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physique des ondes 2 (PC) · Chapitre 1 · Exercice de TD

Le hauban d'un pylône : mesurer une tension avec une impulsion

L'équation de d'Alembert · A. La corde vibrante · niveau 2

Énoncé

Un mât de télécommunications est tenu par des haubans en toron d'acier de de diamètre, de masse linéique et de charge de rupture . Un hauban est tendu en ligne droite entre son ancrage au sol A (abscisse le long du câble) et son attache B sur le mât (), avec . La règle de pose demande une tension de de la charge de rupture, soit . Pour la contrôler, les techniciens emploient la méthode des impulsions : on frappe le câble d'un coup sec de maillet tout près de l'ancrage A ; la main posée sur le câble, au même endroit, sent l'impulsion revenir à intervalles réguliers ; on chronomètre la durée de cinq retours : . On assimile le câble à une corde infiniment souple, de tension uniforme, fixée en A et en B ; on néglige son poids (hypothèse examinée à la dernière question) ; on étudie ses petits mouvements transverses , perpendiculairement à la droite AB. Le coup de maillet dure .

Le hauban, de l'ancrage A à l'attache B ; une impulsion lancée près de A monte le long du câble (schéma, sans échelle pour l'impulsion).

1) Établir l'équation des petits mouvements transverses du hauban, en isolant l'élément de câble compris entre et ; on note l'angle (petit) du câble avec la droite AB. En déduire la célérité . Calculer, pour la tension prévue, , la durée d'un aller-retour A-B-A et la fréquence du mode fondamental.

2) Le coup de maillet lance l'onde , où est une fonction nulle en dehors de l'intervalle . Décrire cette onde. Vérifier que satisfait l'équation du mouvement et la condition à tout instant. Interpréter le second terme. Montrer qu'il faut, après l'instant , ajouter un troisième terme pour satisfaire ; lequel ? En déduire que le mouvement du câble est périodique, de période , et décrire ce que sent la main.

3) Déduire de la mesure la célérité et la tension du hauban. Faut-il le retendre ? Quelle erreur relative sur la tension entraîne une erreur de sur le chronométrage ?

4) Le mouvement étant périodique de période , quelles fréquences contient son spectre ? Les comparer aux fréquences des modes propres. Estimer le nombre de modes propres qu'excite un coup de maillet de durée . Une autre méthode, dite « du balancement », consiste à pousser le câble à la main, en rythme, de façon à le faire osciller d'un seul arc : quel mode excite-t-on ainsi, et comment en tire-t-on la tension ?

5) La figure du corrigé représente, à un instant donné, le profil d'une impulsion de longueur au milieu du câble, et ce que donne la somme de ses , et premiers modes propres. Commenter.

6) Sous son poids, un câble tendu entre deux points à la même hauteur prend une flèche (abaissement maximal, au milieu) , et sa pente aux extrémités vaut (admis ; pour un hauban incliné, ce sont des majorants). Calculer , la pente, et la variation de la tension d'un bout à l'autre. Le modèle de la corde rectiligne de tension uniforme, et l'hypothèse des petits mouvements, sont-ils justifiés ?

Corrigé

La stratégie. Une extrémité fixe renvoie l'onde « en image renversée » ; deux extrémités fixes font faire des allers-retours à l'impulsion, avec la période ; cette période se mesure au chronomètre et donne , puis . La lecture fréquentielle du même mouvement est la superposition des modes propres.

1) L'équation du hauban. L'élément , de masse , subit de la part du câble situé au-delà de la tension , et de la part du câble situé en deçà de la force ; le câble étant infiniment souple, ces forces sont tangentes au câble, d'angle avec la droite AB. Le poids est négligé. Le mouvement est transverse : selon AB, l'accélération est nulle, et est uniforme le long du câble ; aux petits angles, à l'ordre un, et partout. Perpendiculairement à AB, Aux petits angles, , et la différence vaut au premier ordre en . D'où La force de rappel vient de la courbure du câble () multipliée par la tension : la tension est la raideur, la masse linéique l'inertie. L'aller-retour dure et le fondamental a la fréquence .

2) L'onde image. est une onde progressive vers B : le profil créé en A pendant le coup de maillet, de longueur , se translate sans se déformer à la célérité . Pour une fonction deux fois dérivable, a pour dérivées secondes en et en : elle vérifie l'équation de d'Alembert ; de même . Or est une fonction de : le second terme est une onde progressive vers A, et la somme, par linéarité, est solution. En , les deux termes valent et se compensent : à tout instant. Le second terme est l'onde réfléchie en B : même forme, renversée (signe moins), se propageant en sens inverse. On peut la voir comme l'onde issue d'une impulsion « image », renversée et symétrique de l'impulsion réelle par rapport à B, qui arrive sur B en même temps qu'elle et l'annule exactement en ce point.

Réflexion sur l'extrémité fixe B : avant (en haut) et après (en bas). En trait plein, le câble ; en tirets, l'impulsion image, fictive, au-delà de B. À chaque instant, la somme des deux est nulle en B.

En A, la somme vaut . Après le coup (), mais n'est pas nul entre et : l'onde réfléchie arrive en A. Il faut ajouter le terme , onde progressive vers B, qui vaut en A et compense : l'impulsion se réfléchit en A, renversée une seconde fois, donc remise à l'endroit. Ce terme exige à son tour son image en B, et ainsi de suite : Remplacer par décale l'indice d'une unité et redonne la même somme : le mouvement est périodique de période . L'impulsion fait des allers-retours entre A et B, renversée à chaque réflexion, et repasse à l'endroit près de A toutes les . La main, près de A, sent un choc à chaque retour (l'impulsion qui revient, renversée, suivie aussitôt de sa réflexion en A) : un toc toutes les pour la tension prévue.

3) La mesure. Cinq retours, c'est cinq allers-retours : , d'où et Il manque , soit de la tension prévue : il faut retendre jusqu'à ce que les cinq retours durent . Comme , où est la durée mesurée, , soit : le défaut constaté vaut deux fois cette incertitude, il est réel mais il faut chronométrer soigneusement (compter dix retours divise l'erreur relative par deux).

4) Le spectre et les modes. Un signal périodique de période ne contient que les fréquences : ce sont exactement les fréquences des modes propres. Les deux descriptions du même mouvement, une impulsion qui fait des allers-retours ou une superposition de modes, sont équivalentes : les modes propres sont la lecture fréquentielle de l'aller-retour. Une impulsion de durée a un spectre qui s'étend jusqu'à ; elle excite donc les modes jusqu'au rang le rapport de la durée d'un aller-retour à celle de l'impulsion, ou de la longueur à la longueur de l'impulsion. La méthode du balancement, au contraire, impose une excitation lente, en rythme avec le câble, à la fréquence (une poussée toutes les ) : elle n'excite que le mode , un seul arc qui oscille. On compte ses oscillations au chronomètre, et . Les deux méthodes mesurent la même grandeur, l'une en temps, l'autre en fréquence.

5) Combien de modes pour une impulsion.

Une impulsion de longueur au milieu d'un câble de (tirets), et la somme de ses , et premiers modes propres.

Avec modes, la plus courte longueur d'onde disponible est : la somme est une bosse large et plate, à de la hauteur de l'impulsion. Avec modes (), elle se resserre et monte à . Avec modes (), la forme est presque là, à de la hauteur, avec de petites ondulations ; il en faut environ pour la retrouver à . Pour représenter un détail de longueur , il faut des modes de longueur d'onde de l'ordre de , c'est-à-dire de rang : c'est l'estimation de la question précédente, vue dans l'espace au lieu du temps.

6) Les hypothèses. La flèche vaut soit de la longueur, et la pente aux extrémités : le câble au repos est rectiligne à près, et le modèle d'une corde tendue en ligne droite convient. La tension varie de au plus d'un bout à l'autre, de , donc la célérité de (elle varie comme ) : la mesure donne une tension moyenne, à quelques pour cent près. Enfin, une impulsion d'un ou deux centimètres d'amplitude sur une longueur de donne au câble une pente de quelques centièmes : l'hypothèse des petits mouvements est largement satisfaite.

Ce que l'exercice installe. Établir l'équation de la corde par la loi de la quantité de mouvement d'un élément : la tension est la raideur, la masse linéique l'inertie. Une extrémité fixe renvoie l'onde image renversée (une forme proposée se vérifie par substitution et par la condition aux limites) ; deux extrémités fixes rendent le mouvement périodique de période , d'où un spectre harmonique dont les raies sont les fréquences propres. Une impulsion brève excite beaucoup de modes (environ ), une excitation lente et rythmée un seul. Mesurer un temps de vol, c'est mesurer une tension.

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