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sciences industrielles (PSI) · Chapitre 3 · Application directe du cours

Ventilateur en porte-à-faux : quel modèle pour ses deux roulements ?

Dynamique des solides et principe fondamental de la dynamique · niveau 2

Énoncé

Le rotor d'un ventilateur centrifuge (turbine et arbre), de masse , tourne à vitesse constante autour de l'axe horizontal , fixe dans le repère galiléen lié au carter ( vertical ascendant). Il est guidé par deux roulements à billes, en (côté turbine) et en , avec , . La turbine est en porte-à-faux : le centre d'inertie du rotor est au-delà de , à la distance de suivant , et à la petite distance de l'axe (balourd résiduel). On admet que la droite parallèle à l'axe de rotation passant par est axe principal d'inertie (balourd purement statique). L'air exerce sur la turbine une poussée axiale , , portée par l'axe, et un couple résistant ; le moteur, accouplé en bout d'arbre côté par un accouplement qui ne transmet qu'un couple, exerce . On prend .

  • Tracer le graphe de structure. Quelle est la mobilité du mécanisme ?
  • On modélise chaque roulement par une rotule. Calculer le degré d'hyperstatisme. Que donne le principe fondamental pour les efforts axiaux des roulements ?
  • On modélise le roulement par une rotule de centre et le roulement par une linéaire annulaire de centre et d'axe . Montrer que le modèle est isostatique, puis calculer les actions des deux roulements : part statique (poids, poussée) et part tournante due au balourd. Commenter le signe de l'effort radial statique en et l'importance du balourd.
  • Que vaut si l'on modélise les deux roulements par deux pivots ? par un pivot et une linéaire annulaire ?
  • En service, l'arbre (acier, diamètre , , ) s'échauffe de de plus que le carter. De combien s'allonge-t-il entre les roulements ? On donne l'effort axial qui naît dans une barre dont on empêche complètement la dilatation, ( aire de la section). Pourquoi monte-t-on un roulement « fixe » et un roulement « libre » ?

Corrigé

1. Graphe de structure. Deux classes d'équivalence : le carter (bâti) et le rotor , reliés par les deux roulements ; actions extérieures au rotor : pesanteur, air, moteur.

Le rotor n'a qu'un mouvement possible par rapport au carter, la rotation autour de l'axe : (mobilité utile, aucune mobilité interne). Le mécanisme compte solides : le principe fondamental appliqué au rotor fournit équations scalaires, dont , la projection du moment sur l'axe, est l'équation du mouvement : à vitesse constante, (au terme près, négligeable).

2. Deux rotules. , donc . La résultante sur donne : la somme des efforts axiaux vaut , et c'est tout. Aucune autre équation ne contient ou (leurs moments en sont nuls, étant sur l'axe) : le partage de la poussée entre les deux roulements est indéterminé, quel que soit le point ou l'axe choisi.

3. Rotule en , linéaire annulaire en . (, , ; , , la linéaire annulaire d'axe ne transmettant aucun effort axial), donc : le modèle est isostatique, et les cinq équations restantes donnent les cinq inconnues.

Torseur dynamique. décrit à un cercle de rayon ; avec le vecteur unitaire de l'axe vers , perpendiculaire à et tournant avec le rotor, . Comme est constant et porté par un axe principal d'inertie en , est constant et . Par transport, (le terme en est nul).

Théorème du moment dynamique en , composantes perpendiculaires à l'axe : la rotule n'a pas de moment en , la poussée est portée par l'axe ; il reste

Avec , cela donne (le terme est porté par et n'entre que dans l'équation du mouvement), soit, étant perpendiculaire à :

Théorème de la résultante dynamique : , d'où

Part statique : , et : et . Le roulement arrière tire le rotor vers le bas : la turbine en porte-à-faux fait levier sur le roulement , qui porte plus que le poids total. Cas limite : si était entre les roulements, à la distance de , on trouverait ; le signe négatif est la signature du porte-à-faux.

Part tournante : , soit en et en , des efforts qui tournent avec le rotor (en opposition de phase entre et ). C'est du poids : le rotor est bien équilibré (, l'ordre de grandeur usuel pour un ventilateur). Comme pour toute force tournante, l'effort est en : à vitesse double, il serait multiplié par quatre.

4. Deux pivots : , . Pivot et linéaire annulaire : , . Ces modèles décrivent des roulements qui empêcheraient aussi des rotations perpendiculaires à l'axe ; le principe fondamental n'en détermine pas les actions.

5. L'allongement libre entre les roulements vaut . Si les deux roulements étaient arrêtés axialement — c'est le modèle à deux rotules —, cette dilatation empêchée créerait un effort axial que le principe fondamental ne voit pas : il est autoéquilibré ( et opposés), il s'ajoute à sans le changer. La relation donnée (qui relève de la résistance des matériaux, hors du modèle du solide indéformable) en fournit un majorant, en supposant le carter et les roulements infiniment rigides : , trois cents fois la poussée utile. D'où la règle de montage : un seul roulement « fixe » (arrêté axialement, ici , qui porte ) et un roulement « libre » (qui peut coulisser dans son logement, ) ; le modèle isostatique de la question 3 est la traduction exacte de ce choix.

Ce que l'exercice installe. Le principe fondamental ne calcule que ce que le modèle détermine : l'hyperstatisme se lit sur le modèle (), pas sur le choix des équations. La substitution de liaisons (rotule et linéaire annulaire) rend le modèle isostatique, et elle correspond à un choix de conception réel, le montage « fixe – libre ». Le porte-à-faux, lui, se paie en effort sur le roulement voisin de la turbine.

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