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optique géométrique (PCSI) · Chapitre 1 · Exercice de TD

Problème : le sténopé optimal (Rayleigh)

Lumière, rayon lumineux et indice · B. Le modèle de l'optique géométrique · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Un sténopé est une boîte fermée, de profondeur cm, percée sur une face d'un petit trou circulaire de diamètre ; l'image se forme sur la face opposée (écran ou film). On prend nm. On admet, comme dans le cours, qu'un faisceau parallèle qui traverse une ouverture de diamètre s'étale, par diffraction, dans un cône de demi-angle . Le diamètre apparent du Soleil vaut rad.

1) Image géométrique. Par la propagation rectiligne, montrer que l'image d'un objet est renversée, et que son grandissement vaut pour un objet à la distance du trou (trou supposé ponctuel). Calculer la taille de l'image d'un arbre de m situé à m, puis le diamètre de l'image du Soleil. Sous un arbre, les taches de soleil projetées au sol par les trouées du feuillage, situées à environ m de hauteur, sont rondes et mesurent environ cm, quelle que soit la forme des trouées. Expliquer.

2) Flou géométrique. Le trou a maintenant un diamètre . Montrer que l'image d'un point à l'infini, dans le modèle de l'optique géométrique, est une tache de diamètre ; et que, pour un point à distance finie , elle vaut . Que gagne-t-on à réduire le trou ?

3) Flou de diffraction. Montrer que la diffraction étale l'image d'un point à l'infini sur une largeur d'environ . Que perd-on à réduire le trou ?

4) L'optimum. On modélise la taille totale de la tache par . Établir le diamètre optimal et la tache minimale , et les calculer. Lord Rayleigh, par un critère plus fin, trouve : comparer.

5) Ce que vaut un sténopé. Calculer la résolution angulaire du sténopé optimal et la comparer à celle de l'œil (environ une minute d'arc, rad). Comparer la tache au diamètre de l'image du Soleil. Calculer le rapport (le « nombre d'ouverture ») et en tirer une conséquence sur la durée de pose.

6) Homogénéité, cas limites et résultat. Vérifier l'homogénéité de . Que devient dans la limite ? Comment la résolution angulaire varie-t-elle avec la profondeur de la boîte ? Énoncer le résultat obtenu.

Corrigé

La stratégie. Deux effets se disputent la netteté de l'image : la propagation rectiligne veut un trou petit (chaque point de l'objet n'éclaire qu'une petite tache), la diffraction veut un trou grand (une petite ouverture étale la lumière). Chacun donne un flou qui varie en sens contraire avec ; on écrit leur somme et l'on cherche le minimum. C'est la même structure qu'à l'exercice 3 : deux effets antagonistes, un optimum.

1) L'image géométrique, renversée. Chaque point de l'objet n'envoie dans la boîte que le rayon qui passe par le trou (trou ponctuel) ; ce rayon est une droite, qui coupe l'écran en un point . Les points , , sont alignés, entre les deux : le haut de l'objet donne le bas de l'image, la gauche donne la droite. L'image est renversée. Pour un objet de hauteur à la distance , les triangles de sommet commun sont semblables (Thalès), et l'image a la hauteur , de sens opposé : le grandissement algébrique vaut Pour l'arbre : cm. Pour le Soleil, l'image a le diamètre angulaire de l'objet vu du trou, multiplié par la distance trou-écran : Les taches de soleil : chaque petite trouée du feuillage est un sténopé, et le sol est son écran, à m. Tant que la trouée est petite devant l'image qu'elle produit, la tache au sol est l'image du Soleil, pas l'ombre de la trouée : un disque de diamètre cm, rond quelle que soit la forme du trou. Pendant une éclipse partielle, toutes ces taches deviennent des croissants : c'est la preuve la plus spectaculaire qu'il s'agit d'images.

2) Le flou géométrique. Un point à l'infini envoie un faisceau de rayons parallèles ; le trou de diamètre en laisse passer un cylindre de diamètre , qui frappe l'écran en une tache de diamètre . Pour un point à distance finie , les rayons issus de qui passent par le trou forment un cône de sommet ; sur l'écran, à la distance de , ce cône a le diamètre (Thalès) . Dans les deux cas, le flou géométrique est proportionnel à : réduire le trou affine l'image. C'est la discussion qualitative du cours, rendue quantitative.

3) Le flou de diffraction. Le trou est maintenant traversé par un faisceau parallèle qui s'étale dans un cône de demi-angle . Sur l'écran, à la distance , la lumière se répartit sur une largeur Le flou de diffraction est inversement proportionnel à : réduire le trou dégrade l'image. Ordre de grandeur : pour mm, il vaut déjà mm, plus que l'image du Soleil ; pour mm, il ne vaut que mm, mais le flou géométrique vaut alors mm. Aucun des deux trous n'est bon.

4) Le diamètre optimal. On étudie sur . Sa dérivée est négative pour et positive ensuite : est minimale en À l'optimum, les deux flous sont égaux : , et (Une minimisation numérique de redonne mm et mm.) Rayleigh obtient mm. Les deux résultats diffèrent par le préfacteur ( contre ), qui dépend de la façon dont on définit la largeur d'une tache et dont on additionne deux flous ; ils ont la même loi d'échelle, , et le même ordre de grandeur, le demi-millimètre. C'est la loi d'échelle qui est le résultat physique ; le préfacteur est affaire de critère.

5) Ce que vaut un sténopé. La résolution angulaire est la taille de la tache vue depuis le trou : C'est seize fois moins bien que l'œil, qui sépare une minute d'arc. Et l'image du Soleil, mm, n'est que deux fois plus large que la tache de mm : on devine un disque, sans aucun détail. Le nombre d'ouverture vaut quand un objectif photographique ouvre couramment entre et . La lumière qui entre dans la boîte est proportionnelle à l'aire du trou ; à au lieu de , elle est environ fois plus faible : une photographie au sténopé qui demanderait un centième de seconde avec un objectif demande une demi-minute. C'est pourquoi les poses au sténopé durent des secondes, voire des heures (on y reviendra au chapitre sur les instruments, avec le diaphragme et la durée d'exposition).

6) Homogénéité, cas limites, et le résultat. Homogénéité : est le produit de deux longueurs, sa racine est une longueur ; est bien un diamètre. Limite : et ; sans diffraction, c'est-à-dire dans le modèle de l'optique géométrique pur, un trou infiniment fin donnerait une image parfaite — ce qui montre que c'est bien la diffraction, limite du modèle, qui interdit au sténopé d'être un instrument parfait. Profondeur de la boîte : la résolution angulaire décroît comme ; allonger la boîte d'un facteur quatre ne divise le flou angulaire que par deux. Une boîte d'un mètre résout encore à peine sept minutes d'arc, pour une image cinq fois plus sombre par unité de surface (l'aire du trou optimal croît comme , l'éclairement de l'écran décroît donc comme ). Le sténopé ne peut pas rivaliser avec l'œil : pour concentrer la lumière d'un point en une tache petite et ouvrir grand, il faut un objet qui dévie les rayons, une lentille — c'est le programme des chapitres suivants.

Le résultat obtenu — diamètre optimal du sténopé (Rayleigh, 1891). Le flou géométrique d'un sténopé est proportionnel au diamètre du trou, son flou de diffraction lui est inversement proportionnel ; leur somme est minimale pour un diamètre (ici mm pour une boîte de 20 cm), qui fixe une résolution angulaire de l'ordre de , quinze à vingt fois moins bonne que celle de l'œil.

Ce que le problème installe. Les deux limites du modèle — la propagation rectiligne et la diffraction — ne sont pas deux chapitres séparés : elles s'affrontent dans tout instrument, et leur compromis se calcule. La forme « un effet en , un effet en , optimum en racine du produit » reviendra pour la profondeur de champ et le diaphragme d'un appareil photographique (au-delà d'un certain nombre d'ouverture, la diffraction l'emporte sur la netteté gagnée). Et l'insuffisance chiffrée du sténopé est l'argument qui justifie toute la suite du cours : il faut des miroirs et des lentilles.

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