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Un espace vectoriel n'est jamais réunion finie de sous-espaces stricts

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques MPSI, chapitre 12 — Espaces vectoriels et applications linéaires · A. Espaces et sous-espaces vectoriels

Énoncé

Soit un -espace vectoriel, ou .

1) Soient deux sous-espaces de . Montrer que est un sous-espace vectoriel si et seulement si ou .

2) Soient des sous-espaces stricts de (). On veut montrer que . On raisonne par l'absurde, en supposant qu'il existe un tel recouvrement, et en choisissant minimal.

a) Montrer que et qu'il existe n'appartenant à aucun des , , ainsi que .

b) Pour , on pose . Montrer que pour tout , et que pour chaque , il existe au plus un tel que .

c) Conclure, en utilisant que est infini.

3) Où l'hypothèse « infini » a-t-elle servi ?

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. La définition d'un sous-espace : une partie non vide stable par somme et par multiplication par un scalaire — donc aussi par différence. C'est tout.

1) Deux sous-espaces. Le sens facile. Si , alors , qui est un sous-espace ; de même si .

Le sens utile, par contraposée. Supposons que ni ni : il existe avec , et avec . Les deux vecteurs sont dans . Si était un sous-espace, il contiendrait , donc ou . Si : comme et que est stable par différence, , contradiction. Si : de même , contradiction. Donc : la réunion n'est pas un sous-espace.

Le point délicat est le choix simultané des deux témoins, chacun échappant à l'autre sous-espace : c'est le couple qui rend inclassable. Dans , la réunion des deux axes est une croix, et n'est sur aucun axe.

2) Une réunion finie. Supposons qu'il existe des sous-espaces stricts avec , et choisissons un tel recouvrement avec minimal — c'est possible, un ensemble non vide d'entiers naturels a un plus petit élément.

a) , car donnerait , contraire à l'hypothèse . Par minimalité de , on n'a pas (ce serait un recouvrement par sous-espaces stricts). Donc — sinon . Il existe donc qui n'appartient à aucun pour . Enfin fournit . Remarquons que , puisque .

b) Si , alors, comme et est un sous-espace, : contradiction. Donc pour tout .

Soit , et supposons et avec . Alors , et comme , : contradiction avec le choix de . Donc au plus un vérifie .

c) L'application est injective : donne , donc puisque . Chaque est dans , et pas dans : il est dans l'un des , . Chacun de ces sous-espaces contient au plus un , donc au plus un : il y a au plus valeurs de dans . Or est infini. Contradiction. Donc aucun recouvrement n'existe : n'est jamais réunion finie de sous-espaces stricts.

Lecture géométrique. La droite affine , qui passe par dans la direction , évite entièrement et ne rencontre chaque autre sous-espace qu'en au plus un point. Une droite a une infinité de points : elle ne peut pas être couverte par points.

3) Où le corps infini a servi. Uniquement au c) : on avait besoin de plus de valeurs de . Sur un corps fini, l'argument tombe — et le résultat aussi. (Remarque hors programme, pour comprendre : sur le corps à deux éléments , le plan a quatre vecteurs, , , , , et il est la réunion de ses trois droites , , .) Le programme fixe ou , et c'est cette hypothèse qui rend l'énoncé vrai.

Ce que l'exercice installe. La réunion n'est pas la bonne opération sur les sous-espaces — la somme l'est. Et un principe qui servira à l'exercice 4 : il existe toujours un vecteur hors de plusieurs sous-espaces stricts à la fois, un vecteur « générique ». L'argument de la droite est le premier argument de dimension déguisé : une droite est trop grosse pour tenir dans finiment de points.

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