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L'identité du parallélogramme comme test

Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques MPSI, chapitre 15 — Espaces préhilbertiens réels · B. Cauchy-Schwarz et normes

Énoncé

Soit un espace préhilbertien réel.

a) Montrer l'identité du parallélogramme : pour tous , , et l'interpréter géométriquement.

b) Rappeler la formule de polarisation, et en déduire que la norme détermine le produit scalaire.

c) Sur , on pose . Vérifier que , et . Existe-t-il un produit scalaire sur dont soit la norme ? Même question pour .

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. L'identité remarquable du cours, , qui n'est que la bilinéarité et la symétrie appliquées à .

a) L'identité. Écrivons l'identité remarquable pour puis pour : En additionnant, les termes se détruisent :

Interprétation. Construisons le parallélogramme de côtés et issus d'un même sommet. Ses diagonales sont et ; ses quatre côtés ont pour longueurs , , , . L'identité dit : la somme des carrés des deux diagonales égale la somme des carrés des quatre côtés. Si le parallélogramme est un rectangle, , les deux diagonales ont la même longueur , et l'identité devient : c'est Pythagore.

b) Polarisation. En soustrayant les deux identités remarquables au lieu de les ajouter, on obtient , soit et la première identité seule donne la forme du cours, . Dans les deux cas, le produit scalaire s'exprime à partir des seules normes : deux produits scalaires qui ont la même norme sont égaux. La norme détermine le produit scalaire.

c) Le test. Vérifions d'abord les trois propriétés de . Homogénéité : . Inégalité triangulaire : , par l'inégalité triangulaire dans , coordonnée par coordonnée. Séparation : une somme de deux valeurs absolues est nulle si et seulement si les deux le sont. a donc toutes les propriétés d'une norme.

Et pourtant elle ne vient d'aucun produit scalaire. Raisonnons par l'absurde : s'il existait un produit scalaire dont soit la norme, alors vérifierait l'identité du parallélogramme, démontrée au a) pour toute norme issue d'un produit scalaire. Testons-la sur et : : l'identité est en défaut. Aucun produit scalaire n'a pour norme.

Pour . Mêmes vecteurs : , tandis que . : ne vient d'aucun produit scalaire non plus. Dans les deux cas, c'est la géométrie qui refuse : la « boule unité » de est un carré posé sur la pointe, celle de un carré droit, et un parallélogramme inscrit dans ces figures ne vérifie pas la relation des diagonales.

Le point délicat. Le raisonnement du c) ne prouve rien de positif sur ; il utilise une condition nécessaire — toute norme euclidienne satisfait le parallélogramme — pour exclure. C'est une identité, vraie sans hypothèse dans tout espace préhilbertien, qui devient un critère de refus dès qu'on la teste sur une norme candidate. (La réciproque, « toute norme vérifiant l'identité du parallélogramme vient d'un produit scalaire », est un théorème hors programme ; il se démontre en définissant le produit scalaire par la formule de polarisation, puis en vérifiant qu'il est bilinéaire — et c'est là que le parallélogramme sert.)

Ce que l'exercice installe. Le produit scalaire est entièrement codé par la norme : polarisation. Deux conséquences qu'on réutilisera sans cesse : une application linéaire qui conserve les normes conserve les produits scalaires ; et une norme n'est euclidienne que si elle passe le test du parallélogramme — la plupart des normes usuelles de l'analyse, valeur absolue de la somme ou maximum, ne le passent pas.

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