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phénomènes de transport (PSI) · Chapitre 6 · Exercice de TD

Le coude d'une conduite forcée et son massif d'ancrage

Bilans de quantité de mouvement et de moment cinétique · C. Applications du bilan de quantité de mouvement · niveau 2

Énoncé

Une centrale hydroélectrique de haute chute est alimentée par une conduite forcée en acier, de diamètre intérieur , qui débite d'eau. Au pied de la pente, la conduite, posée dans un plan horizontal, change de direction d'un angle dans un coude ; la pression relative y vaut , la même à l'entrée et à la sortie du coude (même section, même altitude, pertes négligeables sur sa longueur). Les tronçons droits sont reliés au coude par des joints de dilatation, qui ne transmettent aucun effort le long de la conduite : le coude est tenu par un massif de béton (masse volumique ) posé sur le sol, que seul le frottement retient ; la force horizontale que le sol peut exercer sur le massif vaut au plus fois son poids. On néglige le poids de l'eau et de l'acier devant celui du massif.

1) Choisir un volume de contrôle et construire le système fermé associé. Montrer qu'une pression uniforme exerce une résultante nulle sur une surface fermée, et en déduire qu'on peut ignorer la pression atmosphérique en travaillant en pressions relatives. Faire l'inventaire des forces horizontales.

2) Établir l'expression vectorielle de la force exercée par l'eau sur le coude ; donner sa norme en fonction de et sa direction. Calculer la part de la pression et celle du débit de quantité de mouvement.

3) La vanne de pied fermée, la conduite reste pleine d'eau au repos, sous la même pression : que vaut la force ? Lors d'une fermeture rapide, le coup de bélier porte un instant la pression relative au coude à au-dessus de la pression de service, l'eau y étant alors arrêtée : que vaut la force ?

4) Quel volume de béton faut-il au minimum pour que le massif ne glisse pas, en service, puis lors du coup de bélier ?

5) Cas limites : ; (demi-tour) ; coude à angle droit.

Corrigé

La stratégie. Le volume de contrôle est l'intérieur du coude ; les deux sections coupées reçoivent chacune la poussée de l'eau voisine, et la quantité de mouvement change de direction sans changer de norme. Les deux contributions s'ajoutent selon la même direction, la bissectrice extérieure du coude.

1) Système fermé et pressions relatives. Volume de contrôle : l'eau contenue dans le coude, entre la section d'entrée 1 (vitesse ) et la section de sortie 2 (vitesse ), où et sont les vecteurs unitaires de l'écoulement, qui font l'angle . La section est la même : . Système fermé : à , l'eau du coude et la masse qui va franchir la section 1 ; à , l'eau du coude et la masse qui a franchi la section 2. En régime stationnaire, Pression uniforme sur une surface fermée. Une pression uniforme exerce sur une surface fermée la résultante ( normale sortante). Sa composante sur un axe quelconque vaut : c'est fois le flux d'un vecteur uniforme à travers une surface fermée, nul (découpons l'espace en tubes fins parallèles à : chacun découpe sur deux éléments de même projection sur un plan perpendiculaire à , dont les contributions sont opposées). La résultante est nulle. Écrivons alors toutes les pressions : la part uniforme , qui presse toute la frontière fermée d'un système, ne contribue pas à la résultante, et il ne reste que les pressions relatives. Inventaire des forces horizontales sur : sur la section 1, l'eau amont pousse avec ; sur la section 2, l'eau aval repousse vers l'intérieur avec ; les parois du coude exercent . Le poids est vertical et équilibré par la composante verticale de l'action des parois.

2) La force sur le coude. La loi de la quantité de mouvement appliquée à dans le référentiel terrestre donne d'où L'eau exerce sur le coude : car et , unitaires, forment un triangle isocèle d'angle au sommet . La direction de est la bissectrice extérieure du coude : l'eau pousse le coude vers l'extérieur du virage. Numériquement, et , soit de la pression : avec , le poids de quelque tonnes. La pression fait presque tout.

3) Sans débit, puis au coup de bélier. Vanne fermée, et : la force existe sans écoulement, presque inchangée ; c'est la poussée hydrostatique sur le fond d'un tuyau qui tourne. Au passage du coup de bélier, l'eau du coude est arrêtée et la pression relative vaut : . C'est ce cas qui dimensionne l'ouvrage.

4) Le massif. Le massif ne glisse pas tant que , soit . En service, , soit de béton ; pour le coup de bélier, , soit , un cube de plus de de côté (sans coefficient de sécurité). L'eau contenue dans le coude, une dizaine de mètres cubes, pèse cent fois moins : la négliger était légitime.

5) Cas limites. Si , : une conduite droite ne subit aucune force (les poussées des deux sections se compensent, et la quantité de mouvement ne change pas). Pour , et , le maximum, dirigé selon . Pour un coude à angle droit, , à des deux branches.

Ce que l'exercice installe. Dans une conduite sous pression, c'est la pression qui pousse le coude, le débit ne compte que pour ; la force existe à débit nul. Le résultat se construit en vecteurs : deux poussées et deux débits de quantité de mouvement qui s'ajoutent selon la bissectrice extérieure. Et une conséquence d'ingénieur : un coude de conduite forcée s'ancre dans un millier de mètres cubes de béton, dimensionné sur le coup de bélier.

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