mécanique 2 : référentiels non galiléens et fluides (PC) · Chapitre 2 · Application directe du cours
Marée statique, ordre de grandeur
Dynamique dans un référentiel non galiléen · niveau 2
Énoncé
On étudie l'effet de la Lune dans le référentiel géocentrique, en translation par rapport à un référentiel galiléen dans lequel le centre de la Terre a l'accélération , champ gravitationnel de la Lune en . Données : ; Lune : , à ; Soleil : , à ; ; .
- Montrer qu'un point matériel de masse subit, outre la pesanteur terrestre, le « terme de marée » .
- Le calculer, au premier ordre en , aux points et de la surface situés sur l'axe Terre-Lune, du côté de la Lune et à l'opposé, puis aux points de la surface situés à de perpendiculairement à cet axe. Comparer à , et à l'effet du Soleil.
- La surface des océans, au repos, est orthogonale en chaque point au champ total. En déduire la forme de la surface et le nombre de marées hautes par jour.
- En intégrant le terme de marée le long de et de , estimer la différence de hauteur de la mer entre et .
Corrigé
- Dans le référentiel géocentrique, en translation, subit l'attraction de la Terre, celle de la Lune , et la force d'inertie d'entraînement , uniforme. Les deux dernières se regroupent en : seule compte la variation du champ lunaire entre et .
- Sur l'axe, à l'abscisse comptée de vers la Lune, le terme de marée par unité de masse vaut , dirigé vers la Lune en () et à l'opposé en () : il tire la mer vers l'extérieur des deux côtés, avec la norme , soit . En , à la distance de l'axe, le champ lunaire fait avec l'axe l'angle : le terme de marée vaut , dirigé vers , de norme . Pour le Soleil, les mêmes expressions donnent en et : l'effet du Soleil, bien que son attraction soit fois plus forte en , est fois plus faible que celui de la Lune, car il décroît en .
- Le champ total s'écarte de vers l'extérieur en et , vers l'intérieur en : la surface de la mer s'allonge en un ellipsoïde dont le grand axe pointe vers la Lune, avec deux bourrelets opposés. La Terre tournant sous eux en un jour lunaire (), un lieu voit deux marées hautes par jour, à d'intervalle.
- Le terme de marée dérive d'une énergie potentielle par unité de masse : le long de , donne ; le long de , donne (avec ). La surface de la mer est une surface où est constant, étant la hauteur au-dessus de la sphère de rayon ; d'où
et pour le Soleil. Les marées de vives-eaux (Lune et Soleil alignés) et de mortes-eaux en découlent (de l'ordre de et ). Les marnages réels, qui atteignent plus de dix mètres dans la baie du Mont-Saint-Michel, relèvent de la dynamique des océans (résonances des bassins), au-delà de cette étude statique.
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