mécanique (PTSI) · Chapitre 7 · Exercice de TD
Une orbite circulaire qui passe par le centre de force
Mouvements dans un champ de force centrale conservatif · A. Force centrale : conservation du moment cinétique · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Un point matériel de masse est soumis à une force centrale de centre , fixe dans un référentiel galiléen. On observe qu'il décrit un cercle de rayon passant par ; en coordonnées polaires de pôle , la trajectoire a pour équation
- Justifier que est une constante. Exprimer en fonction de , , et , puis .
- En déduire la composante radiale de l'accélération et montrer que La force est-elle attractive ? Vérifier l'homogénéité.
- Montrer que . Que devient la vitesse quand le point s'approche de ? Commenter la loi des aires dans ce cas.
- Vérifier que la force dérive de l'énergie potentielle (nulle à l'infini). Calculer . Tracer l'allure de l'énergie potentielle effective et y lire la trajectoire : le mouvement radial est-il borné ? Le critère « état lié si et seulement si », valable pour le champ newtonien, s'applique-t-il ici ?
Corrigé
La stratégie. On ne connaît pas la force, on connaît la trajectoire. Le cours donne l'outil qui fait le pont : la conservation du moment cinétique, qui relie la vitesse angulaire à la position, . Avec elle, toute dérivée temporelle se ramène à une dérivée par rapport à , et l'accélération radiale se calcule sur la seule équation . C'est le principe newtonien : la trajectoire détermine la loi de force.
1) La constante des aires, puis et . La force est centrale de centre fixe, donc son moment en est nul : . Le théorème du moment cinétique en , dans le référentiel galiléen, donne : le moment cinétique est constant. En coordonnées polaires, , donc est constante.
On dérive l'équation de la trajectoire par rapport au temps, en dérivant la fonction composée : On dérive une seconde fois, en se souvenant que et dépendent tous deux du temps : On remplace par et par l'expression précédente :
2) L'accélération radiale et la force. On élimine grâce à l'équation de la trajectoire : , donc . Alors Le terme vaut : il compense exactement le premier terme, et La composante orthoradiale de l'accélération est nulle (c'est la conservation de , puisque ). Le principe fondamental de la dynamique, projeté sur , donne : la force est attractive, et elle varie comme l'inverse de la puissance cinquième de la distance.
Homogénéité. s'exprime en . Donc s'exprime en : c'est bien une force.
3) La vitesse, et ce qui se passe près de . En polaires, . Avec les expressions précédentes : Quand s'approche de , et . C'est la loi des aires poussée à sa limite : le rayon vecteur doit balayer l'aire à la vitesse constante ; or plus il est court, moins il balaie d'aire en tournant d'un angle donné, et il doit donc tourner de plus en plus vite. Et le point atteint en un temps fini : de à , le rayon vecteur balaie un demi-disque, d'aire , en . En même, vitesse et force deviennent infinies : le modèle y cesse d'avoir un sens physique.
4) L'énergie. On vérifie : , et à l'infini. La force est conservative, l'énergie mécanique se conserve, et L'énergie mécanique est exactement nulle, c'est-à-dire égale à la valeur de l'énergie potentielle à l'infini.
Lecture sur l'énergie potentielle effective. Ici Quand , le terme en l'emporte sur la barrière centrifuge : ; quand , elle tend vers par valeurs positives. Sa dérivée s'annule en , où elle est maximale, de valeur : c'est une barrière, non un puits. Elle s'annule en , donc la région accessible avec est : le mouvement radial est borné, l'apocentre est en , et rien n'empêche la chute sur le centre.
Le critère newtonien ne s'applique pas. Pour le champ newtonien, est un puits qui remonte vers par valeurs négatives : l'état est lié si et seulement si . Ici, la barrière positive change tout : un point d'énergie positive, mais inférieure à la hauteur de la barrière, reste piégé à l'intérieur s'il y est ; à l'inverse, un point de même énergie venant de l'infini rebondit sur l'extérieur de la barrière et repart à l'infini. Le caractère borné se lit sur le graphe de , et pas sur le seul signe de : le signe ne suffit que pour la forme particulière du puits newtonien.
Ce que l'exercice installe. La méthode « trajectoire force » : on élimine par la constante des aires et l'on calcule . C'est exactement ainsi que Newton, dans les Principia (livre I, proposition 7), a traité ce cercle, avant d'appliquer la même méthode à l'ellipse décrite autour d'un foyer, qui donne la force en : la loi de la gravitation est sortie de ce calcul. On retient aussi que la nature d'un mouvement radial se lit sur le graphe de l'énergie potentielle effective : une attraction qui croît plus vite que vers le centre l'emporte sur la barrière centrifuge et fait tomber le point sur le centre, ce que l'attraction newtonienne ne fait jamais quand .
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