Adloun

optique géométrique (PCSI) · Chapitre 3 · Exercice de TD

Le miroir argenté en face arrière

Stigmatisme, miroir plan et approximation de Gauss · C. L'approximation de Gauss · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Une glace de salle de bains est une lame de verre à faces parallèles d'épaisseur et d'indice , argentée sur sa face arrière. Un objet ponctuel est à la distance devant la face avant. On travaille dans les conditions de Gauss.

1) Rappeler la relation de conjugaison du dioptre plan dans les conditions de Gauss (on pourra s'appuyer sur la limite paraxiale de l'exercice 4). Construire la suite d'images (dioptre air-verre, face argentée, dioptre verre-air) et montrer que est à la distance derrière la face avant.

2) En déduire que la glace équivaut à un miroir plan situé à derrière la face avant. Le résultat dépend-il de ? Pourquoi la conclusion n'est-elle valable que dans les conditions de Gauss ?

3) La face avant réfléchit, en incidence normale, la fraction de l'intensité lumineuse (résultat admis, donné ici comme outil) ; l'argenture réfléchit . Calculer , puis l'intensité relative de l'image principale (deux traversées de la face avant). Où se trouve l'image « fantôme » due à la face avant ?

4) Rétroviseur jour/nuit. La lame est un prisme de petit angle (face avant et face arrière non parallèles), argenté sur la face arrière. Pour un rayon arrivant normalement à la face avant, montrer que le rayon réfléchi par l'argenture ressort en faisant avec le rayon réfléchi par la face avant un angle . Expliquer le fonctionnement de la position « nuit » et le facteur d'atténuation obtenu.

Corrigé

La stratégie. La glace est une succession de trois systèmes simples, chacun stigmatique dans les conditions de Gauss : on applique la méthode des conjugaisons successives, où l'image donnée par un système sert d'objet au suivant. On compte ensuite l'intensité de chaque chemin, puis on exploite le petit angle du prisme pour séparer deux réflexions.

1) Les trois conjugaisons. La relation du dioptre plan. Pour un point dans un milieu d'indice , la lumière traversant un dioptre plan vers un milieu d'indice , l'image paraxiale est sur la normale au dioptre passant par , et en notant le pied de cette normale : C'est la limite de l'exercice 4, où , : .

Orientons l'axe normal à la glace dans le sens de la lumière incidente, l'origine étant sur la face avant ; la face argentée est en , avec . L'objet est en , avec .

Première conjugaison (air vers verre, , ) : .

Deuxième conjugaison (miroir plan en ) : est le symétrique de par rapport à la face arrière. est à la distance devant ; est à la même distance derrière : .

Troisième conjugaison (verre vers air, la lumière revenant vers l'avant, , ) : .

est à la distance derrière la face avant. Vérification : pour , on retrouve le miroir plan nu, image à derrière.

2) Le miroir équivalent. Un miroir plan donne de une image symétrique : le miroir est dans le plan médiateur de . Ici est à devant et à derrière ; le milieu est à derrière la face avant, indépendamment de . Tous les objets ont donc leur image donnée par un même miroir plan fictif, à derrière la face avant. La conclusion repose sur la relation du dioptre plan, qui n'est valable que pour des rayons paraxiaux (exercice 4) : vue très obliquement, l'image d'un point est légèrement étalée.

3) Intensités et fantôme. : la face avant réfléchit et transmet . L'image principale a traversé deux fois la face avant et s'est réfléchie une fois sur l'argenture : La face avant, seule, donne une image directe de , comme un miroir plan nu situé en : à la distance derrière la face avant, d'intensité relative . Elle est en avant de l'image principale de . C'est l'image fantôme, fois moins lumineuse : on la voit en approchant la pointe d'un crayon de la glace (deux pointes, une vive et une pâle).

4) Le rétroviseur jour/nuit. Le rayon arrive normalement sur la face avant : la partie réfléchie par la face avant repart exactement en arrière. La partie transmise entre sans être déviée (incidence normale) et atteint la face arrière, inclinée de par rapport à la face avant : elle y arrive avec un angle d'incidence . Elle se réfléchit avec un angle de réflexion : sa direction fait l'angle avec la direction de retour. Elle revient sur la face avant, qu'elle frappe donc sous l'incidence (dans le verre), et en ressort sous l'angle tel que : tandis que l'approximation des petits angles donne .

Le fonctionnement. En position « jour », le faisceau réfléchi par l'argenture arrive dans l'œil (intensité ) et celui de la face avant part à côté. En position « nuit », on bascule le rétroviseur d'un petit angle : c'est le faisceau de la face avant qui arrive dans l'œil (intensité ), et les phares de la voiture qui suit sont atténués d'un facteur : assez pour ne plus éblouir, pas assez pour les faire disparaître. Les deux faisceaux sont séparés angulairement bien plus que l'ouverture de la pupille vue du rétroviseur : on voit l'un ou l'autre, jamais les deux.

Ce que l'exercice installe. La méthode des conjugaisons successives : chaque image sert d'objet au système suivant, ce qui ramène un système composé à une suite de systèmes simples. Une lame de verre déplace l'image apparente de , résultat que l'on réutilisera pour toute lame traversée. Et un instrument peut exploiter la séparation angulaire de deux faisceaux plutôt que leur intensité.

100 % gratuit

La suite du chapitre est sur Adloun

Exercice suivant et tuteur

Sans compte : le cours, le premier QCM et 2 minutes de podcast et de vidéo. Exercices et tuteur : inscription gratuite en 30 secondes, sans carte bancaire.

Le cours du chapitre · Tous les exercices du chapitre

Exercice suivant et tuteur →