Adloun

Les sous-groupes de et de : , puis « ou dense »

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques MPSI, chapitre 8 — Structures algébriques usuelles · B. Groupes et sous-groupes

Énoncé

a) Montrer que les sous-groupes de sont exactement les , pour .

b) Soit un sous-groupe de , avec . Justifier que est non vide et minoré ; on pose .

c) On suppose . Montrer que , puis que .

d) On suppose . Montrer que est dense dans : tout intervalle ouvert non vide contient un élément de .

e) Applications. Montrer que est un sous-groupe dense de . En admettant que est irrationnel, montrer que est dense dans .

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. La caractérisation des sous-groupes ( non vide et stable par ), la division euclidienne dans (chapitre 7), la partie entière, la borne inférieure d'une partie de non vide et minorée avec sa caractérisation par (chapitre 5), l'irrationalité de , la continuité de et la caractérisation séquentielle de la continuité (chapitre 6). La stratégie : dans , le plus petit élément strictement positif engendre tout ; dans , il n'y a pas toujours de plus petit élément, et c'est la borne inférieure qui tranche entre deux mondes.

a) Les sous-groupes de . Chaque est un sous-groupe : il contient , et pour , la différence est dans . Réciproquement, soit un sous-groupe de . Si , alors . Sinon contient un élément , et aussi (stabilité par opposé) : est une partie non vide de , elle a un plus petit élément, notons-le . D'une part : , donc sont dans par stabilité, et leurs opposés aussi. D'autre part, soit ; la division euclidienne de par s'écrit avec . Or est la différence de deux éléments de , donc . Si était strictement positif, ce serait un élément de strictement plus petit que , contredisant la minimalité de . Donc et . Ainsi .

b) La borne inférieure existe. Comme , il existe avec ; comme aussi, l'un des deux est strictement positif : est non vide. Il est minoré par . Par la propriété de la borne inférieure, existe, et puisque est un minorant.

c) Le cas : une règle graduée.

appartient à . Raisonnons par l'absurde et supposons . Par la caractérisation de la borne inférieure avec , il existe tel que ; comme , en fait . Appliquons de nouveau la caractérisation, avec : il existe tel que , et encore puisque . Alors (stabilité par différence) et : voilà un élément de strictement inférieur à la borne inférieure . Contradiction. Donc .

. Comme , tous les multiples , , sont dans : . Réciproquement, soit . Posons et ; alors par définition de la partie entière, et comme différence de et de , deux éléments de . Si , alors avec : impossible. Donc et . Ainsi : c'est le a), où la division euclidienne par remplace la division euclidienne par .

d) Le cas : la densité. Soient deux réels. Comme et que , la caractérisation de la borne inférieure avec donne un tel que . Posons , entier tel que ; en multipliant par : Donc , et puisque . Tout intervalle ouvert non vide rencontre : est dense dans .

Bilan. Un sous-groupe de est ou bien , ou bien de la forme avec (on dit qu'il est discret : ses éléments sont isolés, espacés de ), ou bien dense dans . Il n'y a pas de troisième forme.

Le point délicat. Dans le c), l'existence de et de demande deux applications successives de la caractérisation de la borne inférieure, et chaque fois l'hypothèse sert à passer de « inférieur ou égal » à « strictement inférieur ». C'est ce qui produit deux éléments distincts de dans , donc une différence dans . Dans , ce détour est inutile : une partie non vide de a un plus petit élément. Dans , une partie minorée n'a pas toujours de plus petit élément, et c'est exactement pour cela que le cas existe.

e) Deux applications.

est dense. C'est un sous-groupe de : il contient , et y reste. Il n'est pas réduit à . S'il était de la forme avec , alors et seraient des multiples entiers de : et avec non nuls, d'où , ce qui contredit l'irrationalité de . Par le bilan, est dense dans : aussi près qu'on veut de n'importe quel réel, il y a un nombre de la forme .

est dense dans . Même raisonnement pour : sous-groupe non nul, et s'il valait , on aurait et , donc rationnel, contre l'hypothèse admise. Donc est dense. Soit maintenant ; écrivons avec . Pour chaque entier , la densité fournit un élément de dans , avec . La suite converge vers . Par continuité de et caractérisation séquentielle, ; or par -périodicité, et par parité, avec . Ainsi est limite d'une suite d'éléments de : cet ensemble est dense dans . Les valeurs finissent par s'approcher de tout réel de — sans jamais repasser deux fois par la même, d'ailleurs, puisque avec dans forcerait ou , donc rationnel.

Ce que l'exercice installe. La description des sous-groupes de par la division euclidienne est le modèle de toute description d'idéaux : on la refera mot pour mot au chapitre 10 pour les multiples d'un polynôme. Et l'alternative « discret ou dense » de est un premier théorème de structure où l'analyse (la borne inférieure) décide d'une question d'algèbre ; la densité de en est l'illustration la plus frappante, et l'on retrouvera en deuxième année la même dichotomie pour les sous-groupes du cercle.

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