Adloun

Les intégrales de Wallis

Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques MPSI, chapitre 4 — Calcul différentiel et intégral · E. Calcul de primitives et d'intégrales

Énoncé

Pour , on pose .

a) Montrer par intégration par parties que pour , et calculer .

b) Montrer que la suite est décroissante et strictement positive.

c) Montrer que ne dépend pas de , et en déduire .

d) Montrer que pour tout : et .

Corrigé

La stratégie : une intégration par parties qui fabrique une récurrence. On isole un facteur pour l'intégrer, on dérive , et l'identité ramène tout aux . Ce qu'on a le droit d'utiliser : la formule d'intégration par parties, la positivité et la croissance de l'intégrale, et une récurrence.

a) La relation de récurrence. Soit . Écrivons , et intégrons par parties avec , , donc et : Le terme tout intégré s'annule aux deux bornes, pour deux raisons différentes — et c'est là que sert l'hypothèse : en , c'est ; en , c'est , ce qui exige . Pour , ne s'annule pas en , le crochet vaudrait , et la relation serait fausse. Il reste, avec : d'où , c'est-à-dire

Les six premières valeurs. L'amorce se calcule à la main : et . Puis la récurrence déroule deux suites, paire et impaire, qui ne se mélangent jamais : , , , . Numériquement : ; ; ; ; ; — une suite qui décroît, ce que le b) va démontrer.

b) Monotonie et signe. Sur , , donc pour tout ; l'intégrale conserve les inégalités entre fonctions, donc : est décroissante. Elle est strictement positive, par la récurrence du a) : , , et si alors ; de proche en proche, tous les sont strictement positifs. (Le chapitre de l'intégration donnera l'argument direct : l'intégrale d'une fonction continue, positive et non identiquement nulle est strictement positive.)

c) Un invariant. Multiplions la relation par : Posons ; la relation s'écrit pour tout , c'est-à-dire pour tout : la suite est constante, égale à . Donc Contrôles. ; ; .

Le point délicat. La récurrence relie à , pas à : les termes pairs et impairs vivent séparément, les uns multiples rationnels de , les autres rationnels. C'est le produit de deux termes consécutifs — un pair, un impair — qui les relie, et il est remarquablement simple.

d) Les formules closes. Termes pairs. Par récurrence sur . Pour : . Si la formule vaut au rang , alors, par le a) avec , Or , en simplifiant ; et . C'est bien la formule au rang .

Termes impairs. Pour : . Si la formule vaut au rang , alors avec , et , et . C'est la formule au rang . Contrôles : donne et .

Ce que l'exercice installe. Deux choses. D'abord le procédé : une intégrale dépendant d'un entier se traite en fabriquant, par intégration par parties, une relation entre et ou — c'est le seul outil disponible avant les développements limités, et il reviendra pour , pour , et pour la formule de Taylor avec reste intégral. Ensuite le fait remarquable : les sont des multiples rationnels de , les des rationnels, et la décroissance jointe à encadre par des rationnels : c'est le produit de Wallis, , première formule de l'histoire donnant par une suite de rationnels — la limite sera l'affaire du chapitre des suites.

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