloignées, exactement comme au 1). Contrôle numérique : en , le quotient de la différence par vaut ; en , .
Ce que l'exercice installe. Un équivalent est une erreur relative. L'exponentielle change une différence en rapport : elle exige . Le logarithme change un rapport en différence : il conserve l'équivalence dès que ne tend pas vers . Ces deux critères, et non des interdits appris par cœur, sont ce qui permettra au problème final de passer au logarithme dans une équation, puis de prendre le logarithme d'un équivalent.
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