Adloun

La finitude, et elle seule

Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques MPSI, chapitre 18 — Dénombrement · A. Cardinaux et opérations

Énoncé

Soit un ensemble fini et une application.

a) Justifier que est injective si et seulement si elle est surjective, si et seulement si elle est bijective.

b) Montrer sur que l'hypothèse « fini » est indispensable, par deux contre-exemples : une application injective non surjective, et une application surjective non injective.

c) On suppose injective. Montrer qu'il existe un entier tel que , où désigne la composée à facteurs (on pourra considérer les itérées , , dans l'ensemble fini ). Que devient ce résultat pour sur ? En déduire que est une puissance de .

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. Une seule proposition du cours : si avec fini, alors , avec égalité si et seulement si . Et la propriété intuitive, admise par le programme, que l'image d'un ensemble fini par une application a au plus éléments — en choisissant un antécédent par élément de l'image, on injecte dans . Posons .

a) Les trois équivalences.

Injective implique surjective. Si est injective, elle induit une bijection de sur , donc . Comme et , le cas d'égalité donne : est surjective.

Surjective implique injective. Supposons surjective et, par l'absurde, non injective : il existe dans avec . Alors tout élément de est atteint sur — l'image l'est par —, donc , et . Or a éléments. Contradiction.

Les deux implications donnent l'équivalence entre injectivité et surjectivité, et chacune équivaut alors à la bijectivité, qui est leur conjonction.

Le point délicat : où sert la finitude ? Uniquement dans le cas d'égalité . Une partie stricte d'un ensemble infini peut être en bijection avec lui — c'est exactement ce que le b) va montrer sur . On notera l'analogie exacte avec la dimension finie du chapitre 12 : pour un endomorphisme d'un espace de dimension finie, injectif, surjectif et bijectif sont équivalents, par la même démonstration, les dimensions remplaçant les cardinaux.

b) Les deux contre-exemples sur . L'application est injective ( donne ) mais non surjective : n'a pas d'antécédent, puisque pour tout . L'application , c'est-à-dire et pour , est surjective (tout s'écrit ) mais non injective : . On remarquera que alors que : en infini, un inverse à gauche n'est pas un inverse.

c) Une puissance de est l'identité. Considérons les itérées Ce sont des éléments de , l'ensemble des applications de dans , qui est fini de cardinal . Les applications ne peuvent pas être deux à deux distinctes — c'est le principe des tiroirs : il existe tels que .

Simplifier. Par a), est bijective, donc aussi, comme composée de bijections. Écrivons et composons à droite par : L'entier convient : .

Sur . Pour , on a pour tout : aucune puissance n'est l'identité. L'argument s'effondre dès la première ligne, l'ensemble n'étant pas fini : les itérées sont toutes distinctes.

L'inverse. De avec : , donc — l'identité si , auquel cas . Une injection d'un ensemble fini dans lui-même est une permutation, et son inverse s'obtient en itérant.

Ce que l'exercice installe. Le réflexe « en cardinal fini, une seule des deux propriétés suffit » : pour prouver qu'une application entre ensembles de même cardinal est bijective, un comptage et l'injectivité suffisent. Et la finitude force une période : deux itérées coïncident, donc une puissance est l'identité — c'est le germe de la notion d'ordre d'un élément, qu'on retrouvera en seconde année, et de l'ordre d'une permutation.

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