sciences industrielles (PT) · Chapitre 6 · Exercice de TD
Le rail d'un axe linéaire : associer la référence avant de mesurer le parallélisme
Spécification géométrique des produits (GPS) : spécifier, contrôler, propager les écarts · E. Contrôle de la conformité : nuages de points et association · niveau 3 (difficile)
Énoncé
La face supérieure d'un rail de guidage de est spécifiée parallèle à la face d'appui A, zone de : . On ne s'intéresse qu'au profil dans le plan vertical médian ; la machine à mesurer donne les hauteurs (écarts à la cote nominale, en micromètres, axe vers le haut ; la matière du rail est au-dessus de A et au-dessous de la face supérieure) :
| (mm) | 0 | 100 | 150 | 200 | 300 | 400 | 450 | 500 | 600 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| A () | |||||||||
| face sup. () |
1) Établir la référence A par l'association par défaut : droite tangente du côté extérieur à la matière, qui minimise l'écart maximal. Donner sa pente.
2) Évaluer le parallélisme de la face supérieure par rapport à cette référence. Conclure.
3) Un opérateur associe A au sens des moindres carrés. Calculer la pente de cette droite et le parallélisme qui en résulte. Quel verdict est le bon, et pourquoi les deux diffèrent-ils ? Quel est le défaut de rectitude de A (zone minimale) ?
4) La rectitude de la face supérieure, en zone minimale, vaut . Pourquoi est-elle nécessairement inférieure ou égale au parallélisme ?
5) En atelier, on pose le rail sur un marbre et l'on promène un comparateur sur la face supérieure. Sur quels points le rail repose-t-il ? Quelle étendue lit-on ? Conclure sur le rôle du marbre.
Corrigé
La stratégie. Une spécification d'orientation compare un élément tolérancé à une référence construite ; la référence est d'abord associée à sa surface réelle. On applique le critère par défaut, puis on compare au critère des moindres carrés.
1) La référence par défaut. La droite associée doit laisser tous les points de A du côté de la matière, c'est-à-dire au-dessus d'elle, et minimiser l'écart maximal. Une telle droite s'appuie sur deux points de l'enveloppe inférieure du nuage, qui sont ici , , et . On essaie les trois segments : par et , pente , écart maximal (au point ) ; par et , pente , écart maximal (au point ) ; par et , pente , écarts ; ; ; ; , écart maximal , le plus petit. La référence A est la droite passant par et , de pente .
2) Parallélisme : non conforme. La zone est formée de deux droites parallèles à la référence, aussi proches que possible, qui encadrent les points de la face supérieure. On retranche à chaque hauteur la pente de la référence, : ; ; ; ; ; ; . L'étendue vaut : non conforme, de .
3) La méthode d'association change le verdict. La droite des moindres carrés des cinq points de A a pour pente (ordonnée ) : le point relevé à la tire vers le haut. Relativement à elle, vaut ; ; ; ; ; ; , d'étendue : conforme. Le verdict s'inverse. Le bon est le premier : la spécification ne dit rien du critère, donc le critère par défaut s'applique (principe de dualité : la spécification est définie indépendamment de la méthode de mesure, et c'est à la mesure de la réaliser). La raison physique est que A est une face d'appui : le rail posé sur sa machine repose sur les sommets de A, du côté extérieur à la matière, et non sur une droite moyenne qui passe sous certains points et au-dessus d'autres. Les deux critères diffèrent parce que A n'est pas droite : sa rectitude en zone minimale vaut , du même ordre que la tolérance, avec une extrémité relevée qui fait pivoter la droite des moindres carrés. Une référence de mauvaise forme rend la mesure sensible au critère : on spécifie souvent aussi la planéité de la surface de référence.
4) Forme et orientation. La rectitude se mesure dans une zone de deux droites parallèles d'orientation libre ; le parallélisme impose à ces droites l'orientation de la référence. La zone minimale de rectitude est la plus étroite de toutes les orientations, donc au plus égale à celle qu'impose la référence : . Une tolérance d'orientation limite donc aussi la forme ; spécifier une rectitude plus grande que le parallélisme n'aurait aucun effet.
5) Le marbre réalise l'association. Posé sur un marbre, le rail repose sur deux points de l'enveloppe inférieure de A ; il bascule jusqu'à ce que son centre de gravité (, rail homogène) se trouve entre ses deux appuis, donc sur le segment de l'enveloppe qui encadre : les points et , ceux de l'association par défaut. Le comparateur, promené sur la face supérieure, lit les hauteurs par rapport au marbre, c'est-à-dire à une constante près : l'étendue lue est . Le marbre est un dispositif de contrôle qui réalise physiquement l'association tangente extérieure à la matière (ici minimax aussi, ce qui n'est pas toujours le cas : si les appuis ne correspondaient pas, il faudrait caler la pièce).
Ce que l'exercice installe. Une référence se construit : extraction, puis association selon un critère, et le critère par défaut est la tangente extérieure à la matière qui minimise l'écart maximal, celle que réalise un appui réel. Le résultat d'une mesure d'orientation dépend de la méthode d'association dès que la référence a un défaut de forme du même ordre que la tolérance. Le marbre et le comparateur sont la version physique de ce calcul.
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