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Le paradoxe de Saint-Pétersbourg (Nicolas Bernoulli, 1713)

Exercice supplémentaire · niveau 3 (difficile) · mathématiques (première), chapitre 11 — Variables aléatoires réelles · Prolongements

Énoncé

Le paradoxe de Saint-Pétersbourg (Nicolas Bernoulli, 1713). On lance une pièce équilibrée jusqu'au premier « pile » ; s'il survient au <sup>e</sup> lancer, on gagne euros.

Corrigé

1. Probabilité du premier « pile » au <sup>e</sup> lancer. Il faut « face » puis un « pile », et les lancers sont indépendants :

Contrôle : — le « pile » finit par arriver, avec la probabilité .

2. Contribution de chaque valeur. Le gain associé à vaut euros, donc sa contribution à l'espérance est

et cela pour toute valeur de . La somme des premières contributions vaut donc .

3. L'« espérance ». Comme tend vers , la somme des contributions ne s'approche d'aucun nombre : elle croît sans limite. L'espérance de ce jeu est infinie — plus rigoureusement, elle n'existe pas. Le critère de l'espérance conseillerait donc d'accepter n'importe quelle mise, si élevée soit-elle.

Et pourtant, personne ne mise gros. Les raisons sont solides.

La leçon mathématique : l'espérance résume une loi par un seul nombre, et ce résumé peut être trompeur — il l'était déjà, plus modestement, dans l'exercice comparant deux jeux de même espérance et d'écarts types très différents.

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