sciences industrielles (MP) · Chapitre 1 · Exercice de TD
Satellite : l'inertie multipliée par le déploiement des panneaux solaires
Géométrie des Masses et Tenseur d'Inertie · D. Théorème de transport de Huygens · niveau 2
Énoncé
Un satellite d'observation est modélisé par un corps central parallélépipédique homogène de masse , de dimensions selon , selon , selon , de centre , et par deux ailes solaires de chacune. Repliée (au lancement), chaque aile forme un parallélépipède homogène de (selon , , ), plaqué contre une face, centré en . Déployée, chaque aile est une plaque mince homogène de selon et selon , dans le plan , centrée en (bras de depuis la face, plus la demi-longueur de l'aile). Exigence du système de contrôle d'attitude : les axes , selon lesquels sont montées les roues de réaction, doivent être axes principaux d'inertie en , et les moments d'inertie principaux ne doivent pas dépasser .
1) Le satellite replié et le satellite déployé sont-ils le même solide ? Sans calcul, montrer que dans les deux configurations et que est une base principale d'inertie en .
2) Calculer la matrice d'inertie en du satellite replié.
3) Calculer la matrice d'inertie d'une aile déployée en son centre, vérifier la relation propre aux solides plans, puis la matrice du satellite déployé en . Facteur multiplicatif du déploiement ; part des ailes dans la masse et dans le plus grand moment. Conclure sur l'exigence.
4) Domaine de validité. Un avant-projet a modélisé chaque aile par une masse ponctuelle placée en son centre. Quelle erreur commet-il sur le plus grand moment ? À quelle condition ce modèle serait-il acceptable ?
5) Cas limite (panne). Une aile reste repliée, l'autre se déploie. Où est le centre d'inertie ? La base reste-t-elle principale ? Calculer les moments principaux au nouveau centre d'inertie, et dire quelle erreur on commettrait en ajoutant le terme de Huygens au lieu de le retrancher.
Corrigé
La stratégie. On décompose en solides du formulaire (parallélépipèdes, plaques), on lit la forme de la matrice sur les symétries, on transporte chaque partie de son centre d'inertie vers par Huygens, et l'on additionne au même point, dans la même base.
1) Deux solides, deux matrices. Un solide indéformable garde ses distances mutuelles ; le déploiement les change : le satellite replié et le satellite déployé sont deux solides différents, chacun indéformable pendant les phases où ses mécanismes sont verrouillés, et chacun a sa matrice. Dans les deux configurations, les plans , et sont plans de symétrie matérielle (corps homogène centré en , ailes identiques placées symétriquement) : appartient aux trois plans, donc ; et deux plans de symétrie orthogonaux suffisent à annuler les trois produits d'inertie : la base est principale en .
2) Satellite replié. Corps : et ses permutations, avec , , , : , , . Aile repliée en son centre : , , ; transport de selon : on ajoute aux moments autour de et de (les axes perpendiculaires au déplacement), rien autour de , aucun produit (le déplacement n'a qu'une composante). Pour les deux ailes :
3) Satellite déployé. Une aile est une plaque d'épaisseur négligeable dans le plan : , , , et l'on vérifie , relation des solides plans (l'axe est normal au plan de la plaque). Transport de : autour de et de . D'où Le déploiement multiplie le moment autour de par et celui autour de par ; celui autour de , l'axe des ailes, ne bouge presque pas. Les ailes font 9 % de la masse et 77 % de : leur distance au carré fait tout. Exigence : base principale (question 1) et plus grand moment : conforme, avec une marge de 3,4 %.
La ligne pointillée rouge marque la limite de .
4) La masse ponctuelle. Une masse de en ne garde que le terme de Huygens et perd le moment propre de l'aile : , soit ; et l'on conclurait à tort à une marge de 14 %. Le modèle ponctuel néglige devant : le moment propre vaut du terme de Huygens. Il serait acceptable si les dimensions de l'aile étaient petites devant sa distance au centre () ; avec une aile de à , il ne l'est pas.
5) Une aile bloquée. Masse totale ; seul change : . Les plans et restent plans de symétrie (rien n'a bougé selon ni selon ) : ils contiennent l'axe , et la base reste principale en , sans calcul. En , en additionnant corps, aile déployée et aile repliée : . Huygens de vers : , donc on retranche aux moments autour de et de : L'ajouter donnerait et : 3 % d'erreur, faible ici parce que s'est peu déplacé, mais c'est une erreur de signe, qui serait grossière pour un déplacement plus grand. Le contrôle d'attitude perd 37 % d'inertie autour de par rapport au cas nominal : il doit être reconfiguré, et la poussée des moteurs de correction, réglée pour passer par , crée désormais un couple, puisque s'en est écarté de .
Ce que l'exercice installe. La matrice d'un ensemble s'obtient en transportant chaque partie de son propre centre d'inertie vers un point commun, puis en additionnant dans une base commune ; les symétries disent d'avance quels termes sont nuls. Une configuration différente est un solide différent. Le terme domine dès que est grand devant les dimensions, et c'est en le comparant aux moments propres qu'on juge un modèle ponctuel. Le théorème de Huygens s'écrit : la matrice en est toujours la plus petite.
100 % gratuit
La suite du chapitre est sur Adloun
- 16 autres exercices corrigés dans ce chapitre, et 6 à chercher avec le tuteur
- Les 2 QCM du chapitre, le premier sans compte
- Le podcast et la vidéo du chapitre et la correction filmée du TD : 2 minutes sans compte
- Le tuteur, qui guide pas à pas sans donner la réponse
Sans compte : le cours, le premier QCM et 2 minutes de podcast et de vidéo. Exercices et tuteur : inscription gratuite en 30 secondes, sans carte bancaire.