Un arcsinus qui change de formule
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques MPSI, chapitre 4 — Calcul différentiel et intégral · D. Fonctions circulaires réciproques et hyperboliques
Énoncé
Soit .
a) Montrer que est définie sur , et préciser les pour lesquels .
b) Calculer pour .
c) Montrer que si et si . Que vaut pour ?
d) Expliquer l'origine du raccord en : y est-elle dérivable ?
Corrigé
La stratégie : « dériver, comparer, recoller ». Pour identifier une composée de fonctions circulaires réciproques, on montre que sa dérivée coïncide avec celle d'une expression simple sur chaque intervalle, on en déduit l'égalité à une constante près sur cet intervalle, et l'on fixe la constante par une valeur. Ce qu'on a le droit d'utiliser : est définie sur , dérivable sur de dérivée ; ; et deux fonctions dérivables de même dérivée sur un intervalle diffèrent d'une constante.
a) Le domaine. Pour tout réel , donne , donc , avec égalité si et seulement si : l'argument atteint en et en , et reste strictement entre et ailleurs. Donc est définie sur . Remarquons aussi que est impaire : est impaire et aussi.
b) La dérivée. Posons . Alors d'où — avec une valeur absolue, car la racine carrée d'un carré est une valeur absolue. Pour , , où est dérivable ; par dérivation d'une composée, Le dernier facteur est le signe de :
c) Les formules, intervalle par intervalle. Sur . On a sur cet intervalle, donc y est constante. En : , donc la constante est nulle et sur . Aux bornes, on vérifie directement : , et de même en par imparité. Donc
Sur . Ici , donc est constante sur cet intervalle. Fixons la constante en : , donc , et ; la constante vaut . En , directement, . Donc (On peut aussi fixer la constante par la limite en : donc , et ; on retrouve .)
Pour . Par imparité, .
Contrôles. : , , et . : encore, , et .
d) Le raccord : un point anguleux. Les deux formules donnent en la même valeur : est continue en . Mais leurs dérivées valent à gauche et à droite : les taux d'accroissement de à gauche et à droite de ont des limites différentes, n'est pas dérivable en — sa courbe y présente un point anguleux, de même en par imparité.
L'origine. En , l'argument atteint la valeur , le bord du domaine où est dérivable (sa tangente y est verticale), et simultanément passe par son maximum et redescend. La composée « rebrousse » : elle monte jusqu'à , valeur maximale de , et redescend. Le signal, dans le calcul, était la valeur absolue apparue dans : une valeur absolue dans une dérivée annonce toujours un découpage du domaine.
Une lecture qui éclaire tout. On remarque que pour , donc : la courbe est invariante par l'échange , qui échange et . Les deux formules se correspondent alors par l'identité pour — qu'on démontre par la même méthode : la dérivée de vaut sur l'intervalle , et la valeur en est . Ainsi , et l'on retrouve la formule sur à partir de celle sur .
Ce que l'exercice installe. Une composée ou n'a pas une formule unique sur : deux fonctions de même dérivée ne diffèrent d'une constante que sur un intervalle, et la constante change d'un intervalle à l'autre. Les points de recollement sont exactement ceux où l'argument atteint le bord . C'est le premier exemple d'une règle générale : l'hypothèse « intervalle » du théorème de la dérivée nulle n'est pas décorative.
Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre
Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.