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optique ondulatoire (PC) · Chapitre 4 · Exercice de TD

Problème : le doublet du sodium, mesure de son écart par les anticoïncidences

Interférences par division d'amplitude : l'interféromètre de Michelson · F. Utilisation en lumière blanche et étude des sources · niveau 3 (difficile)

Énoncé

La lampe à vapeur de sodium émet un doublet : la raie , , et la raie , (dans l'air), d'écart . On note , , , . Le Michelson est en lame d'air ; on observe le centre, où .

1) Additivité. Justifier que les deux raies sont incohérentes entre elles. Chaque raie, supposée parfaitement fine, apporte sur chaque voie une onde d'intensité . Montrer que l'intensité au centre vaut

2) Contraste local. Comparer les échelles de variation des deux cosinus. En déduire le facteur de contraste et la position des anticoïncidences, où le contraste s'annule. Retrouver ce résultat par le critère portant sur les ordres et : que deviennent les deux systèmes d'anneaux à une anticoïncidence ?

3) Période de chariotage. Montrer qu'entre deux anticoïncidences consécutives se déplace de . Calculer et la distance au contact optique de la première anticoïncidence. Combien d'anneaux défilent au centre pendant une période ?

4) Exploitation d'un relevé. On repère sur le vernier de la vis (résolution ) six anticoïncidences successives : ; ; ; ; ; . Chaque anticoïncidence n'est repérée qu'à près (incertitude-type). Déterminer , puis avec son incertitude, et comparer à la valeur tabulée. Pourquoi pointe-t-on les anticoïncidences plutôt que les coïncidences ?

5) Cas limites. a) Les raies n'ont pas la même intensité : est environ deux fois plus intense que , . Montrer que ; calculer son minimum. Le brouillage est-il total ? La période change-t-elle ? b) Que se passe-t-il quand ? c) Vérifier l'homogénéité de .

6) Vers le profil spectral. Chaque raie a en réalité une largeur non nulle. Comment évolue le contraste aux coïncidences successives ? On voit encore des coïncidences bien contrastées jusqu'à : combien de périodes cela représente-t-il ? Majorer la largeur de chaque raie. Énoncer le résultat obtenu.

Corrigé

La stratégie. Deux raies émises par des atomes différents ne sont pas cohérentes : on additionne les intensités des deux systèmes d'anneaux. La somme de deux cosinus de fréquences voisines est un battement : une oscillation rapide (les anneaux) modulée par une enveloppe lente (le contraste). La période de l'enveloppe donne , donc l'écart du doublet ; sa décroissance donne la largeur des raies.

1) Additivité. Les deux raies sont émises par des atomes différents, en trains d'onde de phases aléatoires indépendantes ; leurs fréquences diffèrent de . Le terme d'interférence entre une onde et une onde oscille à cette fréquence et se moyenne à zéro sur le temps de réponse de tout détecteur : les raies sont incohérentes, leurs intensités s'additionnent. Pour chaque raie, les deux voies donnent des ondes cohérentes, d'intensité , et la formule de Fresnel donne . Donc par avec et .

2) Le contraste. Le rapport des échelles est : quand varie d'une longueur d'onde, le facteur est pratiquement constant. Localement, l'intensité oscille donc entre et , et Le contraste vaut en , et s'annule pour : Par les ordres : . Pour , : les anneaux brillants d'une raie tombent sur les anneaux sombres de l'autre, les deux systèmes s'intercalent et, d'intensités égales, donnent un éclairement uniforme. C'est l'anticoïncidence. Pour entier, les systèmes coïncident : contraste maximal.

3) La période de chariotage. Deux anticoïncidences consécutives sont séparées de , soit, avec , de Numériquement, . La première anticoïncidence () est à , soit du contact optique. Pendant une période, le nombre d'anneaux qui défilent au centre est Près de mille anneaux par période : on ne les compte pas, on lit la vis aux anticoïncidences.

4) Le relevé. Les écarts successifs valent ; ; ; ; . La régression linéaire des positions en fonction du rang donne une pente (résidus inférieurs à , compatibles avec la précision de pointage). Alors Incertitude : la différence de deux pointages indépendants a l'incertitude , répartie sur cinq périodes, soit , environ . Comme , : , compatible avec la valeur tabulée . Mesurer sur plusieurs périodes divise l'incertitude de pointage par leur nombre.

Pourquoi les anticoïncidences. Au voisinage d'une anticoïncidence, passe par zéro en variant linéairement : un petit écart fait réapparaître un contraste proportionnel. Au voisinage d'une coïncidence, le cosinus est maximal et varie quadratiquement : le contraste reste proche de sur une large plage, et le maximum est mal repéré.

5) Cas limites. a) Intensités inégales. L'intensité vaut . Sur quelques longueurs d'onde, l'écart des phases des deux cosinus est pratiquement constant : leur somme pondérée est une sinusoïde d'amplitude donnée, comme dans la formule de Fresnel, par la composition de deux vibrations d'amplitudes et : L'intensité oscille entre , donc . Son minimum, atteint quand , vaut pour . Le brouillage n'est pas total, mais les minima sont aux mêmes : la période est inchangée, et la mesure de ne dépend pas du rapport des intensités. Pour , et l'on retrouve la question 2. b) Quand , : on retrouve une raie unique, de contraste . c) est une longueur au carré divisée par une longueur : est bien une longueur.

6) Vers le profil spectral. Une raie de largeur non nulle voit son propre contraste décroître avec et s'annuler vers sa longueur de cohérence (critère de brouillage sur l'ordre appliqué à la largeur de chaque raie). Le contraste observé est donc le produit du facteur de battement par une enveloppe décroissante : les coïncidences successives sont de moins en moins contrastées. Voir des coïncidences encore contrastées à , soit périodes de battement, impose à chaque raie une longueur de cohérence , donc une largeur plus de trente fois plus petite que l'écart du doublet : les deux raies sont bien séparées. La courbe porte donc deux informations sur le spectre : sa période donne l'écart des raies, sa décroissance donne leur largeur. C'est le principe de la spectroscopie par transformée de Fourier, lu ici sans formalisme.

Le résultat obtenu — la mesure de l'écart du doublet du sodium par les anticoïncidences. Pour un doublet de raies fines, incohérentes entre elles, le facteur de contraste au centre des anneaux vaut (intensités égales) : il s'annule périodiquement, et entre deux anticoïncidences consécutives le miroir se déplace de ; la mesure de à la vis, sur plusieurs périodes, donne l'écart du doublet ; si les intensités diffèrent, le brouillage n'est plus total mais la période est inchangée. Pour le sodium, et .

Ce que le problème installe. L'additivité des intensités de deux raies incohérentes produit un battement ; le facteur de contraste se lit comme l'enveloppe de ce battement, et le critère sur l'ordre en donne les zéros. Le cours tire la formule de l'écart du doublet en deux lignes d'un raisonnement sur les ordres ; on l'a établie ici par le contraste, ce qui donne en plus le cas des intensités inégales et la lecture de la largeur des raies : c'est ce que le programme appelle accéder au profil spectral d'un doublet.

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