sciences industrielles (MPSI) · Chapitre 6 · Exercice de TD
Démarreur de voiture à réducteur épicycloïdal : pourquoi une roue libre
Géométrie et Cinématique des Mécanismes · B. Le torseur cinématique et formule du champ des vitesses (Varignon) · niveau 2
Énoncé
Le démarreur d'un moteur thermique comprend un moteur électrique (induit), un réducteur épicycloïdal et un lanceur. Le train épicycloïdal comporte un planétaire de dents, solidaire de l'induit ; trois satellites de dents, en pivot sur un porte-satellites ; une couronne à denture intérieure de dents, fixe (liée au carter). Le porte-satellites entraîne, à travers une roue libre, un pignon de dents qui engrène avec la couronne dentée du volant moteur ( dents). On donne la relation de Willis : pour ce train, en notant les vitesses de rotation par rapport au carter, qui s'obtient en se plaçant dans le repère du porte-satellites, où le train redevient un train ordinaire. Données de l'énoncé, exigences : l'induit tourne à pendant le lancement ; le vilebrequin doit être entraîné à au moins pour que le moteur démarre.
1) Justifier les deux conditions géométriques que doivent vérifier les nombres de dents : (dentures de même module) et entier (trois satellites également répartis). Sont-elles satisfaites ?
2) La couronne étant fixe, déduire de la relation de Willis le rapport .
3) Calculer la fréquence de rotation du vilebrequin pendant le lancement, et conclure sur l'exigence.
4) Vérifier le résultat par le roulement sans glissement : calculer la vitesse de rotation d'un satellite par rapport au carter en écrivant que son point de contact avec la couronne fixe a une vitesse nulle, puis contrôler la vitesse au contact avec le planétaire.
5) Le moteur thermique démarre et monte à alors que le pignon est encore engrené. Quelle serait la fréquence de rotation de l'induit sans roue libre ? Conclure. Cas limite : que se passe-t-il si la couronne n'est plus bloquée ?
Corrigé
La stratégie. La relation de Willis, donnée, lie trois vitesses ; bloquer la couronne fixe le rapport. On contrôle par une méthode indépendante (roulement sans glissement aux contacts), puis on suit la chaîne dans les deux sens.
1) Conditions géométriques. Deux roues qui engrènent ont le même module , et le rayon primitif d'une roue vaut . Le satellite touche le planétaire et la couronne sur un même rayon : , soit . Ici ✓. Pour monter trois satellites à , il faut que la rotation de du porte-satellites, couronne fixe, amène une dent du planétaire exactement à la place de la précédente ; cela revient à entier : ✓.
2) Rapport du train. Avec : , d'où et Le porte-satellites tourne dans le même sens que le planétaire, fois moins vite.
3) Vilebrequin. . Engrenage extérieur pignon (menant, 9 dents) et couronne du volant (menée, 135 dents) : , en sens inverse du pignon. Rapport global : . Conforme : pour exigés, marge .
4) Vérification. Prenons comme unité de longueur (les rayons valent alors les nombres de dents). Le centre d'un satellite est à du centre et tourne avec le porte-satellites : sa vitesse est . Le point du satellite en contact avec la couronne est à plus loin ; couronne fixe, roulement sans glissement : , d'où , soit (sens opposé). Au contact avec le planétaire, le point du satellite est à plus près du centre : sa vitesse vaut (en unités de par minute fois ), et celle du planétaire : égales, le roulement sans glissement est bien vérifié au second contact. La relation de Willis n'est pas une formule magique : elle résume ces deux conditions de contact.
5) La roue libre. À du vilebrequin, le volant entraîne le pignon à ; sans roue libre, le porte-satellites tournerait aussi vite et le train, multiplicateur dans ce sens, porterait l'induit à , quatre fois et demie sa vitesse de service : les forces d'inertie arracheraient le bobinage. La roue libre du lanceur découple le pignon dès qu'il est entraîné plus vite que le porte-satellites. Cas limite : couronne libre, la relation de Willis lie toujours trois vitesses, mais aucune n'est imposée en dehors de ; sous le couple résistant du vilebrequin, le porte-satellites reste immobile et la couronne tourne à : rien n'est transmis. Un train épicycloïdal n'a un rapport déterminé que si l'un de ses trois éléments est imposé.
Ce que l'exercice installe. Un train épicycloïdal a un degré de liberté de plus qu'un train ordinaire : la relation de Willis lie trois vitesses, et c'est le blocage d'un élément qui fixe le rapport. On contrôle par le roulement sans glissement aux deux contacts d'un satellite. Les conditions géométriques (rayons, montage) contraignent les nombres de dents. Une transmission se vérifie dans les deux sens : ce qui est un réducteur au démarrage devient un multiplicateur dangereux quand la charge entraîne.
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