Le de par son équation différentielle
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques MPSI, chapitre 11 — Analyse asymptotique · B. Calculs de développements limités
Énoncé
On rappelle que et que .
1) Justifier que admet en un développement limité à tout ordre, et que celui-ci ne comporte que des puissances impaires. On écrit .
2) Montrer que le de s'obtient en primitivant le de . Calculer ce dernier en fonction de , et en déduire puis .
3) Retrouver par le quotient (exercice résolu 4 du chapitre). Laquelle des deux méthodes coûte le moins à l'ordre ?
4) Par la même méthode, avec ( désigne la tangente hyperbolique), déterminer le de .
Corrigé
Ce qu'on a le droit d'utiliser. Trois théorèmes du cours : la formule de Taylor–Young (une fonction admet un ), la parité (le d'une fonction impaire n'a que des puissances impaires), la primitivation (si et admet un , alors admet le obtenu en primitivant terme à terme, la constante étant ) — et l'unicité des coefficients, qui permet d'identifier.
1) Existence et forme. Sur , est un quotient de fonctions dont le dénominateur ne s'annule pas : est , donc admet par Taylor–Young un développement limité en à tout ordre. Elle est impaire (), donc son développement ne contient que des puissances impaires : le coefficient de , , , est nul. Enfin donne le coefficient en (le premier terme non nul du est l'équivalent). D'où la forme annoncée : Remarquer le reste en et non : la parité offre un ordre gratuit, puisque le terme en est nul.
2) L'amorçage par l'équation. Le cours dit : si admet un , alors admet le obtenu en primitivant terme à terme, avec la constante . Calculons donc le de à partir de la forme du 1) tronquée à l'ordre : . En élevant au carré et en ne gardant que l'ordre : car le double produit est le seul terme d'ordre , le carré étant au-delà. Donc Primitivons terme à terme, constante nulle : Par unicité du développement limité, on identifie avec :
Le point délicat. L'inconnue figure des deux côtés : à gauche comme coefficient de , à droite comme coefficient de à travers . L'équation différentielle décale d'un cran : le coefficient d'ordre de se lit sur les coefficients d'ordre inférieur de . C'est un amorçage : chaque coefficient engendre le suivant.
3) Par le quotient, et à l'ordre 7. L'exercice résolu 4 du chapitre écrit avec , compose pour obtenir , puis multiplie par : On retrouve .
À l'ordre 7, par l'équation. Écrivons . Le carré, à l'ordre , ne demande que les termes déjà connus : puisque . Primitivation : le coefficient de est . Une ligne de plus, et Par le quotient, il aurait fallu à l'ordre — donc à l'ordre , , — puis un produit à l'ordre : nettement plus de termes à contrôler. L'équation différentielle coûte moins, parce qu'elle n'exige à chaque étape que ce qui est déjà connu. Contrôle numérique : ; le donne , le donne ; l'écart du divisé par vaut en , en , en , et — le coefficient suivant est bien identifié.
4) La tangente hyperbolique. La tangente hyperbolique (sinus hyperbolique sur cosinus hyperbolique) est sur (le cosinus hyperbolique ne s'annule jamais), impaire, avec (car et ). Même forme : . Cette fois et la primitivation donne . Identification : , puis . Les coefficients de la tangente hyperbolique sont ceux de la tangente, à signes alternés : c'est le seul effet du signe moins dans l'équation. (Contrôle : et le donne ; l'écart divisé par tend vers , l'opposé du coefficient de la tangente.)
Ce que l'exercice installe. Une fonction définie par une équation différentielle simple livre son développement limité sans qu'on la calcule : parité pour la forme, équation pour l'amorçage, primitivation pour monter d'un ordre, unicité pour identifier. Le programme n'exige la tangente qu'à l'ordre ; la méthode, elle, va à tout ordre, et c'est la méthode qui compte.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.