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mécanique 2 : référentiels non galiléens et fluides (PC) · Chapitre 4 · Exercice de TD

L'écluse qui se vide, puis la clepsydre

Dynamique locale et bilans macroscopiques · C. La relation de Bernoulli · niveau 2

Énoncé

L'écluse. Une écluse au gabarit Freycinet a un sas de ; la chute, différence de niveau entre le sas plein et le bief aval, vaut . Pour faire descendre un bateau, on ouvre dans la porte aval deux vantelles de chacune, situées sous le niveau du bief aval. Le jet qui traverse une vantelle se contracte : dans la veine contractée, juste en aval, la section vaut , avec (coefficient de contraction, donné) et l'aire d'ouverture totale, et la vitesse y est uniforme. La pression dans la veine contractée est celle du bief aval au repos à la même profondeur (admis). Le niveau du bief aval ne varie pas. On note la différence entre le niveau du sas et celui du bief aval.

La clepsydre. Une horloge à eau est un récipient de révolution, d'axe vertical, percé au fond d'un orifice de diamètre ; on assimile la section du jet sortant à celle de l'orifice (pas de contraction). On veut que le niveau de l'eau, de hauteur au-dessus de l'orifice, baisse à vitesse constante de en .

1) Par la relation de Bernoulli entre la surface libre du sas et la veine contractée, établir que , quelle que soit la profondeur des vantelles. Calculer la vitesse et le débit à l'ouverture. Que devient l'énergie cinétique du jet ?

2) Calculer le rapport de la vitesse de descente de la surface du sas à la vitesse du jet ; en déduire que l'écoulement peut être traité, à chaque instant, comme stationnaire. Par un bilan de volume sur le sas, établir l'équation différentielle de , la résoudre, et calculer la durée de l'éclusée, le volume d'eau transféré, et la durée nécessaire pour réduire la chute de moitié.

3) Pour la clepsydre, montrer que le rayon du récipient doit varier comme ; calculer pour , et . Un simple cylindre de de rayon, percé du même orifice et rempli sur , se viderait en combien de temps ? À quelle hauteur serait le niveau à mi-temps ? Comment faudrait-il le graduer ?

4) Limites du modèle de la clepsydre : le régime quasi stationnaire au fond du récipient ; le nombre de Reynolds de l'écoulement dans l'orifice, et ce qu'il dit du rôle de la viscosité (qualitativement).

Corrigé

La stratégie. À chaque instant, la relation de Bernoulli donne la vitesse du jet en fonction de la chute du moment ; un bilan de volume dit comment la chute diminue. Les deux ensemble donnent une équation différentielle à variables séparables.

1) La vitesse du jet. Point A à la surface libre du sas : pression , vitesse négligeable (on le vérifie en 2), altitude . Point B dans la veine contractée, à la profondeur sous le niveau du bief aval : pression (admis), altitude , vitesse . La relation de Bernoulli s'écrit La profondeur s'élimine : seule compte la différence des niveaux. À l'ouverture, , et le débit vaut . Dans le bief aval, ce jet ralentit en tourbillonnant (les remous visibles au pied de la porte) : son énergie cinétique est dissipée par la viscosité et devient de l'énergie interne de l'eau. Le modèle parfait ne vaut que du sas à la veine contractée.

2) Le régime quasi stationnaire, puis la vidange. La surface du sas, d'aire , descend à la vitesse ; son rapport à la vitesse du jet est La surface descend d'à peine un centimètre par seconde quand le jet file à : la vitesse de la surface est bien négligeable, et la chute change de façon notable en quelques minutes, alors qu'une particule d'eau traverse la vantelle en une fraction de seconde. L'écoulement à l'instant est donc, à très peu près, l'écoulement stationnaire qui correspond à la chute : on applique la relation de Bernoulli à chaque instant (régime quasi stationnaire).

Bilan de volume du sas entre et : son niveau baisse de (le bief aval ne bouge pas) pendant que le volume s'échappe, En séparant les variables, , puis en intégrant depuis , L'éclusée dure et transfère ; contrôle : le débit décroît linéairement de à zéro, sa moyenne pendant donne bien . La chute est réduite de moitié quand , soit : la première moitié de la chute prend du temps, la fin traîne. C'est pourquoi l'éclusier ouvre la porte dès que les niveaux sont presque égaux.

3) La clepsydre. Même méthode, avec un récipient de section variable : le bilan de volume s'écrit , avec . On impose , avec : Le jet ralentit quand le niveau baisse ; pour que le niveau baisse quand même à vitesse constante, la surface doit rétrécir comme . Numériquement, à , à , à : un vase très évasé en haut, dont les graduations, une toutes les deux heures tous les , sont régulières.

Pour le cylindre de rayon , le calcul de l'écluse donne avec À mi-temps, : les trois quarts de l'eau sont partis. Les graduations horaires seraient à , , , , , : serrées vers le fond, irrégulières. Les clepsydres égyptiennes avaient des parois évasées vers le haut pour la même raison.

Profil de la clepsydre (traits : une graduation toutes les deux heures) et cylindre de (traits : une graduation par heure).

4) Les limites. Au fond de la clepsydre, à , : le régime quasi stationnaire reste excellent (il ne cesserait que si le rayon du vase devenait comparable à celui de l'orifice, tout au fond). La vitesse du jet va de à , et le nombre de Reynolds de à : dans un orifice millimétrique, l'écoulement est laminaire et la viscosité n'y est pas négligeable. Le débit réel est inférieur au débit parfait, d'une fraction qui dépend de et de la température (la viscosité de l'eau varie de moitié entre et ) : une vraie clepsydre se gradue par l'expérience, et ne marche pas au même rythme en hiver et en été.

Ce que l'exercice installe. Une vidange se traite comme une suite d'états stationnaires quand la surface libre descend lentement devant le jet (), et on le vérifie en chiffrant le rapport des sections. La relation de Bernoulli donne la vitesse du jet (, indépendante de la profondeur d'un orifice noyé), le bilan de volume la vitesse de baisse du niveau : ensemble, une équation à variables séparables, une chute en et une fin lente. Renverser le problème donne une forme : la clepsydre en . Le modèle parfait cède là où la vitesse et la taille deviennent petites (nombre de Reynolds).

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