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mécanique (MPI) · Chapitre 1 · Exercice de TD

Le paradoxe de la pièce et le train épicycloïdal

Changements de référentiel · C. Composition des vitesses · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Tous les mouvements sont plans et tous les vecteurs rotation portés par la verticale .

1) Le paradoxe de la pièce. Une pièce de rayon et de centre roule sans glisser autour d'une pièce fixe de rayon et de centre ; la droite tourne à constant. est le référentiel de la droite des centres (origine , axe porté par ). a) Mouvement de par rapport au sol ; mouvement de la pièce mobile dans , à la vitesse angulaire . b) Le non-glissement impose une vitesse nulle, dans le sol, au point de la pièce mobile situé au contact : en déduire . c) Combien de tours la pièce mobile fait-elle sur elle-même pendant un tour autour de la pièce fixe, pour ? pour ?

2) Le train épicycloïdal. Un planétaire ( dents) et une couronne à denture intérieure ( dents) tournent autour du même axe fixe ; des satellites ( dents), qui engrènent avec les deux, sont portés par un porte-satellites qui tourne autour de cet axe. Les rayons sont proportionnels aux nombres de dents, et . Vitesses angulaires dans le sol : , , . Dans quel référentiel tous les axes sont-ils fixes ? En écrivant le non-glissement aux deux contacts, établir la relation de Willis .

3) Un moyeu de vélo à trois vitesses. , (données de l'énoncé) ; le planétaire est fixe (). a) Rapport quand le pignon entraîne la couronne et que le porte-satellites entraîne le moyeu ; dans le montage inverse ; avec la prise directe. Commenter l'étagement. b) Vitesse angulaire d'un satellite dans le porte-satellites et dans le sol, pour le premier montage. Vitesse, dans le sol, de son point en contact avec le planétaire ? Lien avec la question 1 ?

4) Le différentiel. Ses deux « planétaires », liés aux roues motrices, ont le même nombre de dents ; le boîtier, porte-satellites entraîné par le moteur, porte des satellites coniques d'axe fixe dans le boîtier : c'est le cas limite . Montrer que , et revenir au rond-point.

Corrigé

La stratégie. La méthode de Willis : se placer dans le référentiel où tous les axes sont fixes, y écrire le non-glissement par la composition des vitesses, puis revenir au sol en ajoutant les angles : tous les axes de rotation sont parallèles à , et l'angle dont tourne une droite liée à une pièce, compté depuis une direction fixe du sol, est l'angle dont elle tourne dans le référentiel intermédiaire plus l'angle dont tourne ce référentiel. C'est l'additivité des vecteurs rotation, pour des rotations coaxiales.

1a) Le référentiel des centres. tourne à autour de l'axe vertical fixe passant par : est en rotation uniforme autour d'un axe fixe. Dans , est fixe : la pièce tourne autour de l'axe fixe , à .

1b) Le non-glissement. Avec et : donne .

1c) Deux tours, pas un. Repérons la droite des centres par son angle , compté depuis une direction fixe du sol (), et une droite liée à la pièce mobile par son angle , compté depuis la même direction. Dans , cette droite fait avec l'angle , qui croît à . Les angles s'ajoutent : c'est-à-dire : l'additivité des vecteurs rotation coaxiaux. Pendant un tour de la droite des centres (), : deux tours pour , quatre pour . L'intuition compte le roulement, (la longueur déroulée sur la circonférence ), et oublie que le référentiel où l'on compte fait lui-même un tour — le tour en plus du jour sidéral. Vérification : le point de la pièce situé en ayant une vitesse nulle, , la vitesse de sur son cercle de rayon .

2) La relation de Willis. Dans le référentiel du porte-satellites, en rotation uniforme autour de l'axe fixe, tous les axes sont fixes : c'est un train ordinaire. Les angles se retranchent : une droite liée au planétaire, repérée depuis un rayon du porte-satellites, a pour angle son angle dans le sol moins celui du porte-satellites ; le planétaire tourne donc dans à , la couronne à (additivité des vecteurs rotation coaxiaux) ; soit la vitesse angulaire d'un satellite dans . Deux dentures en prise ont la même vitesse au contact, dans tout référentiel (la vitesse d'entraînement ne dépend que de la position). Dans , contact planétaire-satellite à la distance de l'axe, du côté de l'axe pour le satellite : . Contact satellite-couronne à : . En éliminant : Vus du porte-satellites, planétaire et couronne tournent en sens contraires.

3a) Trois vitesses également étagées. Avec et : , soit . Couronne menante : (petite vitesse) ; porte-satellites menant : (grande vitesse) ; prise directe : . Les rapports , , s'obtiennent l'un de l'autre en multipliant par : à chaque changement.

3b) Le satellite roule. , et dans le sol, les angles s'ajoutant, . Son point de contact avec le planétaire a la vitesse (rayons en nombres de dents) : le satellite roule sans glisser sur le planétaire fixe, comme la pièce de la question 1 avec , et fait bien deux tours par tour du porte-satellites ().

4) Le différentiel. Pour : , d'où . En ligne droite, tout tourne en bloc ; sur le rond-point, les roues vont à et , et le boîtier tourne à la moyenne, qui correspond à , la vitesse du milieu de l'essieu.

Ce que l'exercice installe. Se placer dans le référentiel où tous les axes sont fixes, puis composer : la composition des vitesses traduit le non-glissement, l'addition des angles (l'additivité des vecteurs rotation coaxiaux) ramène au sol. Le « tour en plus » est la rotation du référentiel lui-même.

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