physique des ondes (PCSI) · Chapitre 5 · Exercice de TD
Ce sont les amplitudes qui s'ajoutent
Formalisme quantique et quantification de l'énergie · B. Les interférences particule par particule · niveau 3 (difficile)
Énoncé
On envoie des électrons un par un sur deux fentes et . On note la densité de probabilité de détection au point d'abscisse de l'écran quand seule est ouverte, quand seule est ouverte, et quand les deux le sont. On admet que la physique quantique associe à chaque fente une amplitude de probabilité (une fonction d'onde) et que ce sont les amplitudes qui s'additionnent, exactement comme les vibrations lumineuses du chapitre sur les interférences ; il en résulte la formule (analogue de la formule de Fresnel, fournie) où est le déphasage entre les deux amplitudes au point .
1) Que vaudrait si les électrons étaient de petites billes passant chacune par une fente bien déterminée ? Quel terme distingue la prédiction quantique ?
2) Les fentes sont identiques ( au voisinage du centre de l'écran). Montrer qu'il existe des points où : en ces points, ouvrir une seconde fente diminue le nombre d'électrons détectés. Pourquoi est-ce inexplicable si chaque électron passe par une seule fente ?
3) La fente est plus étroite, et au voisinage du centre. Exprimer et calculer le contraste de la figure. Comparer au cas de deux trous d'Young d'intensités inégales.
4) On place derrière un dispositif qui signale le passage de chaque électron, sans modifier sa trajectoire de façon notable. On observe que les franges disparaissent et que . Interpréter qualitativement : que devient le terme d'interférence quand on sait « par quelle fente » l'électron est passé ?
5) Rédiger en quelques lignes ce que représente dans cette expérience, et ce qu'il ne représente pas.
Corrigé
Ce qu'on a le droit d'utiliser. La formule fournie, et ce que le chapitre sur les interférences a établi pour la lumière : la formule de Fresnel, le contraste, la condition d'interférences destructives . Aucune fonction d'onde n'est à calculer : on raisonne sur la structure de la formule.
1) Des billes. Si chaque électron passe par une fente bien déterminée, l'ensemble des électrons se partage en deux sous-populations : ceux qui passent par , distribués selon , et ceux qui passent par , distribués selon . Les probabilités d'événements incompatibles s'additionnent : . La prédiction quantique comporte en plus le terme d'interférence , qui peut être positif ou négatif selon le point.
2) Ouvrir une fente peut faire baisser le comptage. Avec : Alors si et seulement si , c'est-à-dire . Ces points existent : ce sont les voisinages des franges sombres, et en une frange sombre exacte (), . En ces points, avec une seule fente ouverte, on détecte des électrons ; avec les deux, on en détecte moins, voire aucun.
Pour des billes, c'est impossible : ouvrir ajoute des trajets possibles sans en retirer aucun, et les électrons qui passaient par devraient continuer d'arriver au même point. Ouvrir une porte ne peut pas diminuer le nombre de passants qui franchissent l'autre. Le résultat expérimental interdit donc d'attribuer à chaque électron un passage par une fente déterminée.
3) Fentes inégales. Avec , : soit, en général, et . Le contraste vaut C'est mot pour mot le résultat des deux trous d'Young d'intensités et : . Les électrons obéissent à la même formule que la lumière ; les franges restent bien visibles (contraste ) alors qu'une fente laisse passer quatre fois moins que l'autre, parce que le terme d'interférence croît comme la racine du produit, et non comme le produit.
4) Savoir « par où ». Le dispositif rend les deux possibilités distinguables : on sait par quelle fente chaque électron est passé, et le terme d'interférence disparaît. Les amplitudes ne s'additionnent que pour des possibilités indiscernables, que rien, dans aucun appareil, ne permet de distinguer ; dès qu'une information sur le chemin existe, on additionne les probabilités, comme pour des billes. L'onde et le corpuscule ne sont donc pas deux natures qui se manifesteraient au hasard : c'est le dispositif expérimental qui détermine laquelle des deux descriptions s'applique.
5) Le sens de . Ici, est la somme des amplitudes des deux fentes, et la densité de probabilité de détection en , loi des impacts accumulés. Ce n'est pas un électron coupé en deux — on ne détecte jamais de demi-électron — ni une ignorance sur la fente empruntée, qui conduirait à , ce que contredit la question 2.
Ce que l'exercice installe. La règle qui distingue la physique quantique du calcul des probabilités ordinaire : pour des possibilités indiscernables, on ajoute des amplitudes, puis on prend le module au carré ; pour des possibilités discernables, on ajoute des probabilités. Tout l'outillage du chapitre sur les interférences (formule de Fresnel, contraste, frange sombre) se transpose alors sans changement aux particules matérielles.
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