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physique quantique (MP) · Chapitre 4 · Exercice de TD

Concevoir un détecteur infrarouge à puits quantique

Puits de potentiel infini : états stationnaires et non stationnaires · C. Propriétés physiques des états stationnaires · niveau 2

Énoncé

Un détecteur infrarouge à puits quantique est un empilement de couches minces : une couche d'arséniure de gallium (GaAs) d'épaisseur entre deux couches d'arséniure de gallium-aluminium (AlGaAs). Un électron de conduction s'y comporte comme une particule libre de masse effective (donnée), confinée dans la couche de GaAs par une marche de potentiel de hauteur (donnée). Un photon infrarouge absorbé fait passer l'électron du niveau au niveau , d'où il s'échappe du puits et donne un courant. On vise la fenêtre de transparence de l'atmosphère entre et , où rayonnent les objets à température ambiante, et précisément . On traite d'abord le puits comme infini.

1) Déterminer l'épaisseur qui fait absorber la transition à . Quelle épaisseur faudrait-il si l'électron avait la masse ? Commenter.

2) Calculer et la comparer à . Pourquoi est-il souhaitable que le niveau soit juste sous le haut de la barrière ?

3) La barrière n'est pas infinie. Dans l'AlGaAs, la fonction d'onde d'un électron d'énergie est une onde évanescente dont l'amplitude décroît comme , avec (résultat du cours). Calculer pour les niveaux et et le comparer à . Dans quel sens les vrais niveaux sont-ils déplacés ? Faut-il un puits plus large ou plus étroit pour détecter à ?

4) Comment varie la longueur d'onde détectée si l'on double l'épaisseur de la couche ? Quel avantage pratique en tire-t-on ?

5) L'énergie d'agitation thermique vaut . La comparer, à et à (azote liquide), à l'énergie que l'électron du niveau doit recevoir pour quitter le puits. Pourquoi ces détecteurs sont-ils refroidis ?

Corrigé

La stratégie. C'est un problème de dimensionnement : on part de la grandeur imposée, la longueur d'onde, on remonte à l'écart d'énergie par Planck-Einstein, puis à la largeur par la formule du puits. On critique ensuite le modèle : parois finies, agitation thermique.

1) L'épaisseur. L'énergie du photon vaut . La transition demande ; donc et Avec la masse , il faudrait . La masse effective, quinze fois plus petite, rend l'électron « plus quantique » : à énergie fixée, le puits peut être fois plus large. Une dizaine de nanomètres, une quarantaine de couches atomiques, c'est ce que l'épitaxie sait déposer couche par couche.

2) Le niveau excité. , juste sous . L'électron excité n'est lié que de : une petite tension appliquée au composant suffit à l'extraire et à le collecter. Plus bas, il resterait piégé et retomberait au niveau sans donner de courant ; au-dessus de , il n'y aurait plus de niveau lié pour concentrer l'absorption.

3) Les parois finies. Pour le niveau , et pour le niveau , et . La densité de présence, en , décroît dans chaque barrière sur la longueur , soit et : ce n'est pas négligeable devant . L'électron dispose en fait d'une largeur effective plus grande que , d'autant plus grande que le niveau est haut ; les vrais niveaux sont plus bas que ceux du puits infini, davantage que , et l'écart est plus petit : la couche de détecterait au-delà de . Pour revenir à , il faut un puits plus étroit. (Un calcul complet du puits fini, non demandé ici, donne avec ces données environ pour la couche de , et une épaisseur d'environ pour détecter à , le niveau se trouvant alors à du haut de la barrière.) Le modèle infini donne le bon ordre de grandeur et le bon sens de variation ; il ne suffit pas au dimensionnement final, parce que n'est que cinq fois .

4) Ingénierie de la longueur d'onde. : doubler divise toutes les énergies par , donc aussi, et multiplie par 4 la longueur d'onde détectée (dans le modèle infini). La couleur du détecteur se choisit par l'épaisseur d'une couche, et non par la nature d'un matériau : c'est l'intérêt technique des puits quantiques, qui en font aussi des lasers et des diodes.

5) L'agitation thermique. Pour quitter le puits, l'électron du niveau doit recevoir environ . À , , huit fois moins ; à , , trente fois moins. À température ambiante, l'agitation thermique fait sortir des électrons du puits sans aucun photon : c'est un courant parasite, le courant d'obscurité, qui noie le signal. Le refroidissement à l'azote liquide le réduit très fortement (on le constate expérimentalement ; sa loi exacte n'est pas l'objet de ce chapitre). Le même ordre de grandeur, pour un photon à contre d'agitation à , explique qu'un détecteur de rayonnement thermique doive être plus froid que la scène qu'il observe.

Ce que l'exercice installe. Dimensionner un puits quantique : , puis par la formule du puits, avec la masse effective fournie. Et la critique du modèle : la paroi finie laisse pénétrer l'onde évanescente, élargit le puits effectif et abaisse les niveaux, le plus haut davantage ; l'agitation thermique se compare aux énergies de confinement.

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