Adloun

mécanique 2 : référentiels non galiléens et fluides (PC) · Chapitre 4 · Exercice de TD

Le turboréacteur au banc d'essai, puis en vol

Dynamique locale et bilans macroscopiques · E. Bilans macroscopiques · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Un turboréacteur simple flux est essayé au point fixe dans une cellule d'essai : il est suspendu à un bâti par l'intermédiaire d'un capteur qui mesure la force horizontale qu'il exerce, la poussée, . Il avale d'air, pris dans l'air calme de la cellule, à la pression . Le carburant (kérosène, d'énergie de combustion ), , soit du débit d'air, arrive par une conduite à vitesse négligeable ; il ajoute de la masse au débit qui sort sans apporter de quantité de mouvement, et sa conduite n'exerce pas d'effort notable. La tuyère est adaptée : la pression dans sa section de sortie est la pression ambiante. Les gaz y sont éjectés à la vitesse , uniforme et horizontale, par rapport au moteur.

En vol, l'avion se déplace en ligne droite, horizontalement, à la vitesse constante par rapport au sol ; l'air y est calme. Le moteur avale le même débit d'air (donnée) et éjecte les gaz à par rapport à lui, tuyère adaptée. Rappel : si un référentiel est en translation rectiligne uniforme à la vitesse par rapport à un référentiel galiléen , il est lui aussi galiléen, et .

1) Au banc. On prend pour volume de contrôle l'intérieur d'une surface fermée qui entoure le moteur, assez loin en amont et sur les côtés pour que l'air la traverse à vitesse négligeable et à la pression , et qui coupe le jet dans la section de sortie de la tuyère (figure ; le moteur est à l'intérieur). Construire le système fermé associé et faire l'inventaire des forces extérieures ; établir , puis calculer , avec et sans le carburant. Pourquoi ne pas couper l'écoulement à l'entrée d'air du moteur ? Dans la suite, on néglige le débit de carburant devant celui de l'air.

2) Calculer la puissance cinétique emportée par le jet au banc et la comparer à la puissance de la combustion. La poussée ne travaille pas : que devient cette puissance ?

3) En vol. Dans le référentiel du moteur, justifier que l'écoulement est stationnaire et le référentiel galiléen ; établir la poussée et la calculer. Calculer la puissance propulsive (puissance de la poussée dans le référentiel du sol), puis la puissance dont croît l'énergie cinétique du système fermé associé, dans le référentiel du moteur : c'est la puissance que le moteur communique à l'air sous forme d'énergie cinétique. En déduire le rendement propulsif et l'interpréter dans le référentiel du sol.

4) Un moteur à double flux à flux mélangés (une seule tuyère) produit la même poussée à la même vitesse de vol en avalant d'air. Calculer sa vitesse d'éjection, son rendement propulsif et . Pourquoi les avions de ligne ont-ils de grosses soufflantes ? Que se passe-t-il si ?

Corrigé

La stratégie. Placer la frontière là où vitesse et pression sont connues : loin en amont, l'air est au repos à ; dans la section de sortie, la tuyère adaptée impose . Entre les deux, le moteur fait ce qu'il veut, le bilan n'a pas à le savoir.

1) La poussée au banc. On oriente vers l'avant du moteur ; le jet sort à . Système fermé associé : à , le moteur, le gaz contenu dans le volume de contrôle, la masse d'air qui va en franchir la frontière et la masse de carburant qui va entrer par la conduite ; à , le moteur, le contenu, et la masse éjectée par la section de sortie. Les masses qui entrent ont une vitesse négligeable ; le moteur est immobile ; le contenu ne change pas en régime stationnaire : Forces extérieures : la pression sur toute la frontière (air calme, et sortie adaptée), de résultante nulle ; le poids et la réaction verticale du bâti ; l'action horizontale du capteur sur le moteur. D'où : le bâti retient le moteur vers l'arrière, et le moteur pousse le bâti vers l'avant avec et si l'on néglige le carburant : d'écart. Couper l'écoulement à l'entrée d'air du moteur demanderait d'y connaître la vitesse (l'air y est déjà accéléré) et la pression (inférieure à , et inconnue) : il faudrait compter une quantité de mouvement entrante et une force de pression qu'on ignore. Loin en amont, les deux sont connues : c'est le choix de la frontière qui rend le bilan possible.

2) Le jet au banc. Le jet emporte la puissance cinétique . La combustion libère : un cinquième devient énergie cinétique du jet, le reste chauffe les gaz éjectés. Au banc, rien ne bouge : la poussée ne travaille pas. Les du jet sont perdus : le jet se mélange à l'air de la cellule, ralentit, et son énergie cinétique devient de l'énergie interne par la turbulence et la viscosité. Au banc, toute la puissance sert à produire une force, aucune à déplacer quoi que ce soit.

3) En vol. Le moteur est en translation rectiligne uniforme par rapport au sol, galiléen : son référentiel est galiléen, et l'écoulement y est stationnaire (la même configuration se reproduit à chaque instant). L'air calme arrive donc, loin en amont, à la vitesse par rapport au moteur, à la pression . Le même système fermé que plus haut, carburant négligé, donne La poussée a baissé : l'air entre avec une quantité de mouvement qu'il faut d'abord retourner. Dans le référentiel du sol, le moteur avance à et la poussée fournit la puissance propulsive . Dans le référentiel du moteur, l'énergie cinétique du système fermé croît de Le rendement propulsif vaut Dans le référentiel du sol, l'air était au repos ; après le passage du moteur, il recule à : le sillage emporte chaque seconde l'énergie cinétique . On vérifie : la moitié de la puissance communiquée à l'air sert à pousser l'avion, l'autre moitié agite l'air derrière lui.

4) Le double flux. Même poussée avec cinq fois plus d'air : , , , et au lieu de : pour la même poussée, de puissance en moins à fournir à l'air, donc d'autant moins de carburant. Une poussée donnée coûte d'autant moins d'énergie qu'on accélère beaucoup d'air un peu : d'où les soufflantes de grand diamètre des avions de ligne, et à l'extrême les hélices. Si , , mais la poussée tend vers zéro à débit fini : il faudrait un débit infini, donc une soufflante démesurée, lourde et freinée par sa nacelle. Le compromis fixe la taille des moteurs.

Ce que l'exercice installe. Le choix du volume de contrôle : assez grand pour que l'air y entre au repos, à une pression connue. Un changement de référentiel galiléen rend l'écoulement stationnaire. Et la distinction entre poussée et puissance : au banc, pour ne rien déplacer ; en vol, le rendement propulsif , qui récompense les grands débits éjectés lentement.

100 % gratuit

La suite du chapitre est sur Adloun

Exercice suivant et tuteur

Sans compte : le cours, le premier QCM et 2 minutes de podcast et de vidéo. Exercices et tuteur : inscription gratuite en 30 secondes, sans carte bancaire.

Le cours du chapitre · Tous les exercices du chapitre

Exercice suivant et tuteur →