sciences industrielles (PT) · Chapitre 6 · Exercice de TD
L'arbre dans un palier lisse long : taille, zone et gabarit
Spécification géométrique des produits (GPS) : spécifier, contrôler, propager les écarts · B. Taille, zone, gabarit : l'exigence de l'enveloppe · niveau 2
Énoncé
Un arbre tourne dans une bague en bronze , de longueur . Le palier est lubrifié : il faut un jeu diamétral d'au moins en tout point de la portée pour qu'un film d'huile s'établisse. Les deux cotes portent le modificateur .
1) Calculer les jeux diamétraux extrêmes à partir des seules tailles, et la nature de l'ajustement.
2) On supprime (principe d'indépendance). Un arbre a toutes ses tailles locales égales à , mais son axe est cintré : défaut de rectitude d'axe . Est-il conforme ? Quel est le diamètre du plus petit cylindre parfait qui le contient ? Entre-t-il dans une bague à ?
3) Énoncer ce qu'impose sur l'arbre et sur la bague. Montrer que l'exigence de jeu est alors garantie. Quel défaut de forme est permis à un arbre dont toutes les tailles locales valent ? ?
4) Quatre arbres ont été mesurés : tailles locales extrêmes (deux points) et diamètre de l'enveloppe (plus petit cylindre circonscrit, obtenu par association).
| Arbre | taille locale min. | taille locale max. | enveloppe |
|---|---|---|---|
| P1 | |||
| P2 | |||
| P3 | |||
| P4 |
Trancher pour chacun, avec puis sans . Le refus de P1 est-il un excès de zèle ?
5) Proposer les deux dispositifs de contrôle de l'arbre en atelier, et dire ce que chacun vérifie.
Corrigé
La stratégie. On distingue trois façons de spécifier : par taille (deux points, section par section), par zone (un écart borné), par gabarit (une surface parfaite à ne pas franchir). L'exigence d'assemblage porte sur le gabarit ; on vérifie que le fournit.
1) Jeux sur les tailles. Jeu minimal : alésage minimal moins arbre maximal, ; jeu maximal : . Le jeu est toujours positif : ajustement glissant, et le jeu minimal vaut exactement l'exigence. Mais ce calcul suppose des pièces de forme parfaite : il ne compare que des tailles locales.
2) Sans l'enveloppe, la taille ne voit pas la forme. Chaque taille locale vaut , dans l'intervalle : l'arbre est conforme à la spécification de taille, qui ne mesure qu'entre deux points opposés d'une même section. Mais son axe est cintré de : le plus petit cylindre parfait qui le contient a pour diamètre . Il n'entre pas dans une bague de , et dans la bague la plus grande () le jeu ne serait que de , moitié de l'exigence. Une pièce conforme ne garantit pas la fonction : c'est la limite du principe d'indépendance quand l'exigence est d'assemblage.
3) Ce qu'impose l'enveloppe. L'exigence de l'enveloppe ajoute à la spécification de taille une spécification par gabarit : la surface réelle ne doit pas franchir l'enveloppe de forme parfaite à la taille au maximum de matière. Pour l'arbre : il doit entrer dans un cylindre parfait de ; pour la bague : elle doit contenir un cylindre parfait de . Les tailles locales restent bornées de l'autre côté (arbre , bague ). Alors, en tout point de la portée, l'arbre réel est à l'intérieur de et la bague à l'extérieur de : le jeu diamétral est d'au moins ✓, partout, quels que soient les défauts de forme. Ceux-ci ne sont plus libres : un arbre dont toutes les tailles locales valent doit être de forme parfaite (défaut permis nul) ; s'il vaut partout, il peut présenter un défaut de forme (rectitude de l'axe, par exemple) jusqu'à . La forme consomme ce que la taille laisse.
4) Les quatre arbres. Avec , deux conditions : tailles locales dans , enveloppe .
| Arbre | tailles | enveloppe | avec E | sans E |
|---|---|---|---|---|
| P1 | ✓ | non conforme | conforme | |
| P2 | ✓ | conforme | conforme | |
| P3 | non conforme | non conforme | ||
| P4 | ✓ | non conforme | conforme |
P3 est refusé dans les deux cas, pour sa taille. P1 et P4 ne sont refusés que par l'enveloppe. Le refus de P1 n'est pas un excès de zèle : dans la bague la plus petite, son jeu minimal est ; le film d'huile n'est plus garanti. Le principe d'indépendance l'aurait accepté parce que ses tailles locales sont bonnes ; c'est sa forme, non sa taille, qui consomme le jeu.
5) Deux dispositifs, deux opérations. Le gabarit se contrôle par une bague « entre » de diamètre et de longueur au moins égale à celle de la portée () : si l'arbre y entre, il ne franchit pas l'enveloppe ; une bague courte ne verrait pas le cintrage. La taille minimale se contrôle par une mâchoire « n'entre pas » de , contact en deux points, présentée dans plusieurs sections et plusieurs directions : si elle passe quelque part, une taille locale est trop petite. La règle est générale : le côté « maximum de matière » se contrôle par un gabarit complet, l'autre côté par une mesure locale. Pour la bague, symétriquement : tampon « entre » long, et contrôle deux points « n'entre pas » à .
Ce que l'exercice installe. Taille (deux points), zone (écart borné), gabarit (surface parfaite à ne pas franchir) sont trois spécifications différentes. L'exigence de l'enveloppe , seul modificateur au programme, ajoute un gabarit au maximum de matière : elle garantit un jeu d'assemblage partout, et la forme ne consomme que ce que la taille laisse. On la contrôle par un calibre complet et par une mesure deux points.
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