Une exponentielle complexe posée en inconnue
Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques MPSI, chapitre 3 — Nombres complexes · G. Exponentielle complexe
Énoncé
a) Résoudre dans l'équation .
b) Plus généralement, pour , résoudre .
c) Pour quelles valeurs de les deux familles de solutions du b) se confondent-elles ? Décrire géométriquement l'ensemble des solutions.
Corrigé
La stratégie : poser . L'équation devient algébrique en — du second degré — et il reste à résoudre pour chaque racine , ce que le cours fait par module et argument. Ce qu'on a le droit d'utiliser : (exponentielle d'une somme), , et le théorème : si et seulement si .
a) L'équation particulière. Posons ; alors et l'équation s'écrit , de discriminant , de racines , c'est-à-dire et . Il reste deux équations, et . Par le théorème de périodicité, et de même . L'ensemble des solutions est une infinité de points, tous sur l'axe imaginaire, régulièrement espacés de dans chaque famille.
Pourquoi on ne perd rien. Le passage de à n'est pas une bijection — une infinité de donnent le même — mais c'est une équivalence : est solution si et seulement si est racine du trinôme. On n'a donc ni perdu ni ajouté de solution ; on a seulement regroupé les par la valeur de .
b) Le cas général. Avec : , de discriminant réduit . Les racines sont (On peut aussi le voir directement : somme , produit — le trinôme est .) Les deux racines sont de module , et équivaut à , : Le a) est le cas . En écrivant , on lit directement : impose , et .
c) Le cas double, et la géométrie. Les deux familles et coïncident si et seulement si , c'est-à-dire , c'est-à-dire — exactement les cas où le discriminant s'annule et où . Pour , l'équation est , de solutions ; pour , c'est , de solutions .
Géométriquement. Les solutions sont les points de l'axe imaginaire d'ordonnées : deux réseaux de points régulièrement espacés de sur l'axe imaginaire, symétriques l'un de l'autre par rapport à l'origine, et qui se superposent quand . L'exponentielle complexe enroule cet axe sur le cercle unité : chaque tour de revient au même point , et c'est cet enroulement qui produit l'infinité des solutions.
Le point délicat. L'équation n'a jamais une solution unique : elle en a une infinité dès que , et aucune si . Oublier le — écrire et s'arrêter — est l'erreur type ; le théorème de périodicité dit précisément que l'exponentielle complexe est injective modulo et pas davantage.
Ce que l'exercice installe. Devant une équation où apparaît à plusieurs puissances, le changement d'inconnue la rend algébrique ; on la résout, puis on revient à par module et argument, et le noyau donne l'infinité des solutions. On retrouvera ce geste pour les équations différentielles à coefficients complexes et pour la fonction logarithme complexe, en deuxième année.
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