sciences industrielles (MP) · Chapitre 3 · Exercice de TD
Le broyeur à meules : la rotation augmente l'effort d'écrasement
Dynamique des solides et principe fondamental de la dynamique · A. Torseur dynamique d'un solide et d'un ensemble de solides · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Dans un broyeur à meules (moulin à olives, malaxeur de mortier), une meule cylindrique de granite, de rayon et de largeur (masse volumique , donc ), roule sans glisser sur une piste horizontale. Son essieu, d'axe et de masse négligeable, est relié en à l'arbre vertical par une liaison pivot d'axe horizontal, qui laisse la meule se soulever au passage d'un tas de matière. L'arbre tourne à vitesse constante par rapport au bâti : la base se déduit de par la rotation d'angle autour de . Le centre de la meule est , avec ; la piste est à la cote . La meule tourne autour de par rapport à l'essieu, d'angle . Son moment d'inertie par rapport à son axe est donné : ; on note son moment d'inertie par rapport à un diamètre passant par . L'action de la piste est un glisseur en (point de contact) de composantes et (composante radiale négligée). Les pivots sont parfaits ; est galiléen.
Exigence. À vitesse nominale, l'effort d'écrasement doit dépasser d'au moins le poids de la meule.
1) Traduire le roulement sans glissement en ; en déduire en fonction de , et .
2) Montrer que , considéré comme point lié à la meule, est fixe dans . La matrice d'inertie de la meule en dans est diagonale, (donnée). En déduire .
3) Calculer en dérivant dans la base mobile.
4) On isole {meule + essieu}. Quelle équation donne sans aucune inconnue de la liaison en ? En déduire , puis ; de quoi ne dépend-il pas ? Valeur à ; vitesse minimale pour respecter l'exigence.
5) Par le théorème de la résultante dynamique, déterminer les composantes (sur ) et (sur ) de l'action de l'arbre sur l'essieu. Commenter le signe de .
6) Cas limite . Quelle limite du modèle la largeur de la meule fait-elle apparaître ?
Corrigé
La stratégie. Le mouvement est imposé ( constant, fixé par le roulement). On cherche un point fixe du solide pour écrire sans terme correctif, une base dans laquelle la matrice d'inertie est constante pour dériver, et un axe de projection qui élimine la liaison en .
1) Roulement sans glissement. et . Avec : d'où : à (), .
2) Un point fixe de la meule. : est sur l'axe de la meule et sur l'axe de l'arbre, il est fixe. Donc , et La matrice est constante dans (la meule est de révolution autour de ) même si n'est pas liée à la meule.
3) Le moment dynamique. étant fixe, . Dans , les composantes et sont constantes ; est fixe et : À , . Le vecteur tourne avec l'arbre : sa dérivée est perpendiculaire à lui, dans le plan horizontal.
4) L'effort d'écrasement. Actions extérieures à {meule + essieu} : le poids en , l'action de la piste en , l'action de l'arbre en (pivot d'axe : moment nul sur en ). On projette le théorème du moment dynamique en sur , l'axe de l'articulation : la liaison en disparaît. Moments sur : poids, ; piste, , dont la composante sur vaut ( ne donne rien sur ). D'où , soit ne dépend ni de ni de : la distance à l'arbre multiplie le moment dynamique et le bras de levier de par le même facteur. À : , soit pour un poids de : conforme (). L'exigence demande , soit : la marge est mince.
5) L'articulation tire l'essieu vers le bas. décrit un cercle à vitesse constante : . Sur : , donc . Sur : , l'effort centripète. Le signe de surprend : l'arbre retient l'essieu vers le bas. C'est la traduction mécanique de l'« effet gyroscopique » : faire tourner l'axe d'un solide en rotation propre exige un couple, , que fournit le couple formé par le supplément de réaction de la piste en et la traction de l'articulation en .
6) Cas limite, validité. Pour , : on retrouve la statique. Le modèle suppose un contact en un point. Or la meule a de large : le bord intérieur et le bord extérieur parcourent des cercles de rayons différents à la même vitesse de rotation propre, et le roulement sans glissement n'a lieu qu'en un point de la génératrice de contact ; ailleurs la meule pivote en glissant sur la piste. Ce glissement, qui cisaille la matière, est précisément ce qui broie ; il dissipe de la puissance et crée des efforts tangentiels que le modèle ignore. Le résultat sur reste un bon ordre de grandeur.
Ce que l'exercice installe. Trouver un point fixe du solide (ici à l'intersection de deux axes de rotation) pour écrire , dériver dans une base où la matrice est constante même si elle n'est pas liée au solide, et projeter sur l'axe de l'articulation pour éliminer la liaison. Et un résultat de concepteur : la rotation de l'arbre augmente l'effort d'écrasement de , indépendamment de la distance à l'axe.
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