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physique des ondes 2 (PC) · Chapitre 2 · Exercice de TD

Problème : la mesure de dispersion des pulsars (et la correction ionosphérique du GPS)

Propagation linéaire unidimensionnelle : dispersion et absorption · B. Paquet d'ondes et vitesse de groupe · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Un pulsar est une étoile à neutrons en rotation rapide qui émet, à chaque tour, une impulsion radio brève et à large bande. Avant d'atteindre la Terre, le signal traverse le milieu interstellaire, un plasma très dilué de densité électronique , variable le long du trajet de longueur . On l'observe à plusieurs fréquences radio, de à , et l'on relève les instants d'arrivée des impulsions. Données : (parsec) ; on mesure la densité en ().

1) Vitesse de groupe. À partir de la relation de dispersion du plasma, , montrer que . On admet que l'impulsion se propage à la vitesse de groupe : c'est l'interprétation de l'exercice 6 (en MP et en PC, le paquet d'ondes du cours et des exercices résolus le justifie). Quelle est la durée du trajet dans un milieu homogène de longueur ?

2) Dispersion faible. La densité moyenne du milieu interstellaire est de l'ordre de . Calculer et la comparer aux fréquences d'observation. Montrer que . Que devient le temps de trajet quand ? Pourquoi n'observe-t-on aucun pulsar depuis le sol en dessous d'une dizaine de mégahertz ?

3) Milieu inhomogène. En découpant le trajet en tranches localement homogènes, montrer que l'impulsion de fréquence arrive à l'instant compté depuis l'émission. Calculer , et exprimer le retard en millisecondes pour en et en gigahertz. Pourquoi mesure-t-on et non ?

4) Le pulsar du Crabe (période , ). a) De combien l'impulsion à arrive-t-elle après la même impulsion à ? Combien de périodes cela fait-il ? Comment vérifier la loi en ? b) La nébuleuse du Crabe est à environ . En déduire la densité électronique moyenne sur le trajet, et la fréquence plasma correspondante. Comment se sert-on, à l'inverse, de pour un pulsar de distance inconnue ?

5) Dédisperser. Le récepteur découpe la bande en canaux de largeur . Sur quelle durée l'impulsion est-elle étalée dans le canal centré sur ? Comparer à la période. Comment reconstruit-on une impulsion fine à partir de toute la bande ?

6) Sur Terre, le GPS. Le signal d'un satellite GPS traverse l'ionosphère, dont le contenu électronique total le long du trajet vaut . Le récepteur déduit la distance du temps de trajet de l'enveloppe (le code). a) Montrer que l'erreur de distance vaut (SI), et la calculer sur les fréquences L1 () et L2 (). b) Montrer que la combinaison des deux pseudo-distances mesurées et élimine l'erreur ionosphérique. c) Que dire de la distance déduite de la phase de la porteuse ? Énoncer le résultat obtenu.

Corrigé

La stratégie. Le temps de trajet d'une impulsion est l'intégrale de . La fréquence plasma du milieu interstellaire est si petite devant les fréquences radio qu'un développement au premier ordre suffit : il fait apparaître un retard en proportionnel à la seule colonne d'électrons, d'où tout le reste découle.

1) La vitesse de groupe. En différentiant la relation de dispersion, , donc Elle est inférieure à et croît avec : les hautes fréquences arrivent les premières. Dans un milieu homogène, le trajet dure .

2) Le développement. Avec , : c'est cinq ordres de grandeur sous les fréquences d'observation, et vaut au plus . Le développement s'arrête donc au premier ordre, le terme suivant étant fois plus petit : Cas limite : quand , le temps de trajet tend vers , celui du vide ; les électrons ne suivent plus l'onde. Le retard relatif est minuscule (de l'ordre de ), mais sur des milliers d'années de trajet il atteint la seconde. Enfin, sous une dizaine de mégahertz, c'est l'ionosphère, de fréquence critique le jour (exercice 3), qui renvoie le signal vers l'espace avant qu'il atteigne le sol.

3) Le retard en . Le milieu varie sur des distances astronomiques, immensément plus grandes que la longueur d'onde (au plus ) : chaque tranche se traite comme un plasma homogène de densité , de fréquence plasma . La tranche est traversée en et, en intégrant de la source au télescope : Numériquement, , d'où (SI : , de sorte que est un temps). Avec et en gigahertz : Le terme (des milliers d'années) est le même à toutes les fréquences, et l'on ne connaît pas l'instant d'émission : il est inobservable. Seules les différences d'arrivée entre fréquences se mesurent, et elles ne dépendent que de , la colonne d'électrons sur le trajet, appelée mesure de dispersion.

4a) Le Crabe. L'écart d'arrivée vaut soit périodes. On ne peut donc pas associer les impulsions de deux canaux éloignés sans connaître la loi : on suit la même impulsion de canal en canal, de proche en proche, et les instants d'arrivée s'alignent sur une courbe . Les retards par rapport à valent à et à , dans le rapport ; l'exposant est la signature d'un plasma. (Le terme suivant du développement modifierait cet écart de moins d'un milliardième de sa valeur.)

4b) La densité moyenne et la distance. , donc , et : c'est l'ordre de grandeur admis à la question 2, que la mesure confirme. Environ un électron libre par trentaine de centimètres cubes : bien moins que le meilleur ultravide de laboratoire. À l'inverse, une fois établie une carte de dans la Galaxie (à partir des pulsars de distance connue), la mesure de d'un nouveau pulsar donne sa distance : c'est la méthode courante.

5) Dédisperser. En différentiant , ; un canal de largeur étale l'impulsion sur soit de la période : l'impulsion est nettement élargie, et la somme brute de toute la bande, où les arrivées s'étalent sur , la noierait. On découpe donc la bande en canaux étroits (l'étalement varie comme ), on décale chaque canal de , puis l'on somme : c'est la dédispersion, qui aligne les impulsions et rend au signal sa finesse.

6a) L'erreur du GPS. Le même calcul, sur le trajet satellite-récepteur, donne un retard de l'enveloppe par rapport au vide ; multiplié par , il fausse la distance de soit, sur L1, , et sur L2, . C'est la plus grosse erreur d'un GPS à une seule fréquence.

6b) La correction bifréquence. Les pseudo-distances valent , avec inconnu, mais le même pour les deux fréquences. Alors , et la distance vraie, sans connaître le TEC. Deux fréquences suffisent parce que l'on connaît la forme de la loi, en , comme pour le pulsar, dont on élimine ainsi le terme inconnu ; la différence donne au passage le TEC.

6c) La phase avance. La phase va à , donc : la distance mesurée sur la phase de la porteuse est raccourcie de la même quantité, sur L1, dont celle mesurée sur l'enveloppe est allongée. Les récepteurs voient le code et la phase diverger en sens opposés quand le TEC varie : c'est la différence entre et , mesurée chaque jour.

Le résultat obtenu — la mesure de dispersion des pulsars : le retard de groupe en . Dans un plasma dilué de fréquence plasma très inférieure à la fréquence du signal, une impulsion, qui avance à la vitesse de groupe , arrive avec un retard sur la propagation dans le vide égal à , où et est la colonne d'électrons traversée ; la mesure des différences d'arrivée entre fréquences donne , donc la densité électronique moyenne ou la distance de la source. Pour le Crabe, entre et , et ; pour le GPS, sur L1, que la combinaison bifréquence élimine. Ce retard a été mesuré dès la découverte des pulsars (Hewish et ses collaborateurs, 1968).

Ce que le problème installe. Le calcul de la vitesse de groupe à partir de la relation de dispersion, puis son emploi comme vitesse d'une impulsion, intégré le long d'un trajet localement homogène ; un développement limité justifié par un ordre de grandeur () ; et la lecture d'une loi en comme une mesure : la colonne d'électrons, la densité d'un milieu inaccessible, la distance d'une étoile, la correction d'un GPS.

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