La ola : une onde sans transport de matière
Exercice de TD · niveau 2 · physique des ondes (MPSI), chapitre 1 — Signaux physiques et ondes progressives · A. Les signaux physiques
Énoncé
Dans un stade, une « ola » fait le tour des tribunes : chaque spectateur se lève, lève les bras, puis se rassied, un peu après son voisin. Des mesures sur des matchs de football (Farkas, Helbing et Vicsek, Nature, 2002) donnent une célérité de l'ordre de et une largeur de vague de 6 à 12 m.
1) Pour chacun des signaux suivants, nommer la grandeur physique qui varie, dire ce qui se déplace d'un bout à l'autre du milieu et ce qui reste sur place : (a) un son dans l'air ; (b) une tension électrique dans un câble coaxial ; (c) une onde radio ; (d) la ola.
2) Modèle de proche en proche. Les sièges sont alignés, espacés de m ; on repère un siège par son abscisse le long de la tribune. Chaque spectateur se lève avec un retard sur son voisin de gauche. On note la hauteur de la tête du spectateur situé en , et . Exprimer à l'aide de , puis la célérité en fonction de et .
3) Quelle valeur de reproduit la célérité mesurée ? Le temps de réaction visuel d'un humain est d'environ s : quelle célérité donnerait un spectateur qui ne réagit qu'à son voisin immédiat ? Qu'en conclure sur la façon dont les spectateurs « voient venir » la vague ?
4) Chaque spectateur reste debout pendant s. Décrire le chronogramme d'un siège donné, puis la photographie de la tribune à un instant donné. Quelle est la largeur de la vague, en mètres et en nombre de sièges ? Comparer aux observations.
5) Le tour des tribunes mesure m. Combien de temps dure un tour ? De quelle distance un spectateur s'est-il déplacé le long de la tribune pendant ce temps ? Conclure : qu'est-ce qui se propage ?
Corrigé
La stratégie. On applique à une foule le vocabulaire du cours — signal, retard, célérité, chronogramme, photographie — parce que, dans une foule, personne ne peut croire que « l'onde emporte les gens ».
1) Grandeur qui varie, ce qui voyage, ce qui reste.
- (a) Le son. La grandeur est la surpression , écart entre la pression locale et la pression atmosphérique (on peut aussi suivre le petit déplacement des molécules d'air autour de leur position moyenne). Voyagent l'état de compression, l'information et l'énergie ; les molécules oscillent sur place.
- (b) La tension dans un câble coaxial. La grandeur est la tension entre l'âme et la gaine (ou l'intensité). Le signal parcourt le câble aux deux tiers environ de la vitesse de la lumière, alors que les électrons de conduction avancent en moyenne de quelques fractions de millimètre par seconde : ce ne sont pas eux qui portent le signal.
- (c) L'onde radio. La grandeur est le champ électromagnétique ( et ). Il n'y a même aucun milieu matériel : l'onde se propage dans le vide.
- (d) La ola. La grandeur est la hauteur de la tête de chaque spectateur (ou, plus grossièrement, l'état « debout » ou « assis »). Ce qui fait le tour du stade est cet état ; chaque spectateur reste à son siège.
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