physique quantique (MPI) · Chapitre 1 · Exercice de TD
Séparer les variables : une énergie réelle, une seule pulsation
Fonction d'onde et équation de Schrödinger · D. États stationnaires · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Une particule de masse est soumise à une énergie potentielle réelle et indépendante du temps.
1) On cherche une solution de l'équation de Schrödinger de la forme , non identiquement nulle. Montrer avec soin que est une constante , homogène à une énergie. En déduire et l'équation vérifiée par .
2) Rien n'impose à d'être réelle : on écrit , et réels. Exprimer , puis la probabilité totale en fonction de . La particule ne pouvant ni disparaître ni apparaître, que vaut ? Relier alors la pulsation de à l'énergie.
3) et sont deux solutions de l'équation stationnaire de même énergie , et deux complexes. est-elle solution ? Est-ce un état stationnaire ?
4) et sont solutions de l'équation stationnaire d'énergies différentes , et avec . Justifier que est solution. En comparant et , montrer que ne peut pas s'écrire . Combien d'énergies, combien de pulsations un état stationnaire possède-t-il ?
5) Un état presque stationnaire. Un atome de sodium porté dans son premier état excité, au-dessus du fondamental, le quitte en émettant un photon : la probabilité de le trouver encore excité décroît comme , . On décrit (modèle fourni) la partie de la fonction d'onde associée à l'état excité par la forme de la question 2, avec . Relier à , comparer à l'énergie d'excitation, commenter. Quel est le cas limite de l'état stationnaire ?
Corrigé
La stratégie. Une fonction de seul égale à une fonction de seul pour tous les couples est une constante : c'est tout le ressort de la séparation. La réalité de vient ensuite d'une exigence physique, la conservation de la probabilité. Pour montrer qu'une fonction n'est pas un produit, on cherche une propriété de tous les produits qu'elle n'a pas.
1) La séparation. On reporte et on divise par là où il ne s'annule pas : Le point délicat. Fixons tel que (il en existe, n'étant pas nulle) : pour tout où , le premier membre égale le second évalué en , un nombre indépendant de . Symétriquement, à fixé avec , le second membre vaut pour tout où . D'où la seconde s'étendant par continuité aux zéros isolés de . Donc , et vérifie l'équation stationnaire. a la dimension de , des , et celle de : c'est une énergie.
2) Pourquoi est réelle. , donc et, en intégrant, . Si la particule disparaîtrait, si la probabilité dépasserait . Or l'équation de Schrödinger, avec réel, conserve la probabilité totale (résultat admis) : , l'énergie d'un état stationnaire est réelle. Alors avec la relation de Planck-Einstein, retrouvée sur l'équation : l'énergie fixe la pulsation de la phase. Dans le plan complexe, parcourt le cercle unité dans le sens horaire ; une énergie complexe en ferait une spirale.
3) Même énergie : stationnaire. Chaque est solution (la question 1 lue à l'envers) ; par linéarité, aussi. Et est le produit de , solution de l'équation stationnaire (linéaire) avec la même , par : un état stationnaire d'énergie . Exemple : pour une particule libre, et ont la même énergie, et leur combinaison est l'état stationnaire de l'exercice suivant.
4) Énergies différentes : pas un produit. est solution par linéarité. Si l'on avait , le rapport serait indépendant du temps. Or, avec et , Quand parcourt le cercle unité, ce quotient n'est constant que si numérateur et dénominateur sont proportionnels : . Si c'était vrai pour tous , , serait proportionnelle à , donc solution avec la même énergie, ce qui contredit . n'est pas un état stationnaire : sa densité contient un terme croisé qui dépend du temps (son évolution est étudiée au TD sur le puits infini). Un état stationnaire n'a qu'une énergie, donc qu'une pulsation.
5) L'état excité du sodium. La probabilité d'être excité est en : . Elle ne « disparaît » pas : elle passe dans le fondamental, accompagné d'un photon, que le modèle ne décrit pas. Et cinquante millions de fois moins que l'énergie d'excitation. Sur toute durée très inférieure à , l'état excité se comporte comme un état stationnaire, et toute la spectroscopie le traite ainsi. Le cas limite , , redonne l'état stationnaire exact.
Ce que l'exercice installe. La séparation des variables conduite avec soin ; la réalité de l'énergie tirée de la conservation de la probabilité ; Planck-Einstein, , lu sur la phase de . Et le critère : un état stationnaire n'a qu'une énergie ; une superposition d'états de même énergie reste stationnaire, une superposition d'énergies différentes est solution sans être stationnaire.
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