Adloun

La moyenne arithmético-géométrique

Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques MPSI, chapitre 5 — Nombres réels et suites numériques · C. Suites monotones et suites adjacentes

Énoncé

Soient . On définit, pour tout ,

a) Montrer que pour tout : (on utilisera l'inégalité entre moyennes géométrique et arithmétique).

b) Montrer que , et conclure que les deux suites sont adjacentes. Leur limite commune est la moyenne arithmético-géométrique de et , notée .

c) En déduire . Combien d'itérations garantissent à près ? Montrer ensuite que : la convergence est en réalité quadratique.

Corrigé

La stratégie. Trois choses à établir pour des suites adjacentes — une croissante, une décroissante, un écart qui tend vers — et une seule identité fait tout le travail : pour , C'est l'inégalité des moyennes, avec la taille exacte de l'écart ; on la gardera sous la main.

a) La chaîne des inégalités. Montrons d'abord, par récurrence, que pour tout . C'est vrai au rang par hypothèse. Si , alors (produit de réels strictement positifs), et l'identité ci-dessus appliquée à et donne . Les deux suites sont donc bien définies (les racines portent sur des réels positifs), strictement positives, et à tout rang.

Les trois inégalités s'enchaînent maintenant :

Donc est croissante et est décroissante.

Le point délicat. L'inégalité utilise : il faut donc l'avoir établie avant, par la récurrence, et non l'invoquer au rang courant comme si elle allait de soi. Écrire la chaîne de gauche à droite sans cette récurrence préalable, c'est utiliser au rang ce qu'on est en train de prouver.

b) L'écart est au moins divisé par deux. L'identité de départ, appliquée à et , dit exactement tandis que Comme (car ), on obtient, en multipliant par le facteur positif : Par récurrence immédiate, , et le membre de droite tend vers (suite géométrique de raison ) : par encadrement, .

Conclusion. croissante, décroissante, : les deux suites sont adjacentes. Elles convergent vers une même limite , et le théorème des suites adjacentes donne l'encadrement à tout rang.

c) La précision, à chaque rang. De on tire . Pour : , et l'on veut , soit . Comme , vingt itérations garantissent la précision — et chacune ne coûte qu'une racine carrée et une moyenne.

La convergence réelle est bien meilleure. Reprenons l'identité exacte et écrivons : Or et , donc et . D'où L'écart au rang est majoré par le carré de l'écart au rang : la convergence est quadratique, le nombre de décimales exactes double à chaque étape. Numériquement, pour : , , écart ; , , écart ; , , écart ; au rang les deux valeurs coïncident sur seize décimales, et . Trois itérations suffisent là où la majoration en en réclamait vingt : la majoration était correcte, mais très pessimiste.

Ce que l'exercice installe. Le schéma « deux suites qui se rapprochent en s'encadrant » est le modèle de tous les algorithmes de calcul par encadrement : à chaque rang on connaît la limite avec la précision , ce qu'une simple suite convergente ne donne jamais. C'est le programme lui-même qui distingue l'aspect qualitatif (les suites convergent) de l'aspect quantitatif (à quelle vitesse), et cet exercice montre que la seconde question a plusieurs réponses selon la finesse de l'inégalité qu'on écrit. Gauss a bâti sur cette moyenne arithmético-géométrique un calcul de dont la convergence quadratique n'est pas un accident.

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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.