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L'orthogonal de l'orthogonal, et un hyperplan dont l'orthogonal est nul

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques MPSI, chapitre 15 — Espaces préhilbertiens réels · C. Orthogonalité et Gram-Schmidt

Énoncé

Soit un espace préhilbertien réel.

a) Soient deux parties de . Montrer que , que , et que .

b) On suppose euclidien et un sous-espace. Montrer que .

c) Soit muni de , et . Montrer que est un hyperplan de , puis que . (Si , considérer .) En déduire et . Laquelle des hypothèses du théorème du supplémentaire orthogonal est en défaut ?

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. La définition : , qui est un sous-espace. Le théorème du supplémentaire orthogonal : si est de dimension finie, , et en dimension finie , . Le théorème « continue, positive, d'intégrale nulle, donc nulle » du chapitre sur l'intégration.

a) Les propriétés formelles.

Renversement. Soit : pour tout , donc en particulier pour tout : . Plus la partie est grosse, plus son orthogonal est petit.

Double orthogonal. Soit . Pour tout , on a par définition même de . Donc est orthogonal à tout élément de : . Aucune hypothèse n'a servi.

Passage au sous-espace engendré. Comme , le renversement donne . Réciproquement, soit et une combinaison linéaire d'éléments de : par linéarité, . Donc . Égalité.

b) L'involution en dimension finie. Notons . Par le a), . Pour l'inclusion inverse, on compare les dimensions : , puis, étant lui-même un sous-espace, . Un sous-espace contenu dans un autre et de même dimension finie lui est égal : En dimension finie, est une involution des sous-espaces, qui renverse les inclusions.

c) Le contre-exemple en dimension infinie.

est un hyperplan. L'application est une forme linéaire sur , non nulle car . Son noyau est donc un hyperplan (chapitre sur les espaces vectoriels : le noyau d'une forme linéaire non nulle est un hyperplan). Concrètement, : les polynômes sans terme constant.

. Soit . Le polynôme s'annule en , donc , donc : La fonction est continue, positive sur , d'intégrale nulle : elle est identiquement nulle sur . Donc pour tout : le polynôme a une infinité de racines, donc . Ainsi .

Les conséquences. , alors que (le polynôme constant n'est pas dans ). L'égalité du b) est fausse ici. Et : l'hyperplan n'a pas de supplémentaire orthogonal.

L'hypothèse en défaut. Le théorème du supplémentaire orthogonal exige que soit de dimension finie — pour disposer d'une base orthonormée de , avec laquelle on construit le projeté. Or contient la famille libre infinie : il est de dimension infinie. Ce n'est pas l'espace qui est en cause (le théorème vaut dans tout espace préhilbertien), c'est le sous-espace.

Le point délicat. Il ne faut pas confondre « est un hyperplan, donc a un supplémentaire de dimension » — vrai, convient — et « a un supplémentaire orthogonal » — faux. Le supplémentaire n'est pas orthogonal à : . Et aucun autre ne l'est, puisque est nul.

Ce que l'exercice installe. En dimension finie, l'orthogonal est un dictionnaire parfait : il fait passer de la description paramétrique d'un sous-espace (engendré par des vecteurs) à sa description cartésienne (équations ) et retour, en appliquant deux fois. En dimension infinie, ce dictionnaire peut se déchirer, et la dimension finie de dans le théorème du supplémentaire orthogonal est une vraie hypothèse, pas une précaution de rédaction.

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