est un sous-corps de
Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques MPSI, chapitre 13 — Matrices et applications linéaires · A. Matrices d'applications linéaires
Énoncé
On voit comme -espace vectoriel de base . Pour , on note la matrice dans cette base de .
1) Montrer que , puis que et . Que dire de la commutativité du produit de deux telles matrices ?
2) Montrer que et . En déduire, pour , et l'expliciter.
3) Montrer que est un sous-espace vectoriel de dimension de , stable par produit, et que est un corps ; est un isomorphisme de corps de sur .
4) Écrire la matrice de la conjugaison . Est-ce une similitude directe ? Calculer et interpréter. Montrer que , et en déduire que toute application -linéaire s'écrit de façon unique avec .
5) Interpréter géométriquement les deux facteurs ; à quelle condition sur l'application est-elle bijective ?
Corrigé
La stratégie. Changer de registre : le produit des complexes devient le produit des matrices, la conjugaison la transposition, le module l'égalité . L'exemple est cité par le programme — la similitude de multiplicateur — et l'exercice le pousse jusqu'à décrire toutes les applications -linéaires de .
1) La matrice et la multiplicativité. L'application est -linéaire. Ses colonnes sont les coordonnées des images des vecteurs de base : , et . D'où Additivité : a pour colonnes et , somme des colonnes de et . Multiplicativité : l'application est la composée de puis de ; la matrice d'une composée est le produit des matrices, dans le même ordre : . Commutativité : . Deux matrices de cette forme commutent toujours — chose rare dans , héritée de la commutativité de . Vérification directe : , et c'est bien .
2) Conjugaison et module. , donc . Alors , puisque pour réel. Pour : (le produit commute), donc L'inverse d'un complexe, , se lit sur la matrice.
3) Le corps . avec : donc , sous-espace de , de dimension car et ne sont pas proportionnelles. Il est stable par produit d'après le 1). L'application est additive, multiplicative, envoie sur , et elle est injective : force . C'est donc un isomorphisme d'anneaux de sur ; comme est un corps commutatif, en est un : tout a un inverse dans , à savoir , et le produit est commutatif. En particulier : la matrice est le nombre , la rotation d'angle .
4) La conjugaison, et la décomposition. , : Ce n'est pas une similitude directe : une matrice de a ses deux coefficients diagonaux égaux, et . : la conjugaison est une symétrie (chapitre 12, ), par rapport à l'axe réel parallèlement à l'axe imaginaire .
La somme directe. ; comme est inversible, est injective, donc est un sous-espace de dimension . Explicitement . Intersection : une matrice à la fois de la forme et vérifie , donc , et , donc : . Dimensions : . Donc .
Conséquence. Soit -linéaire, de matrice dans . Elle s'écrit de façon unique avec . Or est la matrice de (conjuguer, puis multiplier par : composée, produit des matrices). Donc
5) Géométrie et bijectivité. est l'ensemble des similitudes directes (rotation d'angle composée avec l'homothétie de rapport ), plus la matrice nulle ; est l'ensemble des similitudes indirectes (une réflexion, puis une similitude directe), plus zéro. Toute application -linéaire du plan est la somme d'une directe et d'une indirecte.
Bijectivité. En dimension finie, est bijective si et seulement si elle est injective. Si : donne , donc , donc : injective, bijective. Si , n'est pas bijective. Si : écrivons et prenons ; alors et , donc : non injective. Conclusion : (Au chapitre 14, on lira la même condition sur le déterminant de , qui vaut .)
Ce que l'exercice installe. Le dictionnaire du cours fait plus que traduire : il transporte les structures. Un corps de nombres devient un corps de matrices, la conjugaison devient la transposée, le module devient . Et la décomposition dit exactement ce qu'est une application -linéaire du plan : une partie qui respecte , et une partie qui le conjugue.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.