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mécanique 2 : référentiels non galiléens et fluides (PC) · Chapitre 3 · Exercice de TD

La soufflerie : stationnaire pour qui ? Accélérée sans dépendre du temps

Description d'un fluide en mouvement · C. Dérivée particulaire et accélération · niveau 2

Énoncé

Une soufflerie de laboratoire sert à l'aérodynamique automobile. L'air y traverse une chambre de tranquillisation de section rectangulaire (aire ), équipée de nids d'abeilles et de grilles, puis un convergent de longueur , et entre dans la veine d'essais, de section (aire ), où il circule à (). La maquette repose sur un tapis roulant. L'aire de la section du convergent, à l'abscisse comptée depuis son entrée, vaut loi choisie pour que les parois soient tangentes à celles de la chambre et de la veine aux deux bouts. On adopte un modèle à une dimension : la vitesse est uniforme sur chaque section et dirigée selon l'axe, . L'air est traité comme un fluide de masse volumique constante (le nombre de Mach vaut dans la veine ; on justifie ce choix plus loin dans la séance). Au démarrage, le ventilateur fait passer la vitesse dans la veine de à en , régulièrement.

Donnée. Si un référentiel est en translation rectiligne uniforme à la vitesse par rapport à , la vitesse d'une particule par rapport aux deux référentiels vérifie .

1) Une voiture roule à sur une route rectiligne, dans l'air calme. Le champ des vitesses de l'air est-il stationnaire dans le référentiel de la route ? Dans celui de la voiture ? Lequel des deux la soufflerie reproduit-elle, et pourquoi le sol sous la maquette doit-il défiler à ?

2) Calculer le rapport de contraction , le débit volumique et la vitesse dans la chambre.

3) En régime établi, écrire l'accélération d'une particule de fluide qui passe à l'abscisse (modèle à une dimension) et montrer qu'elle s'écrit . En déduire sa valeur moyenne sur la longueur du convergent, en et en multiples de . Exprimer en fonction de , et ; calculer au milieu du convergent. On admet qu'elle est maximale en : la calculer en ce point.

4) Pendant le démarrage, comparer le terme local de l'accélération au terme convectif. Au-delà de quelle vitesse dans la veine l'écoulement peut-il être traité comme une suite d'états stationnaires ?

5) Les grilles et le ventilateur laissent dans la chambre des écarts de vitesse irréguliers d'une fraction de mètre par seconde. Pourquoi les place-t-on dans la chambre plutôt que dans la veine, et pourquoi une contraction améliore-t-elle la qualité de l'écoulement d'essai ? (Réponse qualitative, en supposant que garde le même ordre de grandeur dans le convergent.)

Corrigé

La stratégie. « Stationnaire » est une propriété du champ dans un référentiel donné : on choisit celui où rien ne dépend du temps. Dans ce référentiel, la conservation du débit donne ; une particule qui avance dans un champ qui varie d'un point à l'autre change de vitesse, même si rien ne change en un point fixe : c'est le terme convectif, qui s'écrit à une dimension.

1) Stationnaire dans quel référentiel ? Dans le référentiel de la route, un point fixe voit l'air au repos, puis brusquement chassé au passage de la voiture, puis le sillage qui s'apaise : la vitesse en ce point dépend du temps, le champ n'est pas stationnaire. Dans le référentiel de la voiture, en translation rectiligne uniforme, la composition des vitesses donne : loin devant, l'air arrive à , et le motif de l'écoulement autour de la carrosserie est le même à chaque instant ; le champ y est stationnaire (en moyenne : les tourbillons du sillage fluctuent). La soufflerie reproduit ce second point de vue : la maquette est fixe et l'air arrive sur elle à . Mais elle doit le reproduire en entier : dans le référentiel de la voiture, la route défile à , et l'air qui adhère à la route a cette vitesse. Sur un plancher fixe, l'air adhérerait à une paroi immobile, et une couche freinée, qui n'existe pas sur la route, s'épaissirait sous la maquette : le tapis roulant restitue la bonne condition d'adhérence.

2) Débit et vitesses. et : le rapport de contraction vaut . Dans le référentiel du laboratoire, l'écoulement établi est stationnaire, la masse volumique constante : le débit volumique est le même dans toutes les sections, et, dans le convergent, .

3) Une particule accélère dans un champ stationnaire. À une dimension, l'accélération d'une particule de fluide qui passe en à l'instant est En régime établi, le premier terme (local) est nul ; le second (convectif) ne l'est pas, parce que la particule passe d'une section large à une section étroite. Comme ne dépend que de , . Sa moyenne sur la longueur du convergent est donc Avec , et Au milieu () : , , , d'où . En () : , , , et L'accélération est très inégalement répartie : faible au début, où la section diminue lentement et où l'air est lent, elle culmine vers la fin, où une petite variation relative de section s'applique à un air déjà rapide. Rien de cela n'est visible en un point fixe, où la vitesse est constante.

4) Le démarrage est quasi stationnaire. La vitesse de la veine croît de en : le terme local y vaut (neuf fois moins dans la chambre). Le terme convectif, lui, est proportionnel au carré de la vitesse : quand la veine est à , sa moyenne sur le convergent vaut . À pleine vitesse, il est quatre cents fois plus grand que le terme local (et presque deux mille fois à son maximum) ; à , cent fois. Les deux termes ne sont comparables que si , soit , atteint en . Passé ces premières secondes, le champ à chaque instant est celui du régime établi à la vitesse du moment : l'écoulement est quasi stationnaire.

5) Pourquoi une contraction. Les grilles et nids d'abeilles freinent l'air : leur effet (et leur perte d'énergie) croît vite avec la vitesse, d'où leur place dans la chambre, où l'air est neuf fois plus lent. Si les écarts gardent dans le convergent l'ordre de grandeur qu'ils ont dans la chambre, leur importance relative passe de à , neuf fois plus petite : la contraction rend l'écoulement d'essai plus uniforme sans rien filtrer. (En réalité, les écarts de vitesse dans le sens de l'écoulement diminuent même en valeur absolue : l'effet est plus fort encore.)

Ce que l'exercice installe. « Stationnaire » est relatif à un référentiel : on choisit celui où le champ ne dépend pas du temps, et l'on y écrit les conditions d'adhérence aux parois mobiles. Une particule accélère dans un écoulement stationnaire (terme convectif), et à une dimension , ce qui donne la moyenne sans intégrer. On compare le terme local et le terme convectif par leurs ordres de grandeur pour justifier le régime quasi stationnaire.

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