L'intégrale logarithmique
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques MPSI, chapitre 16 — Intégration · D. Théorème fondamental et suites d'intégrales
Énoncé
Pour , on pose .
a) Justifier que est définie et de classe sur , et montrer que . Sens de variation de ?
b) Montrer que pour tout .
c) Pour , écrire et encadrer ; calculer ; en déduire , puis .
d) Montrer que , et en déduire . Décrire l'allure de la courbe de .
Corrigé
La stratégie. On ne calcule pas : la fonction n'a pas de primitive exprimable avec les fonctions usuelles. On la dérive grâce au théorème fondamental, qui n'exige qu'une primitive abstraite, et on l'encadre en remplaçant l'intégrande par des fonctions voisines dont on connaît la primitive.
a) Définition et dérivée. Pour , on a , et la fonction est continue sur — le dénominateur y est strictement positif — donc sur : l'intégrale existe. Le domaine n'est pas décoratif : en , et l'intégrande explose.
Par le théorème fondamental, la fonction continue admet sur l'intervalle une primitive , de classe , avec — dont on n'a pas besoin de connaître d'expression. Alors . La fonction étant de classe de dans lui-même, est de classe par composition, et en utilisant . Pour , numérateur et dénominateur sont strictement positifs : , et est strictement croissante sur . On note aussi que quand , puisque (limite du taux d'accroissement de en , inversée).
b) Positivité stricte. Sur , l'intégrande est continue et strictement positive, et . Par positivité de l'intégrale, ; et si l'on avait , une fonction continue positive d'intégrale nulle serait nulle sur , ce qui est faux. Donc .
c) L'encadrement près de . Pour , écrivons . Comme et , Or a une primitive explicite : , définie pour , de dérivée . Donc Cette intégrale vaut quel que soit . Par croissance de l'intégrale, en intégrant l'encadrement de à : Quand , les deux bornes tendent vers : par le théorème des gendarmes, La fonction , définie par une intégrale dont l'intégrande explose au bord, a une limite finie : les deux bornes se rapprochent de plus vite que l'intégrande ne grandit.
d) Le comportement à l'infini. Sur , on a , donc . En intégrant sur un intervalle de longueur : La borne inférieure tend vers : pour , et par croissances comparées. Donc et l'encadrement précise la vitesse : est de l'ordre de , à un facteur près. (La borne du c) donnait déjà la limite , mais un ordre de grandeur bien trop faible.)
L'allure. est strictement croissante, de limite en — un point de départ que la courbe n'atteint pas, abordé avec la pente — et de limite en . Elle est de plus convexe : , et la fonction vérifie et pour , donc et . La courbe part donc de avec la pente et se redresse indéfiniment. Valeur intermédiaire, par quadrature numérique : , bien encadré par et .
Ce que l'exercice installe. On dérive et l'on encadre une fonction qu'on ne sait pas calculer. Le théorème fondamental transforme « est continue » en « est de classe », sans jamais réclamer de primitive explicite ; et pour les limites, on remplace l'intégrande par une fonction voisine dont on connaît la primitive — ici , qui s'intègre en . La fonction étudiée est une cousine du logarithme intégral , dont le théorème des nombres premiers dit qu'il compte les nombres premiers inférieurs à .
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.