mécanique 2 : référentiels non galiléens et fluides (PC) · Chapitre 2 · Exercice de TD
Marcher sur un manège : ce que doivent fournir les pieds
Dynamique dans un référentiel non galiléen · B. Cas d'un référentiel en rotation uniforme · niveau 2
Énoncé
Le plancher horizontal d'un carrousel tourne à vitesse angulaire constante autour d'un axe vertical fixe, à raison d'un tour en . Le référentiel du sol est galiléen ; est celui du carrousel, de base , vertical ascendant orienté de sorte que avec . Un passager de masse , assimilé à un point pour le calcul des forces, marche sur le plancher à de l'axe, à la vitesse par rapport au plancher. On note la composante horizontale de la force que le plancher exerce sur ses pieds ; on admet que, pour ne pas tomber, il se penche du côté de , d'un angle tel que .
1) Faire l'inventaire des forces dans et montrer que . Calculer .
2) (a) Marche radiale. Le passager marche en ligne droite vers l'extérieur, à vitesse constante, le long d'un rayon. Calculer, quand il passe à , la force centrifuge, la force de Coriolis, puis (norme et direction) et l'angle . Qu'est-ce qui change s'il marche vers l'axe ?
3) (b) Marche orthoradiale dans le sens de rotation. Il marche à constant, à la vitesse relative, dans le sens de rotation. Que vaut ? Montrer que le plancher doit fournir une force dirigée vers l'axe, de norme , et calculer sa valeur. Retrouver ce résultat dans .
4) (c) Marche orthoradiale à contre-sens. Même question ; montrer que .
5) Cas limite. À contre-sens, à quelle vitesse le plancher n'a-t-il plus aucune force horizontale à fournir ? Décrire alors le mouvement du passager dans et dans , et vérifier le principe fondamental dans : comparer la force de Coriolis et la force centrifuge.
Corrigé
La stratégie. On écrit le principe fondamental dans avec les deux forces d'inertie. Le mouvement relatif est imposé, donc est connue ; la seule inconnue est la force du plancher. Le contrôle se fait dans , par la composition des vitesses.
1) L'inventaire. Forces réelles : le poids , la composante verticale de l'action du plancher et sa composante horizontale . Forces d'inertie : , axifuge, et . Le mouvement est horizontal : (la force de Coriolis est horizontale, car est vertical) et, sur le plan horizontal, Avec : et . Les deux forces d'inertie sont du même ordre : sur un manège, on ne peut pas oublier la force de Coriolis dès que l'on marche.
2) Marche radiale. Vitesse relative constante en ligne droite : . Avec et : Le plancher doit donc fournir dirigée vers l'axe et vers l'avant dans le sens de rotation ( de la direction de l'axe). Le passager se penche de de ce côté. Dans , la composante orthoradiale se comprend : en s'éloignant de l'axe, il doit acquérir une vitesse d'entraînement croissante, que le plancher lui donne. S'il marche vers l'axe, la force de Coriolis change de sens : .
3) Marche orthoradiale dans le sens de rotation. Le mouvement relatif est circulaire uniforme, de rayon et de vitesse : . Avec et , la force de Coriolis vaut : elle est axifuge, comme la force centrifuge. Donc soit . Dans : par la composition des vitesses, la vitesse absolue est , et le passager décrit un cercle de rayon à cette vitesse ; il lui faut la force centripète , que seul le plancher peut fournir. Les deux référentiels donnent la même force réelle : les forces d'inertie ne font que réécrire, dans , l'accélération absolue.
4) Marche à contre-sens. : la force de Coriolis change de sens, , dirigée vers l'axe. Toujours , d'où soit . Dans , la vitesse absolue n'est plus que : il faut quatorze fois moins de force qu'en marchant dans le sens de rotation.
5) Immobile dans le sol. s'annule pour : un pas soutenu, à contre-sens. Dans , la vitesse absolue est nulle : le passager est immobile dans le sol, et il n'a besoin d'aucune force horizontale, ce qui est cohérent. Dans , il décrit un cercle de rayon à la vitesse , dans le sens opposé à la rotation, avec l'accélération centripète , sans aucune force réelle horizontale. Le principe fondamental se vérifie avec les seules forces d'inertie : La force de Coriolis vaut le double de la force centrifuge, en sens opposé : leur somme est exactement la force centripète du mouvement circulaire relatif. C'est le cas de toute étoile vue d'un manège : elle tourne autour de l'axe sans qu'aucune force ne la retienne.
Ce que l'exercice installe. Dans un référentiel en rotation, la force de Coriolis n'est pas une correction : dès que la vitesse relative est de l'ordre de , elle est du même ordre que la force centrifuge, et son sens dépend du sens de la vitesse (orthoradiale si l'on marche radialement, radiale si l'on marche orthoradialement). La méthode : connue, force réelle inconnue ; le contrôle : la composition des vitesses dans redonne la même force réelle.
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