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Problème — Le théorème de Wilson, et quand est un carré modulo

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques MPSI, chapitre 7 — Arithmétique dans l'ensemble des entiers relatifs · F. Problèmes et applications

Énoncé

Soit un nombre premier impair.

1) Montrer que pour tout , il existe un unique tel que .

2) Montrer que si et seulement si .

3) En regroupant les éléments de par paires , montrer que . Vérifier pour et .

4) Réciproque. Soit un entier non premier. Montrer que si (distinguer avec , et ), et calculer modulo . Conclure : pour , est premier si et seulement si .

5) On suppose et l'on pose . En écrivant et en utilisant , montrer que : est un carré modulo . Exemple : .

6) On suppose . Montrer, par le petit théorème de Fermat, qu'aucun entier ne vérifie . En déduire que tout diviseur premier impair d'un entier de la forme est congru à modulo , puis, en imitant Euclide avec , qu'il existe une infinité de nombres premiers congrus à modulo .

Corrigé

1) Chaque reste non nul a un inverse. Soit . Comme est premier et ne divise pas (car ), on a . Par le théorème du cours sur l'inversibilité modulo , il existe tel que , et cet inverse est unique modulo . Soit le reste de dans la division par : et . Enfin , sinon imposerait . Donc , et il est unique dans cet ensemble : deux éléments de congrus modulo sont égaux. Chaque a un unique inverse dans , et l'on remarque que : l'application est une involution de .

2) Les éléments qui sont leur propre inverse. si et seulement si , si et seulement si . Comme est premier, s'il divise le produit , il divise l'un des facteurs : en effet, si , alors et le lemme de Gauss donne . Donc si et seulement si ou , c'est-à-dire, dans , si et seulement si ou .

Le point délicat. C'est la primalité de qui donne « un produit nul modulo a un facteur nul modulo ». Modulo , par exemple, et : il y a quatre éléments qui sont leur propre inverse, et le théorème qui suit tombe.

3) Le théorème de Wilson. L'ensemble a éléments, nombre pair puisque est impair (il est vide pour ). Par le 1) et le 2), l'involution envoie dans (si , alors , sinon , et , sinon ) et n'y a aucun point fixe. Elle partage donc en paires disjointes, chacune de produit . Le produit de tous les éléments de est donc congru à , et Pour tout premier impair , — et c'est vrai aussi pour : . Vérification : pour , les paires sont et (, ), et . Pour : , , , , et .

4) La réciproque. Soit non premier : avec .

Si . Alors et sont deux facteurs distincts du produit , puisque : divise , et .

Si , c'est-à-dire . Si , alors et sont deux entiers distincts, tous deux inférieurs à (car équivaut à , vrai pour ) : ils sont deux facteurs distincts de , donc divise , et a fortiori le divise : . Reste , : , qui n'est ni ni .

Conclusion. Pour : si est premier, par le 3) ; si est composé, est congru à (pour ) ou à (pour ) modulo , jamais à (car exigerait ). Un entier est premier si et seulement si : c'est le théorème de Wilson, et il caractérise les nombres premiers — un test de primalité exact, mais inutilisable en pratique, car est bien trop gros.

5) est un carré quand . Écrivons ; alors est pair. Les entiers de à se répartissent en les paires pour (chaque entier de apparaît dans exactement une paire, puisque équivaut à ). Donc Or , et par compatibilité des congruences avec les produits, Avec le théorème de Wilson, : est un carré modulo . Exemple : , , et .

6) Et jamais quand . Écrivons , de sorte que est impair. Supposons qu'un entier vérifie . Alors (sinon , et imposerait ). Par le petit théorème de Fermat, . Mais Donc , soit , impossible pour impair. Aucun entier n'a pour carré modulo un premier .

Les diviseurs premiers de . Soit un diviseur premier impair de . Alors : est un carré modulo , donc, par ce qui précède, . Un premier impair est congru à ou à modulo : .

L'infinité, à la manière d'Euclide. Supposons qu'il n'y ait qu'un nombre fini de nombres premiers congrus à modulo , notés , et posons . L'entier est impair (carré d'un pair, plus ) et vaut au moins : il admet un diviseur premier , nécessairement impair. Par ce qui précède, , donc est l'un des . Mais alors divise et divise , donc divise leur différence : absurde. Il existe une infinité de nombres premiers congrus à modulo .

Les théorèmes obtenus.

Théorème de Wilson (1770, démontré par Lagrange en 1771). Un entier est premier si et seulement si .

Corollaire. Pour premier impair, est un carré modulo si et seulement si ; et il existe une infinité de nombres premiers congrus à modulo .

Ce que le problème installe. Modulo un nombre premier, on peut diviser — chaque reste non nul a un inverse — et c'est cette propriété, combinée au lemme de Gauss, qui rend possible l'appariement de Wilson. Le corollaire montre la méthode reine pour décider si une équation modulo a des solutions : élever à la puissance et comparer à Fermat. Et l'argument d'Euclide, adapté à une classe de congruence, est le premier pas vers un théorème de deuxième année et au-delà : il existe une infinité de nombres premiers dans toute classe modulo dès que (Dirichlet) — hors programme, mais le cas modulo vient d'être établi avec les seuls outils du chapitre.

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