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ondes électromagnétiques (MP) · Chapitre 3 · Exercice de TD

Le conducteur parfait, un modèle : jusqu'où ?

Réflexion sur un conducteur ; ondes stationnaires et cavités · A. Le modèle du conducteur parfait · niveau 2

Énoncé

Le cuivre n'est pas un conducteur parfait : une onde de pulsation y pénètre sur une profondeur de l'ordre de l'épaisseur de peau , établie dans l'étude de l'effet de peau en négligeant le courant de déplacement devant le courant de conduction, c'est-à-dire pour . On cherche quand on peut le remplacer par le conducteur parfait du cours, et ce que signifie ce remplacement.

1) Calculer et la longueur d'onde dans le vide à , , et . Vérifier la condition à toutes ces fréquences.

2) Une plaque de cuivre d'épaisseur reçoit l'onde. On admet que l'amplitude du champ qui atteint sa face arrière est de l'ordre de fois celle qui atteint sa face avant. Discuter le modèle du conducteur parfait pour : a) la paroi de d'une cavité hyperfréquence à ; b) la même plaque placée dans le champ d'un transformateur, à ; c) une feuille de cuivre de servant de blindage, à , puis à . Quelles longueurs faut-il comparer ?

3) Le cours montre qu'une onde d'amplitude arrivant en incidence normale sur un conducteur parfait y fait circuler un courant surfacique d'amplitude . Dans le cuivre, ce courant n'est pas surfacique : il occupe une pellicule d'épaisseur voisine de . Estimer la densité volumique de courant dans la pellicule, puis le champ électrique tangentiel que la loi d'Ohm exige pour la faire circuler. Application : à . Que deviennent , , et quand ?

4) Voici quatre cartes de champ dessinées au voisinage immédiat d'une surface métallique (le métal est à gauche, grisé ; les flèches sont des lignes de champ, d'intensité uniforme). Lesquelles sont possibles près d'un conducteur parfait ? Citer, pour chacune, la relation de passage qui tranche.

Corrigé

La stratégie. Un modèle se juge en comparant des longueurs : l'épaisseur de peau d'un côté ; la longueur d'onde, l'épaisseur et la taille de l'objet de l'autre. Puis on fait tendre vers l'infini à courant surfacique fixé, pour voir naître les conditions aux limites du cours.

1) Trois longueurs, quatre fréquences. À , et Comme et :

L'onde s'éteint dans le métal sur une distance toujours infime devant sa longueur d'onde. La condition de validité de : , contre au plus : le courant de conduction l'emporte d'un facteur sur le courant de déplacement, même à .

2) La comparaison qui tranche : et l'épaisseur. a) : le facteur est nul à toute précision. Comme de plus et la taille de la cavité, le modèle est excellent. b) À , : et . La plaque laisse passer l'essentiel du champ : elle n'est pas un écran, et le modèle est absurde, bien que . c) À , , facteur : écran parfait. À , , facteur : un cinquième du champ passe. Le même objet est un conducteur parfait ou non selon la fréquence. Le modèle exige petit devant toutes les longueurs du problème : longueur d'onde, épaisseur du métal, taille de l'objet. En hyperfréquences, domaine des cavités de ce chapitre, c'est acquis avec des marges énormes.

3) De la pellicule à la nappe. Le courant surfacique est un courant par unité de largeur (en ). Réparti sur une épaisseur , il correspond à une densité volumique , et la loi d'Ohm locale demande, le long de la surface, le champ Numériquement, , , d'où , soit . (Le calcul exact, hors programme, donne : même ordre.) Devant les qui règnent à un quart de longueur d'onde, ce champ tangentiel est nul en pratique. Limite . Le courant est imposé par le champ extérieur ( ne dépend pas de ). Or : donc . En même temps et , tandis que le produit reste fini. Un courant volumique infini dans une couche d'épaisseur nulle : c'est la nappe de courant surfacique du cours. Les conditions et ne sont donc pas des postulats arbitraires : ce sont les limites de ce qui se passe dans la peau d'un vrai métal.

4) Les quatre cartes. Le champ étant nul dans le métal, les relations de passage donnent, côté vide : et . (a) normal à la surface : possible ; la relation sur donne seulement , des charges de surface. (b) tangent et non nul au contact : impossible, la composante tangentielle de est continue et nulle dans le métal. Attention : le champ du cours est bien dirigé selon , parallèlement à la surface, mais il s'annule sur elle (nœud) : des lignes tangentes dont l'intensité tend vers zéro au contact sont permises, un champ tangent uniforme qui touche le métal ne l'est pas. (c) tangent : possible ; la relation sur donne le courant , porté par la surface et perpendiculaire aux lignes de . (d) oblique, qui entre dans le métal : impossible, la composante normale de est continue et nulle dans le métal. Les cartes (b) et (c) ont le même dessin et des verdicts opposés : la règle est « normal, tangent ».

Ce que l'exercice installe. Un modèle se valide en comparant des longueurs : le conducteur parfait exige petit devant la longueur d'onde, l'épaisseur et la taille de l'objet, ce qui est acquis en hyperfréquences, et faux pour un écran mince à basse fréquence. La limite à fixé fabrique les conditions aux limites : le champ tangentiel s'annule, la pellicule devient une nappe. Et le réflexe de lecture : normal, tangent.

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