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Problème — La suite implicite

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques MPSI, chapitre 11 — Analyse asymptotique · F. Problèmes asymptotiques

Énoncé

Pour , on considère l'équation d'inconnue .

1) Montrer que cette équation admet une unique solution dans , et que . Calculer et .

2) Montrer que la suite est strictement croissante.

3) Montrer que .

4) On pose . Montrer que , puis que . En déduire que et que .

5) En déduire , puis . Conclure : .

6) Montrer que , et en déduire le terme suivant : . Énoncer le résultat obtenu.

Corrigé

1) Existence, unicité, deux valeurs. Soit sur . C'est une fonction continue, strictement croissante (somme de , croissante sur , et de , strictement croissante), avec et . Par le théorème de la bijection, s'annule en un unique point de , et comme , ce point est dans .

Pour : , . Pour : , dont la racine positive est — l'inverse du nombre d'or.

2) Croissance. Comparons et à l'aide de la fonction , dont est l'unique zéro. Évaluons en , en utilisant : car et . Ainsi , et étant strictement croissante, . La suite est strictement croissante. C'est le geste des suites implicites : pour comparer deux termes définis par deux équations différentes, on évalue la seconde fonction au premier point et l'on lit le signe.

3) La limite vaut 1. est croissante et majorée par : elle converge vers un réel , avec . Supposons par l'absurde . Comme la suite est croissante, pour tout , donc , et puisque . Par encadrement, . Mais . Donc , ce qui contredit . Ainsi : .

Le point délicat. On ne peut pas dire « » : c'est une forme indéterminée. C'est la croissance de la suite qui permet de majorer par une constante uniforme en , et de conclure. Sans monotonie, l'argument s'effondre.

4) Le passage au logarithme. Par définition, , et . L'équation s'écrit Les deux membres sont strictement positifs : on peut prendre le logarithme, et .

Vers l'infini. Comme , , donc . Or ; un équivalent conserve la limite, donc , c'est-à-dire . Première information : tend vers moins vite que .

L'équivalent. La même ligne se lit , soit Les deux membres tendent vers .

5) L'équivalent de . Posons , qui tend vers . Le 4) dit , deux quantités positives de limite : on peut prendre le logarithme de l'équivalent (exercice 1, question 3, cas ) : Écrivons-le , puis divisons par : car par croissance comparée (). Donc , c'est-à-dire . En reportant dans le 4) : , d'où

Le point délicat. Le logarithme a été pris deux fois : une fois dans l'équation (licite, les membres sont positifs), une fois dans un équivalent (licite, exercice 1, parce que les deux membres tendent vers — si leur limite avait été , l'équivalent aurait été perdu). Et c'est la croissance comparée qui fait disparaître le terme : un équivalent absorbe ce qui est négligeable devant lui.

6) Le terme suivant. Reprenons l'équation exacte avec un ordre de plus : quand , donc Or , et a fortiori . Donc , et l'équation donne C'est le 4) avec un reste au lieu d'un équivalent. Il reste à développer . Écrivons avec (c'est le 5)). Alors, pour , car . En reportant : , soit

Contrôle numérique. Pour , ; l'équivalent à un terme donne , celui à deux termes . Pour : , contre à un terme et à deux. Et la quantité , que le 6) annonce de limite nulle, vaut pour , pour , pour .

Une remarque sur la lenteur. Le rapport , qui tend vers , vaut encore pour : le développement l'explique, puisque ce rapport vaut , et pour . Un équivalent vrai peut être numériquement trompeur quand le terme suivant n'est plus petit que d'un facteur logarithmique : c'est le terme en qui rend compte de ce qu'on observe.

Le théorème obtenu. Pour tout , l'équation admet une unique solution dans ; la suite est strictement croissante, converge vers , et admet le développement asymptotique

Ce que le problème installe. La méthode complète des suites implicites : existence par monotonie de ; monotonie de la suite en évaluant en ; limite par l'absurde, la monotonie fournissant une majoration uniforme ; puis le développement asymptotique, obtenu en réinjectant dans l'équation prise au logarithme — chaque tour apporte un terme, et les termes ne sont pas des puissances de mais , . L'exercice 1 a fourni le droit de prendre le logarithme d'un équivalent ; les exercices 7 et 8 ont fourni la réinjection ; le problème les assemble. C'est la forme de tous les développements asymptotiques du programme : fonctions réciproques, équations à paramètre, suites récurrentes, suites implicites.

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