Les équivalents trahissent les séries non positives
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques MPSI, chapitre 17 — Séries numériques et familles sommables · C. Convergence absolue et séries alternées
Énoncé
Pour , on pose et .
a) Montrer que , et que converge.
b) Établir l'identité exacte , avec pour .
c) En déduire que diverge, et préciser le comportement de ses sommes partielles. Quelle hypothèse du théorème des équivalents fait défaut ?
Corrigé
La stratégie. Ne surtout pas raisonner par équivalent — c'est l'exercice qui montre pourquoi. On développe le terme général jusqu'à isoler des morceaux dont chacun est de nature connue : un morceau alterné convergent, un morceau positif divergent, un morceau absolument convergent.
a) L'équivalence et la convergence de . Pour , : le dénominateur ne s'annule pas. Et donc . La série est alternée et décroît vers : par le théorème des séries alternées, elle converge. (Pas absolument : est une série de Riemann d'exposant .)
b) Le développement, exact. Notons , de sorte que , et , de sorte que . Alors . Or, pour , on a l'identité qu'on vérifie en réduisant au même dénominateur : . En revenant à : , , et vérifie, pour où et donc : D'où, comme annoncé, . C'est qui fait surgir un terme de signe constant, , là où tout semblait alterner.
c) La divergence. On dispose de , où converge (a), et converge absolument, puisque à partir du rang et que converge (Riemann, ). Supposons par l'absurde que converge. Alors serait le terme général d'une combinaison linéaire de trois séries convergentes, donc d'une série convergente — ce que la divergence de la série harmonique interdit. Donc diverge.
Le comportement des sommes partielles. Sommons de à : . Les deux premières sommes ont une limite finie, et : les sommes partielles de tendent vers , à la vitesse de — c'est le terme qui gouverne tout.
L'hypothèse manquante. Le théorème « implique que et sont de même nature » suppose et positifs, au moins à partir d'un rang. Ici et changent de signe à chaque pas : l'hypothèse tombe, et la conclusion avec elle. Deux termes généraux équivalents, une série qui converge, une qui diverge.
Contrôle numérique. Les sommes partielles valent environ pour et pour : une différence de , de l'ordre de .
Ce que l'exercice installe. La frontière exacte du raisonnement par équivalent. L'exercice 1 l'utilisait légitimement, sur des termes positifs ; ici la même phrase, écrite sans vérifier le signe, donnerait un résultat faux. Le remède est mécanique : pour une série de signe variable, on développe, et l'on traite chaque morceau selon sa nature. Le terme qu'un développement fait apparaître au second ordre est le piège classique des concours.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.